Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure

Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure

Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure

Mal vue, et le plus souvent combattue, l’angoisse diffuse et modérée peut aussi être un moteur pour avancer.

La sélection naturelle aurait conduit à conserver les humains les plus anxieux car ce sont ceux qui, du fait de leurs craintes excessives, ont le mieux anticipé le danger et ont pu s’en protéger.

Le fait d’être angoissé pourrait être un trait constitutif de l’être humain. Ainsi, des chercheurs américains d’un groupe pluridisciplinaire (université de Columbia, Institut américain de la santé, laboratoire pharmaceutique GSK) estiment que l’angoisse excessive qui frappe parfois certains de nos semblables aurait coévolué avec l’intelligence humaine

Ce que l’on décrit habituellement comme une souffrance, à savoir l’anxiété, serait en fait un trait bénéfique pour l’espèce humaine, soulignent les auteurs, dont les résultats ont été publiés dans la revue Frontiers in Evolutionary Neurosciences.

 Pour aboutir à cette conclusion, ils ont mis en évidence une corrélation chez certaines personnes entre un niveau d’angoisse excessif et des tests de quotient intellectuel très élevé

« Alors que les craintes exagérées sont considérées comme un signe de personnalité négatif, au contraire de l’intelligence, qui est jugée positivement, l’angoisse aurait permis à notre espèce au long de son histoire d’éviter des situations dangereuses, écrivent les auteurs. Elle lui aurait permis de ne pas prendre de risques, et de survivre dans certains cas. »

 Stratégie de survie

En clair, la sélection naturelle a conservé les humains les plus anxieux, ceux qui, du fait de leurs craintes excessives, ont été amenés à anticiper le danger et à mettre en œuvre des stratégies sophistiquées pour s’en prémunir.

Dans leur étude, les chercheurs se sont intéressés à 26 personnes souffrant d’un syndrome d’anxiété généralisée et les ont comparées à 18 volontaires sains. Tous ont subi des tests de mesure de l’intelligence. Dans le premier groupe, les plus anxieux étaient aussi ceux qui avaient les résultats les plus performants lors des tests d’intelligence.

 L’angoisse excessive chez certaines personnes serait associée à une forme de grande intelligence. C’est ce que démontre une étude publiée dans la revue Frontiers in Evolutionary Neuroscience

Des neurologues américains issus de l’Université de Columbia, de l’Institut américain de la santé et des laboratoires pharmaceutiques GSK, ont étudié le lien entre l’anxiété, l’intelligence, et le métabolisme dans la matière blanche sous-corticale du cerveau. L’étude a porté sur 26 patients souffrant du trouble d’anxiété généralisée (TAG). Résultats qu’ils ont comparé avec 18 autres personnes en bonne santé. Tous ont été exposés à une IRM, en même temps qu’ils répondaient à un test de quotient intellectuel (QI), afin de mesurer leur activité cérébrale

Résultat :

l’intelligence et l’anxiété étaient en corrélation avec une activité du cerveau, plus précisément, du métabolisme de la choline, un nutriment constitutif du neurotransmetteur acétylcholine. Les chercheurs en concluent que l’intelligence pourrait co-évoluée avec l’anxiété chez les humains.

 « L’anxiété peut amener à éviter les situations dangereuses »,

note Jérémy D. Coplan, auteur principal de l’étude. L’angoisse pousserait donc les hommes à ne pas prendre de risques, ce qui serait un avantage pour la survie de l’espèce humaine.

En clair, les hommes les plus anxieux auraient été naturellement sélectionnés parmi l’espèce humaine, en raison justement de leurs craintes qui les poussent à anticiper les dangers, et à mettre en place des stratégies pour se protéger.

Source : « The relationship between intelligence and anxiety : an association with subcortical white matter metabolism », Frontiers in evolutionary Neuroscience, 12 avril 2012

 Lien vers l’étude complète :http://journal.frontiersin.org/Journal/10.3389/fnevo.2011.00008/full

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Placement voxel pour centrum semiovale (CSO) de la substance blanche
Placement voxel pour centrum semiovale (CSO) de la substance blanche ; (A) IRM montrant l’emplacement des quatre sections du cerveau obliques enquête ; (B) vue frontale de la deuxième section oblique recouvert avec des grilles gauche et droit de voxels OSC d’intérêt . (C) MR spectre du voxel CSO ombrée sur la grille montrée en (B) . NAA, N-acétyl-aspartate ; Tcho, choline totale contenant des composés ; TCR, la créatine totale + phosphocréatine. – See more at : http://journal.frontiersin.org/Journal/10.3389/fnevo.2011.00008/full#sthash.VMoe8hpH.dpuf

