Immortalité et science prométhéenne !

Immortalité et science prométhéenne !

«Ce qui a été renaît» (palin ginetaï)  Pythagore (mathématicien et philosophe grec)

Un film vu à la chaîne NRJ 12 raconte comment un scientifique, le docteur Jeykill a ramené à la vie des dinosaures disparus il y a 60 millions d’années. Dans son plaidoyer le scientifique fait l’apologie de la science qui peut tout faire, notamment dans la «réparation de l’homme». D’une façon spectaculaire, la caméra nous le montre d’abord paraplégique et ensuite, reprenant l’usage de ses jambes. Le scénario débouche sur une perte de contrôle de la renaissance des dinosaures qui envahissent la ville semant la terreur et la mort. L’immortalité est une utopie, un Graal qui a bercé l’espoir de générations d’humains et notamment de scientifiques. Comment en effet, redonner la vie à un être inanimé ?

L’Encyclopédie Wikipédia donne une définition : «L’immortalité désigne le fait pour un être vivant d’échapper à la mort et de rester vivant pour une période de temps indéfinie, voire éternelle. Selon les points de vue, l’immortalité peut concerner l’âme, le corps ou encore les deux. Les hommes de Cro-magnon et même de Néandertal enterraient leurs morts avec des fleurs ou des outils1 et la présence d’ocre dans leurs sépultures a été constatée. Même si cette thèse a été exposée, rien ne permet de déterminer si ces objets étaient placés là en pensant à un éventuel au-delà ou bien s’il s’agissait plus simplement de marques posthumes d’affection au même titre que nous fleurissons les tombes de nos morts.» (1)

«Une des plus anciennes mentions de l’immortalité (amrita) (entre 5000 et 1500 av. J.C.) se trouve dans le 10e mandala du Rig Veda. L’Égypte des pharaons avait pour sa part son Osiris, pesant le bien et le mal de la vie du mort pour déterminer où l’orienter. Les briques ayant servi à construire la tour de Babel aux vie siècle av. J.-C. portent l’inscription suivante, qui était gravée dans leur moule: «J’ai, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle.» Dans le même ordre, l’Épopée de Gilgamesh décrit la quête d’un héros recherchant l’immortalité suite à la mort de son ami Enkidu. Il ne l’obtiendra pas, seuls les dieux étant immortels, et sera condamné à mourir lui aussi, et à se coucher dans le sommeil de la mort.» (1)

Immortalité de l’âme et traditions religieuses

D’après le philologue Ernest Renan, la majorité du peuple hébreu adore le Dieu de ses pères sans espérer la moindre récompense dans l’au-delà, ni même l’existence d’un au-delà. S’il n’est certes pas pour autant interdit d’y croire, non plus qu’à une résurrection physique (vision de Daniel Chapitre 12), la religion elle-même ne s’engage pas à ce sujet. L’Ecclésiaste, par exemple, déclare que les morts ne voient rien et ne sentent rien. Les Pharisiens croient cependant plus tard à l’immortalité de l’âme, selon l’historien Flavius Josèphe. Le Moyen Âge européen et byzantin s’aligne sur le symbole de Nicée (premier Credo, établi par le concile de Nicée en 325 – modifié par la suite) qui mentionne «Je crois à la résurrection de la chair». Au moins depuis l’Égypte des pharaons, de nombreuses religions envisagent une vie post-mortem dont les conditions dépendraient d’un jugement divin, et qui compenserait les injustices commises ou subies pendant la vie terrestre. (…) Le bouddhisme envisage un cycle de naissance, de mort et de renaissance agissant en fonction des actions d’un individu. Ce cycle (samsara) étant jugé pénible, lassant et ne menant à rien, le sage vise à s’en extraire pour rejoindre le nirvana, qui est l’état de non-besoin.» (1)

 «Le christianisme introduit un concept de vie post-mortem différent: la résurrection des corps, en harmonie d’ailleurs avec la vision d’Ezéchiel d’hommes se reconstituant à partir de leurs ossements. La séquence post-mortem est complexe: jugement particulier, jugement dernier, paradis, enfer, purgatoire introduit par la suite en considération des fautes vénielles ne méritant pas un châtiment éternel, mais devant néanmoins être punies, limbes pour les enfants morts sans baptême.» (1) Le paradis musulman est décrit comme un lieu agréable (3.15). «Pour les pieux, il y a auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement»; 29.58. «Ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres, Nous les installerons certes à l´étage dans le Paradis sous lequel coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement.» 47.15. L’enfer est décrit comme un lieu de torture» (1)

Le pape Benoît XVI supprimera le purgatoire dans les années 2000, ainsi une croyance qui a duré près de 17 siècles après le Concile de Nicée n’a plus d’assise, Dans l’au-delà c’est ou bien l’enfer ou bien le paradis, il n’y a plus de probation. Qu’en est-il d’une immortalité différente: la résurrection? Elle est considérée comme une preuve d’immortalité. Mieux dans certaines religions asiatiques, l’âme migre d’une enveloppe à une autre (transmigration des âmes) qui peut même être une métempsycose, c’est-à-dire le déplacement de l’âme, le transvasement d’une âme dans un autre corps, qu’elle va animer. La transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l’humain (réincarnation) mais encore dans les bêtes ou les plantes.

L’immortalité par l’ingénierie biologique

Les arbres les plus vieux du monde peuvent espérer vivre durant cinq millénaires individuellement. L’animal le plus âgé dépasse les 400 années. L’être humain a officiellement dépassé les 120 ans. Une méduse Turritopsis nutricula échapperait au vieillissement des cellules. On dit même que le homard ne peut mourir que par prédation.

Pour vaincre la mort et être immortel, il faut être en bonne santé. Cette lapalissade, n’en n’est pas une car le destin (le mektoub en arabe) est inscrit dans nos cellules qui sont programmées pour une durée de vie moyenne. Cependant, les formes biologiques ont des limites que l’homme rêve de dépasser par des interventions médicales, ou d’ingénierie, ou encore un rajeunissement cellulaire ou reprogrammation cellulaire. Il existe en effet des êtres vivants dont la structure biologique très simple et le mode de reproduction particulier, permettent de les considérer comme immortels. Du plus simple au plus complexe incluant les bactéries, certains types de levures, l’Hydre et certaines méduses très primitives comme Turritopsis nutricula ou Turritopsis dohrnii qui est actuellement le seul être pluricellulaire connu ayant un cycle de vie réversible ».(2)

Arrêter le vieillissement : l’immortalité en vue?

Les résultats d’une étude du professeur David Sinclair, généticien à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, et des chercheurs de Harvard relancent les fantasmes d’immortalité. Ils ont réussi à inverser le processus de vieillissement de souris. En effet, ils ont augmenté la dose d’une molécule, le nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), permettant de rajeunir les muscles des cobayes. Pour Christophe de Jaeger, le NAD est un coenzyme qui, lorsqu’il diminue en concentration dans la mitochondrie (centrale énergétique des cellules permettant de fabriquer de l’ATP, ou adénosine triphosphate), provoque comme un manque d’oxygène chez la cellule. Le mécanisme énergétique s’altérant, la mitochondrie mime le vieillissement. En rajoutant du NAD, vous allez lui redonner sa capacité de reproduire l’énergie nécessaire. Cela équivaut à décrasser le carburateur. (…) Ce mécanisme est très similaire chez l’humain, avec tout de même des différences ».(2)

Les gens à qui l’on donne du NAD voient leur performance musculaire s’améliorer, de même que, et surtout, leur capacité à récupérer. (…) Dans les 25-30 ans à venir on va peut-être pouvoir agir directement sur le génome et fermer cet interrupteur qui fait démarrer le vieillissement autour de 18-20 ans. Et à ce moment-là on aura une auto-réparation de notre corps. On aura atteint le stade du longévisme.» (2)

Pour le professeur David Gems, professeur qui enseigne la biologie du vieillissement à l’University College London (UCL): «La grande question est: qu’est-ce que le vieillissement? Il s’agit d’un mystère scientifique parmi les plus difficiles à élucider, et qui génère énormément de controverse.» Joel de Rosnay pense que «le processus de vieillissement reste inéluctable. Sur notre planète, la mort est nécessaire à la vie. Les atomes, les molécules, tout est recyclé. Si les vieux organismes ne mouraient pas, les nouveaux ne pourraient se développer». Pour sa part, analysant les causes de la mort, David Gems, ecrit que: «Chez l’homme, la mort peut trouver son origine dans une blessure, une infection ou un bus dans la figure. Lorsque l’on meurt de vieillesse, c’est à cause de l’une des maladies liées au processus.

Le vieillissement est une maladie en soi : si vous êtes touché par un AVC, qui laisse des séquelles sur votre cerveau, vous garderez un certain nombre de tissus morts: vous êtes donc un mélange de matière vivante et de matière morte. Comment la cohabitation se fait-elle? Que se passe-t-il si les cellules mortes causent la mort des autres cellules?»(3)

Comment freiner le vieillissement?