 Les bons côtés de l’anxiété

Lorsqu’elle ne peut assister à son cours collectif de gymnastique, Anna téléphone toujours à son professeur pour le prévenir. Elle ne voudrait pas qu’il la croie démotivée. Paul, lorsqu’il arrive au bureau le matin, est très perméable à l’humeur du collègue qui travaille en face de lui. Il sait que la journée sera différente si celui-ci a mal dormi et jauge l’ambiance en une minute. Scrupuleux, hypervigilants, Anna et Paul sont des tempéraments anxieux. Ils subissent, comme l’écrivait en 1953 Jean Toulemonde dans sa bible sur Les Inquiets (Éd. Payot) « un état chronique de crispation, de mobilisation des puissances psychiques, soit pour améliorer la situation, soit pour assurer l’avenir ».

 En ce sens, les anxieux ne connaissent pas le repos. Leur système d’alarme lié au fonctionnement de la peur est comme déréglé, ainsi que l’explique Illios Kotsou, chercheur à l’unité « émotion, cognition et santé » de l’Université catholique de Louvain.

« Chez certaines personnes, le seuil déclencheur de l’angoisse est très bas ou fonctionne de manière irrationnelle. Alors que, normalement, la peur est activée quand des menaces réelles pèsent sur le sujet, les anxieux sont alertés par des signes minimes de l’environnement. »

Inconfortable, fatigante, l’anxiété est traditionnellement combattue. On cherche à s’en débarrasser. Pourtant, lorsqu’elle ne handicape pas la vie de celui qui la subit, elle peut aussi avoir des effets positifs. « Bien régulée, elle a une vraie fonction de préparation à l’action », affirme Illios Kotsou. Et celui-ci de prendre en exemple des étudiants se préparant aux examens.

« Ceux qui ne ressentent aucune anxiété vont peu réviser et risquent l’échec ; ceux qui ressentent trop d’anxiété oublieront les sujets pourtant révisés et perdront leurs moyens au moindre froncement de sourcils de l’examinateur ; seuls ceux qui, modérément anxieux, ne sont pas certains de réussir vont se motiver pour faire au mieux et courent ainsi au succès. »

 Pour Illios Kotsou, l’anxiété n’est donc pas une émotion négative.

 D’ailleurs, aucune des émotions humaines n’est toxique pour les psychothérapies dites de la « 3e vague », un nouveau courant qui privilégie l’accueil inconditionnel de tous les sentiments qui nous traversent

« Toute l’énergie qu’on met à éviter l’anxiété est indisponible pour tout ce que nous avons à construire par ailleurs, déplore le chercheur. Or cette angoisse peut devenir une force si on ne la fuit pas. En observant ce qui se passe en nous sans le juger, en acceptant de nous laisser traverser par ces sentiments, en essayant de ne plus combattre cette anxiété, on contrôle mieux son environnement. » Et l’on n’endure pas l’effet « rebond », ce retour de boomerang d’une émotion dont on s’est dit « ça va aller, ça va aller » et qui a paradoxalement grandi en puissance à mesure qu’on cherchait à l’étouffer.

 Imagination surstimulée

Les artistes, musiciens ou comédiens « traqueux » le savent bien : l’anxiété avant de monter sur scène est pour certains une compagne inévitable. Une fois acceptée, elle signifie aussi qu’ils sont en train de mobiliser concentration, mémoire et sensations pour la représentation à venir. « C’est alors que toutes les émotions, même celles perçues au départ comme “négatives”, retrouvent leur fonction première : nous permettre de communiquer un sentiment », résume Illios Kotsou, qui a d’ailleurs écrit L’Intelligence émotionnelle (Éd. Bernet-Danilo).

 Quant à l’utilisation bénéfique de l’anxiété, elle est pluridimensionnelle.

Si nous reprenons l’exemple de nos anxieux, Anna est une excellente organisatrice car elle a tendance à anticiper et prend le temps d’envisager toutes les modulations possibles d’une situation. Paul est un formidable communiquant : il « sent » mieux que personne les sentiments de ceux qu’il rencontre, sait s’y adapter. Leur perméabilité et leur hypervigilance leur servent plus souvent qu’elles ne leur causent d’ennuis.