Joel de Rosnay explique comment les chercheurs pensaient avoir trouvé le moyen d’arrêter le vieillissement: «Au début des années 1960, deux scientifiques américains ont suivi l’évolution des cellules qui, depuis le tout premier stade embryonnaire, se divisent et se spécialisent en cellules de peau. Elles se reproduisent une fois, deux fois, trois fois… S’agencent en tissus, puis au bout de cinquante divisions en moyenne, elles ne se multiplient plus. Elles semblent programmées pour s’arrêter, comme des bougies qui s’éteignent une fois leur mèche consumée. La métaphore est pertinente: à la fin des années 1980, on a trouvé cette «mèche» biologique. Ce sont des morceaux d’ADN (appelés «télomères»), situés en bout du filament du chromosome de la cellule. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau de cette mèche est coupé par une enzyme. Quand il n’en reste plus, le processus s’arrête: la cellule ne se divise plus. Le tissu garde alors les mêmes cellules, il ne se régénère plus, il vieillit.» (3)

Justement le projet Sens (Strategies for Engineered Negligible Senescence (2002)) a pour but justement l’extension radicale de l’espérance de vie humaine. Le projet novateur Wilt prévoit d’étudier la réparation des télomères en interdisant la synthèse de télomérase. Pour David Gems, le vieillissement n’est pas la même chose que la mort. Le premier est un processus dont nous faisons l’expérience graduelle au fil de notre existence. Comment pourrait-on arrêter la machine du vieillissement? Joel de Rosnay cite le cas du chercheur anglais Aubrey de Grey de l’Université de Cambridge. Pour lui, un des droits inaliénables de l’homme est sa liberté de choisir de vivre aussi longtemps qu’il le souhaite. Étape par étape, la vie humaine pourrait être selon lui prolongée pratiquement indéfiniment. Il propose par exemple de régénérer les cellules qui ne se renouvellent pas grâce à des cellules embryonnaires régulièrement transfusées, d’éliminer les cellules indésirables (cellules de graisse ou cellules vieillissantes), de protéger les quinze gènes de l’ADN des mitochondries en les plaçant dans le noyau des cellules..» (3)

Dans un livre intitulé : «  La Mort de la mort », le docteur Laurent Alexandre, attire l’attention sur l’effondrement du coût du séquençage génétique chez l’homme Selon lui, «la perspective d’une espérance de vie de 200 ans à la fin de ce siècle est peut-être une hypothèse conservatrice», voire «le premier homme qui vivra 1000 ans est peut-être déjà né!», ce qui rapproche sa position de celle d’Aubrey de Grey. S’il ne s’agit pas encore à proprement parler d’immortalité, les progrès prévisibles de la médecine pendant de telles périodes peuvent la laisser espérer, en tout cas techniquement. (…) Le biologiste Jean Rostand déclarait que «nous ne savons pas si l’homme est une fleur ou une chaise» et s’explique: la chaise est potentiellement éternelle dès lors qu’elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction.»(3)

Dans l’immédiat, Gordon Bell estime que l’on doit pouvoir stocker une très grande partie du vécu d’une personne sur un ou plusieurs téraoctets, et y avoir accès de façon directe par le procédé d’hyperliens imaginé par Vannevar Bush. (..) Le résultat de cette expérience est relaté dans le livre de Jim Gemmel et Gordon Bell intitulé Total Recall publié en janvier 2011. Sur cette base, les transhumanistes envisagent le téléchargement de la personnalité d’un individu sur un support numérique non biologique grâce au «mind up-loading»(1)

2045 : l’Homme sera immortel !!!

Telle est la promesse des trans-humanistes ! Pour Ray Kurzweil conseiller chez Google: si un neurone est remplacé par son équivalent fonctionnel, le comportement de l’individu va être en tous points semblable. En les remplaçant tous un par un, le résultat serait un individu complet, identique fonctionnellement au précédent, sous forme électronique. Pour Kurzweil, telle est la voie par laquelle l’homme a le plus de chances d’atteindre, sinon à l’immortalité, du moins à une espérance de prolongation de sa vie consciente d’un facteur 10, voire 100… (3)

« Dans une approche totalement opposée aux transplantations d’organes, la médecine régénérative cherche, en effet, à utiliser des cellules souches pour régénérer des organes in situ idéalement dans un parfait état de fraîcheur. Des progrès en ce sens ont été récompensés par un prix Nobel de médecine à Shinya Yamanaka et John Gurdon en 2012. Voilà, c’est dit, dans trente ans, l’Homme sera numériquement immortel. Reste juste à savoir à quoi cela servira, les risques que cela engendrera et surtout, à qui cela s’adressera… Télécharger la totalité de son esprit vers un ordinateur, ce sera possible d’ici 2045 d’après Ray Kurzweil, Google Engineering Director. C’est du moins ce qu’il a annoncé en juin dernier lors du Global Furures 2045 International Congress à New York. Manifestation organisée par un milliardaire Russe (Dimitry Itskov) et qui avait pour but de présenter le monde de 2045 » (4).

« Durant ce congrès, il a été indiqué que l’Humanité connaîtrait dans les années à venir, une croissance technologique totalement nouvelle et largement supérieure à celle que l’on connaît aujourd’hui plus connue sous le nom de «Singularité Technologique». Ce concept tend à l’immortalité digitale, en conservant l’intelligence et le cerveau de l’Homme pour l’éternité. L’Homme a rendu indispensable les nouvelles technologies à sa vie. Kurzweil explique que «nous allons devenir de plus en plus «non-biologiques», au point où les parties non-biologiques domineront et que les parties biologiques ne seront plus importantes. En fait, la partie machine, sera si puissante, qu’elle pourra totalement modeler et comprendre la partie biologique. Du coup, même si cette partie biologique était retirée, cela ne ferait aucune différence. (…) Nous aurons également des corps non biologiques – nous pouvons créer des corps virtuels et une réalité virtuelle aussi réaliste que la réalité réelle. Nous serons donc capables de changer de façon routinière de corps, mais aussi d’environnement, très rapidement. (4)

Bienvenue dans le monde post-humain!  Charles de Gaulle avait coutume de dire que la « vieillesse est un naufrage ». Comment alors sauver l’homme pour qu’il s’éteigne  « en beauté » Avons-nous alors besoin et toujours des religions ? c’est même religions qui ont abdiqué leur responsabilité face à une science conquérante et dont les barrières éthiques ont sauté ; Si oui, il nous faudra redéfinir le fait religieux absolu quelque soit la spiritualité réinstaller des barrières acceptées par tous et par toutes qui respecteront le sacré de la dignité humaine et devront en définitive de l’accompagner durant son parcours sur terre  en lui permettant la sérénité  au seuil du déclin. Il manque toujours du temps à ceux qui en ont de moins en moins avec l’âge.  On prête à Alexandre Le Grand , le grand conquérant mort à l’âge de 37 ans cette  tirade concernant l’inanité de l’acharnement thérapeutique, de la position sociale, plus ou moins aisée devant l’inéluctabilité du sablier :

« Je veux, dit-il, que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n’ont pas le pouvoir de guérir…Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas… – Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: le temps.»

Merci au Professeur Chems eddine Chitour de l’Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Sources :

1. L’immortalité Encyclopédie Wikipédia
2. http://www.atlantico.fr/decryptage/vieillissement-arrete-souris-pas-plus-vers-immortalite-christophe-jaeger-935691.html26
3. http://www.atlantico.fr/decryptage/immortalite-en-vue-comment-interpreter-dernieres-decouvertes-maniere-dont-mort-empare-progressivement-corps-david-gems-joel-rosn-802152.html
(4) http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2045-l-homme-sera-immortel-147343
http://www.mondialisation.ca/limmortalite-ce-que-promet-la-science-prometheenne/5368068?__scoop_post=32bf0e10-7a58-11e4-d5b4-90b11c3998fc&__scoop_topic=2634562#__scoop_post=32bf0e10-7a58-11e4-d5b4-90b11c3998fc&__scoop_topic=2634562

Pour citer cet article : "Immortalité et science prométhéenne !," in Laure Pouliquen Officiel, 04/02/2017, https://laurepouliquen.fr/immortalite-et-science-prometheenne/,Laure POULIQUEN.

 
Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?

Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?

Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?

Filmé à TEDx Paris le 6 octobre 2012 à l’Olympia. Chirurgien et urologue de formation, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Hyperactif et pionnier d’internet, ce coureur de marathon est le co-fondateur, dans les années 90, de Doctissimo.fr.

Auteur en 2011 d’un essai intitulé « La mort de la mort », il s’intéresse aujourd’hui aux bouleversements que va connaître l’humanité conjointement aux progrès de la science en biotechnologie.

Pour citer cet article : "Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?," in Laure Pouliquen Officiel, 02/11/2016, https://laurepouliquen.fr/le-recul-de-la-mort-limmortalite-a-breve-echeance/,Laure POULIQUEN.
A la recherche de l’immortalité

A la recherche de l’immortalité

A la recherche de l’immortalité

 Les travaux menés sur les cellules souches laissent, entre autres, espérer qu’on pourra réparer des organes chez des patients âgés.

Des chercheurs français ont réussi à « reprogrammer » des cellules âgées pour qu’elles rajeunissent. Une nouvelle piste qui permettra peut-être un jour de vivre éternellement…

Imaginez un monde où notre espérance de vie dépasserait les 120 ans, où les vieillards n’auraient plus la peau frippée et ne souffriraient plus d’arthrose ni de cataracte.

 Pure science-fiction?

 Pas certain. Car les progrès de la thérapie génique offrent des perspectives insoupçonnées de rajeunissement et de réparation d’organes vitaux. Des chercheurs français viennent ainsi de réussir ce que l’on pensait impossible : offrir à des cellules centenaires une cure de jouvence.

Des cellules centenaires rajeunies. Les chercheurs de l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier ont réussi, en laboratoire, à « manipuler le destin » de cellules âgées de plus de 100 ans. A ce stade ultime de vieillissement, elles ont épuisé leur capital et ne se reproduisent plus.

 Reprogrammées in vitro, ces vieilles cellules sont passées de l’état adulte au stade de cellules souches embryonnaires et ont ainsi retrouvé leur jeunesse
« Au passage, nous avons réussi à effacer toutes les marques de vieillissement », détaille le responsable des recherches, Jean-Marc Lemaître. Ces travaux ouvrent la voie à la réparation d’organes ou de tissus chez des patients âgés. « On pourra à terme reprogrammer des cellules issues du patient pour corriger des lésions, effacer des marques de vieillissement ou retarder des pathologies neurodégénératives liées à l’âge, ce qui permettra de vivre mieux et plus longtemps », souligne le chercheur.

La durée de vie d’une souris rallongée de 30%. La médecine régénérative s’appuie notamment sur des expériences pratiquées sur les animaux. Des chercheurs ont ainsi rallongé de 30% la vie d’une souris commune en manipulant ses gènes pour retarder son vieillissement.

Dans les années 1990, des chercheurs américains avaient réussi à accroître la durée de vie d’un ver en bloquant les gènes récepteurs des hormones de croissance. En d’autres termes, en l’empêchant de grandir. « De nombreuses recherches sont pratiquées sur certaines espèces comme l’hydre d’eau douce ou la salamandre, capables de se régénérer si on leur coupe une partie du corps, explique Jean-Marc Lemaître. On s’intéresse aussi aux capacités régénératives du poisson-zèbre, capable de reconstruire son cœur, même s’il a été blessé ou amputé. »

Cellules souches : l’arme antivieillissement.

Plus nous vieillissons, plus nos cellules se dégradent en perdant des morceaux d’ADN et moins nos tissus se renouvellent.

Des milliers de laboratoires travaillent donc à la fabrication de cellules souches, présentes dès les premiers jours de notre vie embryonnaire. Réintroduire ces cellules fraîches dans le corps fatigué d’un patient âgé ou malade permettrait de lutter contre certaines pathologies et d’agir comme « antirouille » sur certaines parties de son organisme.
En 2007, des chercheurs américains et japonais ont ainsi réussi à reprogrammer des cellules de peau humaine en cellules souches capables de régénérer n’importe quel tissu.
Le génie tissulaire permettra peut-être demain de faire repousser des morceaux de muscles ou de tendons. En 2009, le prix Nobel de médecine a récompensé trois chercheurs américains qui ont découvert une enzyme naturelle capable de réparer notre ADN.
source : LeParisien

 

Qu’est-ce que l’argent colloïdal

Qu’est-ce que l’argent colloïdal

Qu’est-ce que l’argent colloïdal, panacée anti-infectieuse ou solution amplifiée par illusion ?


Il est à la fois un toxique reconnu, la nouvelle star des antiseptiques naturels qui attaque le microbe tout en prétendant renforcer le terrain, le numéro 1 des nanoparticules produites dans le monde, et un oligoélément au mode d’action mystérieux. Cet argent qui remplit nos porte-monnaies sans y être vraiment, est aussi un champion des paradoxes en santé. Il nous apprend comment les raccourcis, les amalgames, les généralisations et le manque de connaissance des sciences fondamentales conduisent, dans une démarche de promotion idéologique et/ou commerciale, à des informations douteuses qui induisent la confusion.

De Potosí aux nanoparticules

La monnaie comme unité d’échange dans les sociétés humaines existe depuis longtemps. L’Or a été la première référence, et sa rareté maintenait la valeur des écus. La conquête de l’Amérique a bouleversé cet équilibre. Elle a été suivie d’une arrivée massive d’Or sur le continent européen, et aussi d’Argent, après la découverte à Potosí, en Bolivie, d’une mine qui semblait inépuisable : le Cerro Rico. Tout cet Argent dans un monde qui en avait si peu et échangeait déjà beaucoup, a modifié la donne économique.

Il y a diverses manières de lire et de comprendre l’histoire. L’abondance nouvelle de cet Argent, utilisé comme monnaie d’échange au quotidien, a-t-elle été le point de départ du capitalisme mondial comme l’affirme Jack Weatherford . Le bimétallisme (Or et Argent) a-t-il favorisé la démarche spéculative comme le suggère un article Wikipédia ?

Une chose est sûre, l’Argent a pris une place considérable dans l’histoire humaine à partir du XVIe siècle. Aujourd’hui, il ne compose plus la monnaie courante, seulement des pièces et des médailles de valeur. L’Argent dont on parle est devenu plus virtuel. Il n’a gardé du nom que le symbole. Ce métal, dont plus de 23000 tonnes étaient produites en 2011, fait désormais l’objet d’une exploitation industrielle : en joaillerie, en électronique, en photographie (avant le numérique), en musique et sonorisation. L’usage en alimentation et santé n’utilise qu’une part mineure de la production.

Le nano-argent, est à ce jour l’élément le plus important produit par les nanotechnologies, avec plus de 500 tonnes par an, destinées essentiellement à protéger des produits industriels de la contamination microbienne.

Aujourd’hui, dans l’Union Européenne, l’Argent (E174) est un additif alimentaire autorisé sans limite légale de dosage dans les enrobages de confiseries, les décorations de chocolat, et les liqueurs. Il est exclu de la filière biologique.

Un métal toxique pour l’organisme humain

L’Argent est considéré par les toxicologues comme un métal trace toxique, c’est-à-dire qu’il n’a aucune fonction physiologique connue, et que sa présence dans l’organisme peut occasionner des perturbations. Sa toxicité est cependant faible pour les organismes à sang chaud. Il faut donc des quantités notables pour que se manifestent des signes d’intoxication.

Les sels (nitrates, bromures, iodures) sont plus toxiques que la forme métal, qui inclut les préparations colloïdales.

L’allergie

Une autre forme de toxicité est l’allergie de type 4 (à manifestation retardée). Là aussi, il y a une susceptibilité individuelle, mais à la différence de l’argyrisme, le problème est qualitatif davantage que quantitatif. De faibles doses peuvent en principe suffire. Parmi les allergies révélées par le test MELISA, l’Argent est beaucoup moins impliqué que d’autres métaux (Nickel, Cadmium, Or…). Les conséquences sont en revanche très mal évaluées et très mal connues.

Pollution environnementale

L’Argent, comme tous les métaux utilisés par l’industrie et mis en circulation, s’accumule dans l’environnement. En effet, un métal en tant que structure atomique, n’est pas biodégradable. Une fois extrait du sous-sol et introduit à la surface de la terre, à moins de le piéger et de le stocker dans des zones protégées, il continue de circuler et finit par entrer dans la chaîne alimentaire. Comme on ne cesse d’exploiter les mines et de mettre des métaux en circulation, les concentrations présentes dans les eaux et les organismes vivants ne cessent d’augmenter !
Au-delà de 0,4 ng/litre, l’Argent est considéré comme un indicateur de pollution.

Dans certaines baies très polluées comme celle de San Francisco, il a été mesuré jusqu’à 20 ng/l. Les organismes marins qui filtrent l’eau accumulent les métaux. On retrouve ainsi de l’Argent, de plus en plus, dans les moules. Au rythme actuel des rejets dans l’environnement, la contamination des organismes aquatiques entrant dans l’alimentation humaine va devenir une préoccupation, au même titre que pour le Mercure !
L’augmentation de l’imprégnation argentique des milieux naturels pourrait aussi avoir des conséquences sur la faune. Les animaux à sang froid sont beaucoup plus sensibles que ceux à sang chaud et certaines espèces fortement exposées pourraient être décimées.

Argent colloïdal

L’Argent colloïdal fait depuis quelques années l’objet d’une campagne d’information et de promotion dans le secteur non conventionnel de la santé. On lui prête, comme cela a été le cas auparavant pour l’Extrait de Pépins de Pamplemousse (EPP), la capacité de détruire tous les microbes néfastes, sans inquiéter ceux qui nous sont bénéfiques (flore intestinale) et sans aucun effet secondaire.

Derrière ce marketing alléchant, qu’en est-il vraiment ?

Il est bien difficile de savoir, comme souvent, on se trouve entre deux positions qui s’enlisent dans leurs travers:

La science conventionnelle qui se ferme à ce qui ne vient pas d’elle-même et menace ses intérêts, et une branche de la santé non conventionnelle, sous-tendue par d’autres intérêts, qui se dispense de toute preuve objective pour affirmer ses croyances et entretenir un sentiment de merveilleux dans le naturel, répondant au désenchantement de nos sociétés industrialisées.

Historique

Selon ses promoteurs, l’Argent colloïdal était utilisé massivement et efficacement comme antiseptique avant l’arrivée de la pénicilline, qui l’aurait fait tomber en désuétude. Il faudrait un travail d’historien pour vérifier ce qui s’est vraiment passé. On sait que l’engouement pour le médicament nouveau a souvent fait oublier des solutions traditionnelles. Il est cependant étonnant qu’une solution aussi efficace, et alors reconnue par la science, ait été si vite abandonnée, après l’arrivée d’un produit qui ne la remplace pas dans toutes ses indications.

Activité

L’Argent colloïdal soignerait plus de 600 maladies, en agissant de manière rapide et efficace sur tous les micro-organismes pathogènes : bactéries, virus et petits parasites. Cela est affirmé, non documenté !

L’état colloïdal semble important pour optimiser cette activité. On retrouve cet état très particulier de la matière dans toutes les structures vivantes. Il crée un milieu particulier favorable au processus de vie. Il explique des propriétés biologiques étonnantes par leur précision et leur efficacité dans le fonctionnement physiologique. C’est parce qu’ils sont organisés dans un état colloïdal que les atomes d’Argent auraient une action efficace à faible dose, leur permettant ainsi de ne pas être toxiques.
Les différents modes de préparation donneraient des qualités de produit très différentes. Les divers auteurs et fabricants prétendent tous avoir la meilleure préparation en fonction de critères qu’ils fixent eux-mêmes. Comme il n’y a pas de critères objectifs pour en juger, il est bien difficile d’avoir un avis si l’on n’est pas personnellement engagé derrière un produit particulier.
Les produits sont généralement dosés à 10 ou 20 ppm. Pour maintenir l’optimum de l’état colloïdal, cela est un maximum. La dose létale de nano-argent reconnue pour un staphylocoque est de 8 à 80 ppm, 10 à 100 fois plus si la bactérie est dans un biofilm.

Les produits proposés se situeraient donc dans la zone basse d’activité mais selon les fabricants, on ne peut comparer l’Argent colloïdal, dans un état proche du monde vivant, au nano-argent industriel. Cela est tout à fait recevable, mais reste à démontrer !