L’humour n’est pas non plus la moindre des astuces utilisées par ces inquiets pour se tenir debout. Woody Allen a su faire de ses démons incontrôlables une véritable source d’inspiration. Car l’imagination est aussi une qualité surstimulée chez ces tempéraments.

À force d’imaginer des monstres dans les placards, on devient capable aussi de créer des mondes parallèles et, pourquoi pas, d’en faire son métier, comme un David Lynch ou un Mark Twain. Celui-ci avouait : « J’ai survécu à de nombreux naufrages… qui n’ont jamais eu lieu. » « Apprivoisée, l’anxiété peut donner une direction à notre vie », affirme IIlios Kotsou. Encore nous faut-il apprendre à la canaliser, seule issue que nous ayons pour ne plus être téléguidés par elle. [source :  le Figaro – Pascale Senk]

Pour citer cet article : LAURE POULIQUEN, "Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure," in Laure Pouliquen Officiel, 31/12/2016, https://laurepouliquen.fr/etre-trop-angoisse-un-signe-dintelligence-superieure/.
Les bases neurobiologiques de l’anxiété

Les bases neurobiologiques de l’anxiété

Les bases neurobiologiques de l’anxiété

La connaissance des circuits cérébraux et les molécules-clés impliqués dans les manifestations de l’anxiété a fait de grand progrès depuis quelques années. L’utilisation de modèles animaux a beaucoup contribué à cette compréhension. Chez la souris, il est ainsi possible d’observer les changements comportementaux qui interviennent dans les situations de conflit émotionnel, par exemple comment l’animal va choisir entre l’exploration d’un espace neuf (curiosité) et le repli sur soi (peur). L’étude de l’animal dans une situation de peur apprise a aussi été bien décrite : comment l’animal va apprendre à associer un environnement neutre avec un danger potentiel.

La sérotonine et le GABA sont les 2 principales molécules « messagères » entre les neurones (« neurotransmetteurs ») qui sont impliquées dans les états anxieux. Ce sont de fait les cibles communes des médicaments « anxiolytiques ».

Mais le rôle exact de ces molécules, leurs interactions avec l’environnement sont encore à préciser. L’apport de la génétique et les nouvelles données concernant la plasticité du cerveau doivent s’intégrer à la compréhension chaque jour plus fine des mécanismes en jeu. Patricia Gaspar et Laurence Lanfumey, directrices de recherche Inserm – coordinatrices du projet DEVANX – et leurs collègues, ont cherché à aborder l’étude des bases neurobiologique de l’anxiété sous divers angles.

anxiete_symptomes-physiques

anxiete_symptomes-physiques – credit photo : anxiete.fr

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L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme

L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme

L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme

L’anxiété peut avoir un sérieux impact sur notre santé, que ce soit de l’angoisse sur le long terme ou à court terme. Face à l’anxiété votre corps peut réagir de différentes manières!

Des problèmes de gorge.

A cause de l’anxiété, votre voix devient grinçante et enrouée, c’est une réaction immédiate face à une situation de stress. Lorsque l’on est anxieux, le corps redistribue ses fluides à des endroits plus essentiels, ce qui provoque un spasme des muscles de la gorge, entraînant un resserrement qui rend la déglutition difficile.

Le foie peut réagir.

Quand le corps subit l’assaut du stress et de l’anxiété, le système surrénal produit beaucoup de cortisol, l’hormone du stress. Cela provoque une plus grande production de glucose par le foie pour fournir de l’énergie en vue du réflexe dit « combat-fuite ». Dans la majorité des cas, cet excès de glucose peut être réabsorbé par le corps sans trop de problèmes, mais pour ceux qui sont prédisposés au diabète, cet excès de glucose pourrait entraîner des effets néfastes sur leur santé.

Des réactions cutanées.