Mode d’action

Un mode d’action clairement établi permettrait de mieux comprendre l’activité antiseptique de l’Argent, et de démêler le rationnel du fantasme. Il n’y a cependant pas de mécanisme démontré et reconnu comme tel. Parmi les hypothèses évoquées :

  • Désactivation de l’ADN et des protéines des micro-organismes par au moins trois actions synergiques, selon l’Immunologic Research Foundation, citée par Jeanne Perros
  • Initiation d’une enzyme qui agit localement sur chaque micro-organisme par modification de leur équilibre acido-basique, ce qui conduit à leur inactivation, selon Michel Dogna qui s’appuie sur les travaux de Larry Ford (UCLA School of Medicine) et de Robert O’Becker.
  • Selon Frank Goldman, l’Argent colloïdal est prébiotique (nourrit la flore intestinale) et antiseptique, en détruisant les micro-organismes néfastes en moins de 6 minutes.
  • Selon la société canadienne Ag Biotics, qui s’appuie sur des chercheurs de Colombie Britannique, l’Argent colloïdal agit sur une enzyme nécessaire à la respiration. Des récepteurs identiques se trouveraient sur certains virus. Il n’y aurait pas d’action néfaste sur la flore intestinale.

Toutes ces hypothèses apportent des éléments crédibles, dans un ensemble qui laisse perplexe, par son manque d’homogénéité et deux questions sans réponse :

  1. Comment un antiseptique universel peut-il agir sur tous les microorganismes pathogènes et préserver les bactéries de la flore intestinale ? Le fait que la dose active soit beaucoup plus grande lorsque les bactéries sont dans un biofilm (bactéries organisées en « forteresse » protectrice) est une piste intéressante. Il faudrait admettre, dans ce cas, que les bactéries pathogènes qui entrent dans le biofilm intestinal ou tout autre biofilm de l’organisme, seraient aussi protégées, ce qui limiterait l’intérêt de l’antiseptique.
  2. Comment un même actif peut-il agir sur les bactéries et virus qui sont si différents sans que ce soit une destruction violente (y compris pour les cellules de l’organisme) comme c’est le cas pour les antiseptiques classiques dont l’usage ne peut être qu’externe ?

Cellules procaryotes et eucaryotes

Les modes d’action évoqués concernent des processus biologiques de base des micro-organismes. Ils modifient leur ADN et leurs protéines. Les processus moléculaires fondamentaux ne sont pas différents entre les êtres vivants primitifs et les organismes évolués. Comment les cellules de l’organisme traité échappent-elles à cet effet qui devrait aussi les détruire ?
Les cellules procaryotes (sans noyau, primitives) et eucaryotes (avec noyau, plus évoluées) ont des processus moléculaires semblables au niveau de l’ADN et des protéines, mais une différence fondamentale au niveau de leur membrane. Le fait que l’Argent colloïdal franchirait la membrane des premiers et pas celle des seconds, comme cela est évoqué dans le livre de Jeanne Perros, est une explication tout à fait pertinente de cet effet destructeur à la fois universel sur les microbes, et inexistant sur l’organisme complexe qui les héberge.

Il y a alors deux bémols à apporter à la grande polyvalence de l’effet antiseptique :

  1. Les petits parasites, comme les agents de la toxoplasmose, du paludisme et de l’amibiase, sont des cellules eucaryotes et ne devraient donc pas être directement sensibles.
  2. L’Argent ne pénétrant pas dans les cellules de l’organisme (sinon il les détruirait), il est impossible qu’il agisse sur toutes les infections intracellulaires. Si la maladie de Lyme chronique est le fait d’un passage intracellulaire des Borrelia, l’Argent colloïdal ne peut agir, alors que cette l’hypothèse de chronicité par passage intracellulaire est soutenue par des auteurs qui préconisent cette solution de traitement ! De même, les virus qui ne déploient leur métabolisme qu’à l’intérieur des cellules, ne pourraient pas être atteints au moment où ils sont pourtant les plus vulnérables.

Résultats obtenus

On ne trouve pas dans les livres et articles traitant de l’Argent colloïdal d’études microbiologiques ou cliniques référencées démontrant avec une recherche d’objectivité les effets du produit.

L’argumentaire s’appuie sur des observations, des témoignages, et l’extrapolation de données fournies par des chercheurs. C’est un fait courant pour les produits qui circulent hors du circuit conventionnel. Cela n’invalide pas leur efficacité (l’absence de preuve n’est pas la preuve d’absence d’effet), mais ne garantit rien. La littérature non conventionnelle regorge d’écrits décrivant des produits aux actions remarquables, qui ne sont que des témoignages subjectifs. Si on prenait à la lettre les promesses de chacun, la terre entière pourrait être sauvée !
Au final, face à ces solutions, chacun se retrouve face à sa croyance, souvent difficile à se forger face à un flux d’informations partisanes.

Toxicité

L’argyrisme

L’intoxication chronique porte le nom d’argyrisme, qui se manifeste notamment par un teint gris bleuté de la peau, qui, une fois établi, persiste comme un tatouage. D’autres conséquences sont possibles, notamment cérébrales.
Les données actuelles, à partir des personnes intoxiquées, indiquent qu’il faudrait un apport total de 1 à 4 g d’Argent, par petites doses pendant plusieurs mois, pour provoquer une intoxication manifeste. La susceptibilité individuelle fait que la dose toxique n’est pas la même pour tous, et que certaines personnes peuvent être touchées plus rapidement.

Au-delà de l’activité, on peut s’interroger sur la toxicité, sur laquelle les autorités sanitaires se penchent plus volontiers. Selon l’agence américaine pour la protection de l’environnement, citée par Frank Goldman, la dose maximale tolérable par jour serait de 15 µg/kg, soit, pour un adulte de 70 kg, environ 1 mg, contenu dans sept cuillers à soupe d’Argent colloïdal à 10 ppm.
La toxicité potentielle contre laquelle les autorités sanitaires mettent en garde est réelle, mais les doses habituelles recommandées sont insuffisantes pour qu’elle se manifeste.

*** Le cas médiatisé de Paul Karason, un Californien devenu bleu par argyrisme, décédé d’une crise cardiaque à l’âge de 62 ans suite à un traitement à base d’argent colloïdal pour traiter une affection cutanée, est l’exemple de ce qu’il faudrait éviter : se soigner massivement et durablement avec des solutions d’Argent préparé artisanalement, dont la concentration est difficile à maîtriser.

Paul-Karason

Paul Karason était atteint d’argyrisme depuis 2007. Il est décédé à l’âge de 62 ans d’une crise cardiaque !

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L’Argent colloïdal, panacée anti-infectieuse ou solution amplifiée par illusion ?

Les propriétés anti-infectieuses de l’Argent colloïdal sont établies. Le mode d’action et le spectre microbien de cette activité restent flous. L’efficacité sans toxicité sur les organismes humains repose sur des témoignages et non sur des preuves. La toxicité est possible si on force trop la dose. Il est classique, dans le monde des produits naturels, que les propriétés d’un produit ayant contribué à l’obtention de résultats soient idéalisées. Mais au final on ne sait pas sa part réelle. L’usage est légitime dans les situations où il y a une activité possible, en l’absence de solution validée, efficace, et non toxique.

L’argent en oligothérapie

Troisième face : l’usage en oligothérapie.

Approche de Ménétrier

L’argent est rarement utilisé seul, il est classiquement associé au Cuivre et à l’Or, suivant la proposition de Ménétrier pour soutenir sa diathèse 4 (anergique). On reconnaît à cette triple association synergique des propriétés énergisantes physiques et psychiques, stimulantes de l’immunité et anti-inflammatoires.
Les descriptifs du produit évoquent généralement les propriétés antiseptiques de l’argent, que l’on trouve d’ailleurs à une concentration du même ordre que celle des préparations colloïdales (10 mg/l), alors que le Cuivre et surtout l’Or sont nettement moins dosés. Cela est étonnant pour une indication de correction de terrain et non de traitement d’infection !

Comment agit le mélange Cuivre/Or/Argent ?

L’activité serait-elle l’addition des actions antiseptiques de l’Argent, de la correction d’une déficience en Cuivre (oligoélément physiologique à part entière), et d’une propriété à préciser de l’Or, qui n’a aucune action biologique connue en dehors de sa toxicité ?

La question qui devrait se poser et ne semble pas intéresser grand monde, sur l’oligothérapie spécifique proposée par Ménétrier, est son mode d’action véritable. On entend régulièrement un raisonnement linéaire qui additionne les apports nutritifs comblant de supposées déficiences et les effets curatifs qui soignent à micro-dose certains maux, et tout cela donne une action globale qui corrige le terrain ! Cette voie est cependant sans issue et conduit à des aberrations.

Quelques exemples :

  • Si les métaux apportés en oligothérapie spécifique viennent combler une déficience, le Manganèse étant préconisé pour les diathèses 1,2 et 3, c’est-à-dire la plus grande partie de la population, cela voudrait dire que la déficience en Manganèse est généralisée et n’épargnent que les diathèses 4, ceux qui vont le plus mal. Absurde !
  • Si l’Argent présent dans Cuivre/Or/Argent agit comme un antimicrobien, pourquoi parler de médecine de terrain ?
  • Si la correction des déficiences explique les effets de l’oligothérapie spécifique, pourquoi ne pas pratiquer l’oligothérapie générale avec un mélange contenant tous les oligoéléments, et ainsi tout serait directement soigné ?
  • Si l’oligothérapie au Magnésium corrige les déficiences, pourquoi les produits proposés contiennent-ils des quantités qui n’atteignent pas 1% des besoins quotidiens ?

Une hypothèse éclairante : l’action informative

Si l’on admet l’existence d’un mode d’action informatif, ce qui agit n’est plus quantitatif mais qualitatif. La cible n’est plus principalement biochimique et métabolique, mais épigénétique (expression de l’ADN), voire vibratoire ou la forme de l’eau qui structure les protéines. On comprend alors comment de si faibles quantités peuvent agir globalement et durablement, indépendamment du niveau de déficience qui se joue sur un autre plan, l’un et l’autre pouvant s’imbriquer.
L’observation montre des points communs entre toutes les approches informatives qui utilisent des produits à basse dilution (1-3 CH) : sels de Schüssler, mélanges de plantes (Poconéols, complexes Lehning), Microlisats, oligothérapie spécifique :

  • La quantité d’actif ne permet pas d’expliquer les effets obtenus par une action nutritive ou curative.
  • La prise perlinguale, à jeun et de manière répétée, optimise les résultats.
  • Un actif est rarement utilisé seul et, dans un mélange, les propriétés individuelles semblent se fondre dans un ensemble qui n’est pas la simple somme de ses unités.
  • La qualité de la dynamisation lors de la préparation influe sur l’efficacité du produit.
  • Si on utilise les mêmes actifs, à plus forte dose, on n’obtient pas le même type d’effets.

Toxique, allergisant, curatif ou informatif

Les diverses faces de l’Argent, qui n’est pas un nutriment pour l’organisme, nous montrent que selon le mode d’utilisation et/ou le contexte, il est possible d’avoir quatre types d’effets différents avec la même substance :

  • Toxique si la dose apportée dépasse le seuil de tolérance de l’organisme.
  • Allergisant si l’organisme se sensibilise vis-à-vis de la substance.
  • Curatif si la substance a la capacité d’agir sur une situation biologique et qu’elle est administrée à dose suffisante.
  • Informative si la substance est préparée en dilution, prise par voie perlinguale, et éventuellement associée dans un mélange aux effets éprouvés.

Selon les données dont nous disposons, l’Argent peut être utilisé comme produit de soin dans deux contextes et avec une précaution :

  1. Utilisation du mélange Cuivre/Or/Argent dans une démarche de correction de terrain suivant les diathèses de Ménétrier.
  2. Utilisation de l’Argent colloïdal comme antiseptique polyvalent avec une bonne diffusion dans l’organisme, lors des infections qui ne sont pas essentiellement intracellulaires.
  3. Ne pas dépasser 1 mg par jour, ce qui induirait un risque d’intoxication. Il n’y a pas de précaution connue permettant d’éviter l’allergie.
Références et sources :  
Jack Weatherford – Ce que nous devons aux Indiens d’Amérique – Ed. Albin Michel 1993 L’Argent – Fiche Wikipédia  Métaux toxiques – André Picot  Fiche toxicologique nanoargent  L’Argent colloïdal, un remède en or – Jeanne Perros – Guy Trédaniel Editeur, 2011 Argent colloïdal – Michel Dogna Une arme secrète contre la maladie : l’Argent colloïdal – Franck Goldman – Ed. lotus d’or, 2004 Paul Karason, l’homme Schtroumpf  source : Labo Synphonat
Lire aussi :
http://www.alternativesante.fr/antibiotiques/l-argent-colloidal-antibiotique-interdit
ehttp://nao-org.com/2012/02/argent-colloidal-remede-ou-danger/

TÉMOIGNAGE :

Je vous invite à prendre connaissance ci-dessous du témoignage de l’une de mes abonnées Facebook concernant son expérience avec l’argent colloïdal :

Isabelle Berger  6 juin 2015 à 19:39

Bonjour,

C’est toujours avec grand intérêt que je lis vos articles. Je viens de lire l’article consacré à l’argent colloïdal. Puis je vous apporter à ce sujet mon expérience personnelle ? Il y a deux ans je me suis blessée à la cheville (mon chien qui faisait déjà 40 kgs est parti comme une flèche alors je faisais avec lui un exercice de » assis pas bouger ». Je n’avais pas vu que la corde était passée autour de ma cheville. Je vous joins plusieurs photos.

La première montre l’impact avant traitement.La deuxième après que le médecin m’ait préconisé des pansements à base d’argent.Au bout de quelques jours, j’ai vu que la blessure s’amplifiait, devenait vraiment purulente et me faisait très mal. J’ai donc décidé d’arrêter ce traitement et me suis uniquement soignée avec des cataplasmes d’argile. Les dernières photos montrent ma cheville après les traitement à l’argile.

Je pense avoir fais une réaction à l’argent.

Je vous remercie encore pour tout ce que vous nous apportez par les nombreux articles que vous nous livrez.

Belle continuation à vous, Isabelle

Argent_Colloidal_4

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Argent_Colloidal_6

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Pour citer cet article : "Qu’est-ce que l’argent colloïdal," in Laure Pouliquen Officiel, 10/06/2016, https://laurepouliquen.fr/quest-ce-que-largent-colloidal/,Laure POULIQUEN.

 

Les vitamines B et leurs bienfaits

Les vitamines B et leurs bienfaits

Les symptômes de déficiences en vitamines B touchent à tous les systèmes du corps et peuvent être la cause de plusieurs malaises quotidiens. Pour un corps capable de faire face à un rythme de vie trépidant, il s’agit d’ajouter au régime un supplément complet de vitamines B.

Vitamines
   Principales fonctions des vitamines B
B1Métabolisme des glucides, production d’énergie, fonctionnement du système nerveux.
B2Production d’énergie, métabolisme des glucides, des protéines et des lipides, vision, santé de la peau et des muqueuses, activation des vitamines B6 et B9.
B3Synthèse des hormones sexuelles, métabolisme des glucides, des protéines et des lipides, production des globules rouges.
B5Synthèse d’hormones et de neurotransmetteurs, transmission nerveuse, production des globules rouges, division des cellules, production d’énergie, métabolisme.
B6Synthèse des protéines, d’hormones et de neurotransmetteurs, production des globules rouges et transport de l’oxygène, fonctionnement du système immunitaire, synthèse de l’ADN, régulation de la glycémie, synthèse de la vitamine B3.
B8Métabolisme des glucides, des lipides et des protéines, division des cellules.
B9Division des cellules, synthèse de l’ADN et de l’ARN, métabolisme des protéines, régulation du taux d’homocystéine sanguin (avec B6 et B12), fonctionnement du système nerveux et immunitaire, cicatrisation des blessures.
B12Fonctionnement du système nerveux, synthèse d’ADN et d’ARN, production des globules rouges et transport d’oxygène, synthèse de S-adénosylméthionine (SAMe) avec B6 et B9,

Voici les signes de carences et des alliés des principales vitamines B

 Vitamine B 1 : (thiamine)

 Vertus :

anti-névritique (système nerveux), apéritive.

Optimisation du système nerveux ; prévention de l’irritabilité, de l’anxiété, de la maladresse, stimule la mémoire, prévient de la maladie d’Alzheimer.

Favorise la croissance cellulaire. Tonique cardiaque, favorise les cicatrisations

 Symptômes de carence :

fatigue intense, perte de l’appétit, nausée, troubles digestifs, douleurs abdominales, faiblesse musculaire, manque de concentration, dépression, névralgies, zona, sciatique, lumbago

Vitamine B 2 (riboflavine)

 Vertus :

anti-dermatite, vitamine de l’énergie

Elle intervient dans les mécanismes de capture et de transport de l’oxygène depuis les poumons jusqu’aux tissus. Elle intervient dans le métabolisme des glucides et des lipides et prévient l’oxydation des protéines du cristallin. Elle est nécessaire à la fabrication de nombreuses enzymes.

 Les surdoses

L’excès de vitamine B2 ingérée est éliminé par l’urine. En cas d’ingestion d’une grande quantité, l’urine en ressort fort colorée.

 Symptômes de carence :

étourdissement, tremblements, maux de tête, crampes musculaires, insomnie, fendillements et plaies sur les lèvres, lèvres qui pèlent, inflammation de la langue et de la bouche, acné, inflammation des yeux (impression de sable dans les yeux ou brûlements, larmoiement), difficultés d’apprentissage

Optimisation des yeux, de la peau, des performances sportives, de la croissance.

Prévention des malformations du nourrisson, migraines, anémie couperose ou acné rosacée, vaisseaux apparents, yeux injectés

Alliés : vitamines B 5 et C

 Vitamine B 3 Hexaniacinate d’inositol)

 Vertus :

vitamine de l’énergie

Diminue le taux du cholestérol et triglycérides, combat l’artériosclérose et l’hypertension.

Optimisation du métabolisme du sucre. Tonification musculaire.

Diminution des douleurs, optimisation du cerveau, améliore les problèmes de Parkinson. Aide à lutter contre l’alcoolisme, la dépendance, les envies de suicide, limite le stress des étudiants, utile pour les adolescents en crise, pellagre, délinquants, récidivistes.

Une complémentation en hexanniacinate d’inositol induit zéro suicide.

L’Hexaniacinate d’isonitol, un outil dans le traitement contre le cancer

Les personnes qui subissent une chimiothérapie réduisent les risques de récidive de cancers liés au traitement, en prenant des suppléments d’Hexaniacinate d’isonitol .

l’ADN est endommagé par les chimiothérapies, dotant plus lorsque le niveau Vit. B3 est faible.

L’Hexaniacinate d’isonitol protège et répare l’ADN, ce travail de réparation est nécessaire afin d’éviter les récidives de cancer.

 Symptômes de carence :

éruptions cutanées, ulcérations dans la bouche, gerçures aux lèvres, fissures sur la langue, problèmes de gencives, perte d’appétit, nausée et vomissement, diarrhée, maux de tête, irritabilité, fatigue, dépression, confusion, insomnie, perte de mémoire, sentiment de peur et d’anxiété où la personne pense devenir folle , diarrhée, schizophrénie, neurasthénie, animosité, méfiance, mauvaise odeur, mauvaise haleine, migraine chronique, trou de mémoire, manifestations cutanées, confusions mentales, agressivités, hallucinations, angoisses, terreurs, tout ce qui touche a la psychiatrie, perte de contrôle mental, léthargie, écroulement mental, malades mentaux

Alliés : Complexe B et la vitamine C


vitamine B4 : peu connue, est une base purique appelée Adénine.
C’est la vitamine des leucocytes ou globules blancs.

En tout premier lieu, l’Adénine est prescrite pour tous les troubles des globules blancs. De plus elle est utilisé dans la prévention des accidents hématologiques après traitement avec certains médicaments.

 Vitamine B 5 (acide pantothénique)

 Vertus :

anti-stress, vitamine de la peau et des cheveux

Symptômes de carences : coups de fatigue, maux de tête, dépression, irritabilité, vertige, faiblesse musculaire, hypoglycémie, insomnie, pieds qui brûlent ou qui démangent, chute des cheveux incluant l’alopécie féminine, grisonnement des cheveux.

Stress, fatigue, problèmes de peau, ongles, cicatrisation, allergie, stérilité.