Ces sueurs froides ou ces joues rougies sont un signe immédiat que votre corps réagit à l’anxiété, et cela est dû à des changements dans votre flux sanguin. Lorsqu’il y a de l’angoisse, notre corps se met en mode « combat-fuite », il redirige une plus grande quantité de sang vers les muscles, un réflexe très utile lorsqu’il est nécessaire. Cependant, si cette réaction dure trop longtemps ou qu’elle survient trop souvent, elle peut entraîner diverses réactions cutanées, dont un vieillissement prématuré, une sudation inhabituelle, et même une augmentation des histamines, ce qui peut entraîner des œdèmes. Selon le University of Maryland Medical Center, des épisodes sévères de stress ou d’angoisse peuvent même entraîner des crises d’eczéma.

Une rate hyperactive.

L’anxiété n’affecte pas seulement notre cerveau ou notre cœur. Elle affecte également les organes qui ont une fonction interne comme la rate. Pour fournir plus d’oxygène au corps, la rate sécrète une plus grande quantité de globules rouges et blancs. Dans ce processus de réaction, votre flux sanguin augmente de 300 à 400% en réponse au réflexe « combat-fuite ».

Des muscles tendus.

A cause du stress, le corps se crispe de façon naturelle, ce qui peut taxer les groupes de muscles les plus importants. Le stress ou l’anxiété chronique peuvent exacerber cette tension, ce qui provoque des maux de tête, des épaules raidies, des douleurs au cou et parfois des migraines. Les gens qui ont une angoisse constante ont d’ailleurs plus de risques de souffrir de troubles musculo-squelettiques chroniques.

Après un certain temps, l’anxiété chronique peut avoir un impact sur :

Votre cœur.

Les personnes qui souffrent de stress ou d’inquiétude chronique ont plus de risque d’avoir des problèmes cardiovasculaires à cause de leur rythme cardiaque constamment élevé, de leur hypertension artérielle et de leur surexposition au cortisol. Selon l’American Psychological Association, une exposition prolongée au stress peut aussi provoquer de l’hypertension, des arythmies et un risque plus élevé d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral.

Vos poumons.

Des études ont démontré qu’il y a un lien entre l’anxiété et l’asthme. En effet, les asthmatiques sont plus susceptibles aux crises de panique. Selon une autre étude menée à l’Université de São Paulo, il y aurait également un lien entre désarroi, l’asthme et l’équilibre.

Votre cerveau.

La réaction à la fébrilité la plus marquée est notre réaction psychologique. Le stress et l’anxiété chronique affectent des zones de notre cerveau qui sont responsables de notre mémoire à court et à long terme, en plus d’être impliqués dans certaines réactions chimiques de notre organisme, ce qui peut provoquer certains dérèglements hormonaux. De plus, le stress chronique stimule sans cesse le système nerveux, ce qui, à son tour, peut avoir un impact sur d’autres systèmes de notre organisme en déclenchant des réactions physiques inutilement, ce qui provoque de la fatigue, notamment.

Les personnes qui souffrent d’anxiété ont très souvent du mal à s’endormir, principalement parce qu’elles ressassent sans cesse leurs inquiétudes. Selon des données de la Anxiety and Depression Association of America, 54% des gens affirment que le stress et l’anxiété les empêchent de trouver le sommeil, et de ce nombre, 50% des hommes et 40% des femmes affirment que cela a affecté leur niveau de concentration le lendemain.

Votre système immunitaire.

L’exposition au stress et à l’anxiété peut avoir un effet néfaste sur votre système immunitaire, celui-ci est affaibli, voire supprimé, à cause du réflexe « combat-fuite ». Des études ont également prouvé qu’en cas de stress, vous êtes plus susceptible d’attraper un rhume en plus d’être plus vulnérable aux infections et aux inflammations.

Votre système digestif.

Lorsque votre corps réagit à l’anxiété, il ne régule pas adéquatement les fonctions digestives. Un stress chronique ou aigu peut également avoir des effets sur le long terme sur vos intestins et sur les substances nutritives qu’ils absorbent, ce qui peut causer un reflux gastrique, des ballonnements, la diarrhée et parfois même la perte complète du contrôle intestinal. Un stress ou une anxiété sur le long terme peut aussi avoir un impact sur votre métabolisme, ce qui peut provoquer une prise de poids qui peut aller jusqu’à l’obésité.

Une étude a indiqué que la sécrétion constante de cortisol pouvait provoquer une perte de sensibilité à l’insuline, tandis qu’une autre étude a quant à elle établi un lien, chez les adultes, entre l’angoisse et la présence d’ulcères diagnostiqués par un médecin.

Source : Le HuffPost | Par Lindsay Holmes

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