Fourmillement, douleurs, optimisation des performances sportives, rhumatismes aigus.

 Vitamines B 6 (Pyridoxine)

 Vertus :

vitamine féminine

Symptômes de carences : hypoglycémie, nervosité, insomnie, dépression, syndrome prémenstruel, anémie (hypochrome), décoloration de la langue, problèmes de la peau, perte de cheveux, tics, tremblements, crampes des jambes, mauvaise coordination des mouvements , trophicité de la peau, asthme, diabète, troubles nerveux et psychologique (avec la B1), anticonvulsions et antiépileptique, polynévrites

Syndrome du canal carpien, antidote le glutamate.
Alliés : Complexe B (surtout B 1, B 2, B 5), vitamine C, magnésium, potassium

 Vitamine B 7 ( inositol )

 Vertus :

Permet de contrôler le taux de cholestérol et intervient dans la santé des cheveux, l’anorexie, et pour la santé du cristallin. Mangeur de graisse, B7 + Choline.

L’inositol est très efficace pour abaisser le mauvais cholestérol, prévenir la maladie d’Alzheimer et permet d’avoir un foie en bonne santé.

Partie intégrante de la gaine de myéline qui recouvre les nerfs.

 Symptômes de carences :

Une carence en vitamine B7 peut provoquer des problèmes de peau ou de cheveux, la stérilité, les maladies oculaires, la constipation et même les troubles nerveux.

A partir d’un certain âge, le taux d’inositol disponible dans les nerfs ainsi que la promptitude des réflexes connaissent une baisse. Il faut donc apporter à l’organisme, un complément de cette substance si importante. Il représente un excellent tonique pour le foie, la nutrition et le système nerveux.

Le foie et le cœur de bœuf constituent des sources essentielles d’inositol. Cependant, leur consommation n’est pas recommandée compte tenu du fait qu’ils peuvent contenir des traces d’hormone de croissance ou de médicaments. Il faut privilégier les noix fraiches, les légumineuses, l’avoine et le germe de blé frais.

 Vitamine B8 (Biotine)

L’assimilation de la vitamine B8 est entravée par l’avidine, présente dans le blanc d’œuf cru. Une consommation exagérée de blanc d’œuf cru peut donc conduire à un déficit en vitamine B8.

 Vertus :

Intervient dans le contrôle la sécrétion de sébum.

La biotine est nécessaire à la synthèse des acides gras et à la dégradation des protéines et des glucides en molécules plus petites ; elle contribue également au maintien de la thyroïde et des glandes surrénales, du système nerveux, de l’appareil reproducteur et de la peau.

 Symptômes de carences :

Inflammation de la peau et de la langue, asthénie (fatigue aiguë), perte d’appétit (anorexie), des myalgies (douleurs dans les muscles), convulsions, nausées, somnolence, chute des cheveux, ongles cassants, dépression, troubles du comportement,

troubles cardiaques, infection pulmonaire, accélération des évolution des tumeurs, arrêt de la croissance chez les enfants petits, neurasthénie, panique, suicide, épuisement, eczéma ou autres, desquamation, douleurs musculaires.

Les enfants en bas âge avec une dermatite séborrhée, démontrée par le visage et le cuir chevelu sec et écailleux, peuvent également souffrir d’une insuffisance de biotine


Vitamine B 9 (acide folique)

Vertus : anti-anémique – essentielle pour prévenir les malformations chez le fœtus
Stérilité, prévention des fausses-couches, de la prématurité et des malformations du bébé, terrain pré cancéreux, problèmes cardio-vasculaires, anémie, tous les problèmes neurologiques : mémoire, dépression, démence, neuropathie, retards mentaux, convulsions. Trophicité de la peau, des cheveux, des gencives, des muqueuses.

 Symptômes de carences :

fatigue, faiblesse générale, insomnie, perte de mémoire, anémie, lésions au coin de la bouche, langue rouge et brillante, ulcères d’estomac, désordres intestinaux, avortement spontané, malformations congénitales du fœtus, cheveux ternes, changements neurologiques conduisant à des maladies mentales – dépression, schizophrénie. Peau tavelée, tremblements, maux de tête, vertiges, palpitations, crampes, rhumes opiniâtres, infections respiratoires, personne aigrie, irascible, déprimée, querelleur, souvent en hypoglycémie, globuline défectueuse, douleurs aux pieds, hypotension, forte diminution d’acide chlorhydrique dans l’estomac, flatulence, constipation, surrénales faibles, évanouissements, destruction des protéines,

Alliés : complexe B (surtout B 5, B 8, B 12), vitamine C

Hémochromatose : afin de diminuer le nombre de saignées, voir même ne plus en avoir nécessité, « vitamine B9 »

 En cas de prise de contraceptif, prendre la B9.

 vitamine B10 :

est en fait composée de deux vitamines très proches que certains appellent H2 et H3 : ce sont l’acide para-amino-benzoique et le para-amino-benzoate de sodium. C’est une vitamine hydrosoluble qui joue un rôle important dans la pigmentation de la peau et des cheveux.

De plus, elle participe à la synthèse de la vitamine B9 et aide à l’assimilation de la vitamine B5. 
De vrais carences sont inconnues.

La vitamine B10 est surtout prescrite en dermatologie, vitiligo, psoriasis, eczémas secs et protection des peaux sensibles aux coups de soleil. De plus elle est utilisée pour la dyspnée, l’asthénie et bien sûr les cheveux gris (en association avec B5, B8 et B9).

 vitamine B11 :

son nom chimique est Carnitine parce qu’elle fut découverte en grande quantité dans la viande ou les jus de viande.

La principale fonction de la Carnitine est de faciliter l’utilisation des lipides dans l’organisme. En un mot, la vitamine B11 brûle nos graisses. Des carences peuvent apparaître en cas d’alimentation pauvre en vitamine C, B3 et B6. On peut également soupçonner une carence de vitamine B11 en cas de maigreur excessive, avec perte de l’appétit ou en cas… d’obésité.
Les médecins prescrivent la vitamine B11 pour le manque d’appétit, une maigreur exagérée, des atrophies musculaires, pour une insuffisance des sécrétions pancréatiques et gastriques.
Sa grande application actuellement est le traitement de certaines obésités et des maladies cardiaques, où les graisses jouent un rôle pernicieux.

 Vitamine B 12 (cyanocobalamine) Anti-anémique

Symptômes de carences : grande fatigue, manque de concentration, léthargie, perte d’intérêt, perte de poids et d’appétit, nervosité, difficultés de mouvement et d’élocution, difficultés respiratoires, langue lisse et rouge, système nerveux sensitif – extrémités douloureuses ou sensations amoindries, picotements dans les doigts, rigidité à travers le corps, douleurs fréquentes dans les épaules et les bras -, (à noter que tous ces symptômes peuvent être liés à l’anémie pernicieuse qui résulte d’un manque de B 12), stérilité, troubles menstruels (flux irrégulier ou diminué), pertes vaginales malodorantes, mauvaises odeurs corporelles, allergies, dépression, difficulté à se lever le matin, trous de mémoire, démence.

 vitamine B13 :

participe aux métabolismes de la vitamine B9 et B12. Elle fait baisser le taux d’acide urique dans le sang, développe la flore intestinale nécessaire à notre santé et protège les cellules hépatiques. est parfois utilisée comme diurétique, souvent comme traitement de l’excès de l’acide urique et enfin comme réductrice des triglycérides et du cholestérol.

La vitamine B13, évite la formation de calculs rénaux, potentialise l’efficacité des vitamine B9 et B12, développe la flore intestinale nécessaire à notre santé et protège les cellules hépatiques, utilisée comme diurétique.

Aux Etats-Unis, elle est utilisée pour traiter la sclérose en plaques.

Elle est également utile dans le traitement des diarrhées.

 Les B13 et B15 associés, ont un effet anti cancer puissant.

 Vitamine B14 : Xanthoptérine.

Très utile dans la formation de cellules de l’organisme.

Anti anémie.

C’est une vitamine importante, sa carence conduit à la destruction des globules rouges, ainsi que l’augmentation de la croissance des cellules cancéreuses .

 Vitamine B15 :

L’acide D-gluconodiméthylaminoacétique, a étudié notamment en URSS, afin d’aider les cosmonautes, pour ses effets dans la prévention de l’hypoxie, (manque d’apport sanguin et tissulaire en oxygène), ou Cyanose

Le terme de cyanose désigne un symptôme clinique consistant en la coloration bleutée que prennent la peau et les muqueuses lorsque le sang ne contient plus suffisamment d’oxygéne. C’est donc un signe d’hypoxémie (diminution de la teneur du sang en oxygène) et d’hypoxie (oxygénation insuffisante des tissus). Elle peut être la conséquence est entre autres d’une insuffisance respiratoire grave, ou peut être causée par un trouble de la circulation, de malformations cardiaques congénitales, d’une mauvaise circulation du sang, d’une anémie ou d’une intoxication, ou maladie de Raynaud.

 La vit. B15 est Très utile en cas de démangeaisons.

Une cellule qui, pour différentes raisons, ne reçoit plus d’oxygène, remplace cette énergie par le sucre, alors, c’est la cancérisation, nous comprenons donc l’importance de la vitamine B15 dans la prévention des cancers, mais aussi afin de se diriger vers la guérison, en prenant notamment de gros dosages de Potassium.

 La vitamine B15 agit de synergie avec la B13.

Pour bien fonctionner, une vitamine du groupe B a besoin de la présence des autres Vitamines du groupe B, et aussi est potentialisée par une haute teneur en vit. C.

il est bien de prendre ensembles : Vit. B15 + B13 + complexe Vit. B + Magnésium Ascorbyl-Phosphate (super vit. C) , cette vit. N’est pas acidifiante et est la plus stables des vit. C .

 La B15 est un dérivé aminé de l’acide glutamique, appelé également « vitamine de l’intelligence » .

Cette vitamine hydrosoluble a des vertus anti fatigantes. Elle favorise l’oxygénation et la respiration cellulaire et réduit la consommation du glycogène. De plus, elle est considérée comme un lipotrope et empêche ainsi l’accumulation de graisses dans le foie

est considérée comme un excellent détoxiquant général et un défatiguant. Actuellement il est largement utilisé en sport de compétition, car il diminue l’accumulation de l’acide lactique, augmente la respiration cellulaire et permet d’endurer des efforts musculaires intenses en prolongées.

 Vitamine B 16 Diméthylglycine :

Elle améliore la performance sportive, stimule le système immunitaire, aide à traiter l’autisme, l’épilepsie et la maladie mitochondriale, donc effet positif afin d’éviter de faire des récidives de cancer après chimiothérapies.

  • La vitamine B-16 est un dérivé de la glycine, un acide aminé.
  • La vitamine B-16 est indispensable à la réparation de l’ADN.

Or les chimiothérapies abîment l’ADN et prédisposent aux récidives de cancer.

stimule le système des Hormones et des neurotransmetteurs.

lutte contre le stress, oxygène les tissus de l’organisme, améliore la circulation sanguine, élimine l’excès d’acide lactique, après le sport raccourcit la période de récupération.

La vitamine B-16 est un donneur de méthyle. Les donneurs de méthyle faciliter votre corps dans la production de produits chimiques dans le cerveau et peuvent donc améliorer le plaisir sexuel, l’humeur, de l’énergie, bien-être, la vigilance, la concentration et la clarté visuelle. Elle est un booster d’énergie efficace et un nutriment qui améliore l’endurance et la capacité cardio-vasculaire. Elle fourni une protection contre les agents infectieux dans le corps et permet d’optimiser les performances des athlètes et les personnes actives.

Vitamine B 17 : LAETRILE, Établit la synthèse de l’hémoglobine, des acides gras et aminés, indispensable pour l’utilisation des vitamines B hydrosoluble. Le manque de vitamine B17 provoque : Fatigue, peau sèche, insomnie, douleurs musculaires, manque d’appétit…

la B17 détruit les cellules cancéreuses et protège les cellules saines.

 Utile pour les pathologies suivantes :

Anémie diminution du taux d’hémoglobine dans le sang avec présence anormale dans le sang de cellules précurseurs des globules rouges dont la taille est anormalement grande (mégaloblastes). Leucémies, cancers, croissance, problèmes neurologiques : coordination motrice, névrites, maladies psychiatriques, mémoire, fatigue, perte du goût et de l’odorat, amaigrissement, palpitations, asthme, arthrose.

 Alliés :

complexe B (surtout B 6, B 9, choline, inositol), vitamines A, C, potassium et sodium.

 Une autre vitamine B : le PABA

L’acide para-amino-benzoïque (PABA) est un cofacteur hydrosoluble naturel des vitamines du groupe B.

Indications dans : fatigue, anémie, eczéma suintant, boursouflement des paupières, vitiligo, plaques hyper chromiques et d’autres achromiques.

 Vertus :

C’est un antioxydant capable de neutraliser l’oxygène singulet et de bloquer les effets néfastes des rayons ultraviolets.

Apporte une protection contre des polluants atmosphériques comme la fumée de cigarette ou l’ozone qui endommagent les membranes et structures cellulaires en créant un stress oxydant.

Ralenti ou inverse les liaisons croisées dans les protéines de structure des tissus conjonctifs comme le collagène. Les liaisons croisées jouent un rôle primordial dans le développement de maladies fibreuses, comme la maladie de La Peyronnie, la contracture de Dupuytren ou la sclérodermie

Favorise la fluidité des membranes cellulaires ;

Renforce la souplesse des articulations ;

Restaure leur couleur initiale aux cheveux blancs dans 10 à 25 % des cas.

 Liste des pathologies et vitamines B associées

  •           acné : B2
    • acide urique : B13
    • alcoolisme : B3
    • Allergies, eczéma, dermatoses, érythèmes, démangeaison : B5 + B6 + B12 + (hyaluronique oméga3 oméga7)
    • allopécie et coloration des cheveux : B5 + B6 + B7 + B8 + B9 + B10 + PABA
    • Alzheimer : B1 + B7
    • Angoisse anxiété : B1 + Hexanniacinate d’inositol (B3)
    • Anémie : PABA + B2 + B6 + B9 + B12
    • anorexie, appétit : B1 + B3 + B7 + B8 + B11 + B12 + B 17
    • articulations : PABA
    • Athérome : B7 + complexe B + Choline + lécithine + Oméga 3 et 7 + magnésium
    • asthme : B6 + B17
    • Autisme  : B16
    • brûlure (sensation de brûres) : B5
    • boursouflement des paupières : PABA
    • cancer : B8 + B12 + B13 + B15 + B17 (la prise de B12 doit toujours, impérativement être accompagnée du complexe B + B8 + magnésium ascorbyl-phosphate (super vitamine C). Vit. E , D3, S.O.D.
    • cataracte : B2 + taurine + carnitine + vit. E
    • Cholestérol : B3 + B6 + Choline + lécithine
    • cœur : B1 + B8 + B9
    • collagène : PABA
    • Convultions : B6 + B8 + B9
    • couperose : B2
    • Cortisone : la B5 + cassis + acide R Lipoïque + bromélaïne , c’est une véritable cortisone.
    • Démangeaisons : B15
    • Dépression : B1 + B3 + B5 B 6 B 8 B9 B12 (c’est a dire pratiquement toutes)
    • Diabète : B6
    • Diarrhées : B3
    • digestifs : (troubles) B1 + VIT. U + Glutamine
    • diurétique : B13
    • Douleurs : B1 + B3 + B5 + B8 + B12
    • Dupuytren : PABA, silice/ortie
    • énergie vitamines de l’énergie : B2 + B3
    • épilepsie : B6, B16 + taurine, glutamine, Thréonine, glycine, zinc
    • Estomac : B1 + B9
    • étourdissement : B2
    • Fatigue : B1 + B2 + B3 + B5 + B8 + B12 + B13 + PABA (c’est a dire pratiquement toutes)
    • fendillements et plaies sur les lèvres : B2
    • foie :(trop de graisse dans le foie) B 7 + B15 + B13
    • gencives : B3 + B9
    • gerçures aux lèvres : B3
    • globules blancs : B4
    • globules rouges : paba + B2 + B6 + B9 + B12 + B17 + Leucine + lysine + histidine + polygonum multiflorum
    • goût et l’odorat : B17 + zinc + sélénium + méthionine
    • graisse (brûleur de graisse) : B7 + B11 + B15
    • Haleine : B3
    • hypertension : B3
    • hypotension : B9
    • hypoglycémie : B5 + B6 + B9
    • insomnie : B2 + B3 + B5 + B6 + B9 + magnésium (c’est a dire pratiquement toutes)
    • Langue : (différents problèmes) : B2 + B3 + B6 + B8 + B9 + B 12
    • lèvre : B2 + B3
    • Maigreur : B11
    • malformations du bébé : B9
    • maux de tête : B2 + B3 + B5 + B9
    • Mémoire : B1 + B3 + B9 +B12
    • muqueuses : B9
    • névralgies : B1 + Aconit Napel
    • obésité : B11
    • ongles : B5 + B8
    • Palpitations : B9 + B17
    • Parkinson voir aussi tremblements : B3
    • paupière : PABA
    • pertes vaginales : B12
    • Peyronnie : PABA
    • Picotements : B12
    • psoriasis : B10
    • schizophrénie : B3 + B9
    • sciatique, lumbago : B1
    • sclérodermie : soufre organique + PABA + niacine ou hexaniacinate d’inositol
    • sébum : B8
    • sport : B2 + B5 + B15 + B16
    • surrénales : B8 + B9
    • syndrome prémenstruel : B6
    • thyroïde :B8 + Vit. E + Iode + Armour + Tyrosine
    • tremblements :B2 + B6 + B9
    • stérilité, fertilité : B5 + B 7 + B9 + B12 + vit. E + S.O.D.
    • tics : B6
    • triglycérides : B3 + B13
    • vaisseaux apparents, yeux injectés : B2
    • vertiges : B5 + B9
    • Vitiligo : PABA
    • yeux, cristallin : B2 + B7 + VIT. E

 Les vitamines B indiquées ci-dessus, pour être efficaces, doivent systématiquement être accompagnées de complexe B + magnésium ascorbyl-phosphate (super vitamine C).

Pour citer cet article : "Les vitamines B et leurs bienfaits," in Laure Pouliquen Officiel, 13/05/2016, https://laurepouliquen.fr/les-vitamines-b-et-leurs-bienfaits/,Laure POULIQUEN.
Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité

Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité

* Miroslav RADMAN, ’un des plus grands spécialistes de l’ADN, est intervenu pour dispenser une conférence intitulée « Au-delà de nos limites biologiques : Augmenter la longévité en bonne santé »  lors du Séminaire organisé par l’ADNO (Président, Dr Dominique RUEFF, que je remercie ici au passage) le samedi 22 novembre 2014 à Paris, ayant pour thème « DE LA LONGÉVITÉ à L’ÉTERNITÉ », j’ai eu le plaisir de rencontrer ce scientifique, un homme charmant, doté d’une grande finesse d’esprit et d’une intelligence hors du commun, je ne manquerai pas de suivre avec grand intérêt l’évolution de ses précieuses recherches sur la longévité humaine [Laure POULIQUEN]

* Prolonger notre existence de cent ans, c’est le défi de Miroslav Radman, l’un des plus grands généticiens de la planète

« Ce matin, en vous levant, vous ne saviez pas que vous alliez vivre six heures de plus », nous lance d’entrée de jeu Miroslav Radman. Devant nos mines interloquées, le chercheur en génétique moléculaire enchaîne : « Sans que l’on sache pourquoi ni comment, l’espérance de vie de l’espèce humaine rallonge de six heures par jour. Et l’on peut accélérer le processus ! » Tignasse en bataille et faux air de Pedro Almodovar, le professeur Radman est l’un des plus grands spécialistes de l’ADN.
Dans son laboratoire parisien à la faculté de médecine de l’université René-Descartes à Paris, les microscopes électroniques sont alignés comme des batteries de canons sur le pont d’un navire. Ce fils de pêcheur croate, né à Split il y a soixante-sept ans, s’est mis en tête de percer le secret de l’immortalité. Pas moins ! Tel un Christophe Colomb de la science, Miroslav Radman explore la chimie du vieillissement en empruntant de nouvelles routes. Et ce qu’il a découvert pourrait bien révolutionner l’humanité. »J’ai appris à lire à 4 ans, en déchiffrant sur la coque le nom des bateaux qui rentraient au port. Aussitôt, je suis devenu un prince aux yeux de mes tantes illettrées. Je leur lisais les nouvelles dans le journal. » Courtisé par les plus prestigieuses universités américaines, c’est en France que ce surdoué a jeté l’ancre
Après trente ans de recherche au CNRS puis à l’Inserm, Miroslav Radman est convaincu d’avoir trouvé le chemin vers l’élixir de jouvence. « C’est en décortiquant une étrange bactérie que j’ai acquis la conviction qu’il devenait possible de prolonger la vie humaine, en bonne santé, bien au-delà de ce qui est imaginable aujourd’hui. » Une aventure que le biologiste, devenu lui-même immortel depuis qu’il est entré à l’Académie des sciences, raconte dans un livre vivifiant (1), dont Le Point publie en exclusivité les extraits.Cette bactérie qui recèlerait, comme une poignée d’autres bestioles microscopiques, l’arme contre le vieillissement, c’est la « bactérie du corned-beef » découverte en 1956 dans des conserves de viande stérilisées à coups de rayons gamma.

Une coriace capable de résister à des radiations 10 000 fois supérieures à la dose mortelle chez l’homme. Au point que certains se sont même demandé si Deinococcus radiodurans – c’est son nom scientifique – n’était pas venue de l’espace ! Ayant voyagé sur une météorite, elle aurait été irradiée et totalement desséchée, ce qui expliquerait sa phénoménale résistance à la déshydratation. « En plein désert, brûlée par les rayons du soleil, Deinococcus peut, grâce à une seule goutte de pluie, ressusciter des dizaines, peut-être des centaines d’années plus tard », s’enthousiasme le chercheur, dont les yeux pétillants accrochent le regard presque autant que son polo rose fuchsia.

 Quel est le secret de la bactérie du corned-beef ?

« À partir d’un état de mort clinique, elle ressuscite en s’autoréparant grâce à un jeu de deux copies de son génome. Si vous avez sous la main plusieurs puzzles identiques avec des pièces manquantes, vous pouvez en les utilisant tous en faire un qui soit complet. La difficulté est de remettre en ordre des centaines de fragments d’un génome pulvérisé par la radiation, ce que Deinococcus radiodurans parvient à faire en trois ou quatre heures », explique le biologiste en mimant l’opération de ses mains.

 Botte secrète

Les protéines mécanos qui rafistolent le puzzle sont à l’oeuvre dans tous les organismes vivants. Elles devraient donc normalement nous protéger contre la rouille moléculaire provoquée par les radicaux libres. Alors pourquoi ne font-elles pas le boulot chez nous ? « Le problème est que ces protéines sont aussi victimes de la corrosion et deviennent moins efficaces. » La botte secrète de Deinococcus, c’est un cocktail de molécules qui lui permet de blinder ses enzymes réparatrices contre la rouille moléculaire. »Nous disposons aussi d’une protection antioxydante – sans elle nous serions cramés avant même de pouvoir nous reproduire -, mais en quantité insuffisante pour vivre aussi longtemps que nous le souhaiterions. » Une fois les pièges antiradicaux identifiés, le professeur Radman envisage de tester dès que possible cet élixir chez la souris. « Ce sera le grain de sable qui viendra ralentir, sinon arrêter, le tic-tac de notre horloge biologique. 

Depuis deux ans, Miroslav Radman toque à la porte des instances nationales et européennes de la recherche en expliquant qu’il a besoin de 1 à 3 millions d’euros pour poursuivre ses travaux.

« Leur réponse ?

Le vieillissement est un processus très complexe, ce que vous dites est trop simple, ça ne peut pas marcher. Les scientifiques qui siègent dans les instances d’évaluation sont des ultra spécialistes, ils ne comprennent pas pourquoi, à 60 ans passés, je veux changer de sujet de recherche alors que je pourrais prospérer dans le domaine qui m’a fait connaître : la réparation de l’ADN. Le système est hostile aux scientifiques qui refusent de creuser dans le même trou !

C’est pour pallier « l’incompétence des instances d’évaluation responsable du déficit d’innovation en Europe » que Radman a créé à Split l’Institut méditerranéen pour les sciences de la vie, « une ONG qui cultive la liberté de la recherche ».

Chercher là où les autres ne cherchent pas, c’est ce qui intéresse par-dessus tout Miroslav Radman. Une habitude qui remonte à son adolescence, quand, embarqué comme rameur sur le bateau de son père, il partait pêcher dans les zones où les autres n’allaient pas. Plus tard, c’est ainsi qu’il remontera dans ses filets ses trois découvertes, qui figurent aujourd’hui dans les manuels de biologie. « Le dirigisme étouffe la science ; ce n’est pas aux politiques ni aux industriels de fixer un cap aux chercheurs, s’énerve celui qui a grandi dans l’ex-Yougoslavie de Tito. Chaque grande découverte est une surprise aussi pour son découvreur. C’est en partant vers l’Inde que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. »

 Nouveau défi

Mais, au fait, à quoi nous servirait de vivre cent cinquante ou cent quatre-vingts ans ? « Cela nous permettrait d’exploiter le fantastique potentiel de notre cerveau ! L’homme a surdéveloppé ses capacités cérébrales, au point qu’aujourd’hui nous mourons avant d’avoir fait fructifier, avec sagesse, tout ce que nous avons appris. La courte durée de vie de l’espèce humaine freine son évolution culturelle. »En attendant de mettre au point son élixir de jouvence, le chercheur planche sur un test qui permettrait, à partir de quelques gouttes de sang, de prédire le destin biologique de chaque individu.

 

« En connaissant le stade de vieillissement de nos cellules et de chacune de nos protéines, on pourrait essayer de mettre en oeuvre un programme de prévention personnalisé qui ralentisse la corrosion de l’organisme. » Un nouveau défi qui, pour Miroslav Radman, n’a rien d’insurmontable. « Quand, à un mille de la côte, mon père lançait la ligne de pêche par-dessus la barque, je devais maintenir l’embarcation exactement au même endroit, malgré les variations infinies des vitesses et des directions du vent et des courants. La complexité de cette tâche n’a jamais trouvé d’équivalent plus tard, même dans mes recherches scientifiques ! »1. Au-delà de nos limites biologiques, de Miroslav Radman, avec Daniel Carton (Plon, 168 p., 18,90 euros).

MIRO_RADMAN

MIRO_RADMAN

 Le club des immortels

Ses admirateurs l’appellent  » Conan la bactérie « , en hommage à son époustouflante robustesse. Exposée aux rayons ultraviolets du soleil, complètement déshydratée,Deinococcus radiodurans peut ressusciter à la première petite goutte de pluie. Tout aussi coriace, le rotifère bdelloïde, un animal microscopique aquatique, résiste aux radiations les plus extrêmes. Leur secret ? Un kit de survie incluant un jeu de copies du génome, des protéines blindées et un mécanisme performant de réparation de l’ADN. La palourde, championne du monde 410 ans, record de longévité animale. La bactérie qui ne meurt jamais  » Deinococcus radiodurans  » est quasi immortelle parce qu’elle arrive à s’autoréparer. Voici la manière dont elle s’y prend pour rafistoler son ADN. :

  • 1. Elle possède un jeu de copies dont elle se sert comme d’un stock de pièces détachées.
  • 2. Après irradiation, les chromosomes de la bactérie sont brisés en fragments d’ADN. Les extrémités de chaque fragment se transforment en extrémités simple brin.
  • 3. Chaque segment s’acoquine avec sa séquence complémentaire qu’il pioche dans un fragment intact provenant d’une autre copie du génome conservée par la bactérie. Le fragment d’ADN abîmé s’insère dans le fragment double brin intact.
  • 4. Tous les morceaux sont utilisés comme modèles et amorces pour initier la synthèse d’ADN.
  • 5. Les segments simple brin ainsi synthétisés se dissocient.
  • 6. Puis s’assemblent et forment des fragments d’ADN double brin.
  • 7.Le chromosome circulaire de la cellule se reconstitue. La synthèse des protéines est à nouveau opérationnelle : la cellule  » cliniquement morte  » refonctionne.

Miroslav Radman – Généticien – Chercheur – biologie moléculaire, Directeur de l’unité Inserm Génétique moléculaire, évolutive et médicale

 Trajectoire d’un surdoué

  • 1944 Naissance à Split, en Croatie.
  • 1966 Diplômé de la faculté des sciences de Zagreb.
  • 1969-1973 Post-doctorant au CNRS et à Harvard.
  • 1981 Professeur associé à l’université d’Orsay.
  • 1990 Directeur de recherche au CNRS.
  • 1992 Grand prix de l’Académie des sciences.
  • 1996 Prend la nationalité française.
  • 1998 Professeur à la faculté de médecine Necker et directeur de recherche à l’Inserm.
  • 2000 Grand prix de la National Academy of Sciences (Etats-Unis) et de l’Académie des sciences.
  • 2002 Entre à l’Académie des sciences.
  • 2003 Grand prix Inserm de la recherche médicale.

 

source : http://www.miroslavradman.com/fr/il-a-d-couvert-le-secret-de-la-long-vit/299
+ VIDÉO :http://www.amessi.org/au-dela-de-nos-limites-biologiques-entretien-avec-miroslav-radman
Pour citer cet article : "Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité," in Laure Pouliquen Officiel, 23/11/2014, https://laurepouliquen.fr/miroslav-radmanil-a-decouvert-le-secret-de-la-longevite/,Laure POULIQUEN.

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