Carence ou excès en fer et leurs conséquences

Carence ou excès en fer et leurs conséquences

CARENCE OU EXCÈS EN FER ET LEURS CONSÉQUENCES

le fer héminique, d’origine animale et le fer non héminique qui se trouve dans les végétaux. Indispensable à l’organisme, cet oligo-élément est caractérisé par de nombreuses propriétés. constituant important de l’hémoglobine et d’enzymes, il intervient dans l’oxygénation du corps avec un rôle important dans le transport de l’oxygène au niveau des globules rouges du sang et dans diverses réactions métaboliques.

Les SymptômesPrécisions
1FATIGUE PHYSIQUE (asthénie marquée)
  • Essoufflement à l’effort
  • Fatigue matinale se prolongeant dans la journée
  • Nuits longues, et pourtant peu réparatrices
  • Vertiges
  • Troubles de la libido
2FATIGUES NERVEUSES et LASSITUDE                                    
  • Pouvant entraîner crises d’angoisse, dépression, anorexie…
3TROUBLES DIGESTIFS RÉGULIERS
  • gastrite, inflammations, sensibilité au gluten, diarrhées chroniques.
4SENSIBILITÉ AUX MALADIES INFECTIEUSES  
  • Angines, otites, rhinites, Bronchites…
  • Candida albicans, mycoses…
5SENSIBILITÉ AU FROID
  • Frilosité chronique, extrémités froides.
  • Mauvaise circulation veineuse.
  • Troubles de la vision (fatigue, dégénérescence…)
6DOULEURS MUSCULAIRES – CRAMPES
  • souvent associées à une carence en magnésium
7CHUTE  DE CHEVEUX ONGLE MOUS, CASSANTS, STRIES
  • Chute prolongée et inhabituelle
8SYMPTÔMES DIVERS
  • Pâleur du teint non génétique.
  • Saignements fréquents du nez  (enfants notamment)
  • Fendillements des commissures des lèvres
  • Sécheresse excessive de la peau (certains types d’acnés récidivantes )
9PICA
  •  Voir ci-contre

Le Pica est un trouble du comportement qui consiste en une envie irrépressible, incontrôlable d’ingérer des substances diverses comestibles ou non.

  • Géophagie pour la terre, l’argile
  • Pagophagie pour des glaçons
  • Rysophagie pour du riz (souvent cru)
  • Amylophagie pour le blé et l’amidon
  • Lithophagie pour les pierres
  • Ce peut être aussi des gommes, grains de café, chocolat ou cornichons.

Le pica est très fréquent dans les pays sous-développés. Mais aussi aux Etats-Unis, où  l’on a noté que plus de la moitié des patients atteints de carence martiale avait un pica.

Le pica est bien un symptôme d’une carence prononcée en fer. En effet, on note sa disparition totale avec un traitement de fer efficace. Le pica récidivera avec une nouvelle carence. On n’en a pas d’explication médicale, mais les faits sont têtus…

Ce trouble alimentaire comportemental est donc considéré comme secondaire à une carence martiale (donc une forte carence en fer). Et nous savons maintenant que la carence martiale peut entraîner des altérations des capacités cognitives et donc du comportement, par des atteintes des neurotransmetteurs dopaminergiques. Il est d’ailleurs reconnu que des carences martiales prolongées entraîneraient souvent un retard du développement intellectuel.

Le fait que le pica soit moins connu en Europe pourrait venir du fait que le trouble alimentaire consistant à manger en permanence pain, chocolat, cornichons, par exemple ne sera pas pris en compte comme un trouble alimentaire symptomatique, mais comme une simple nervosité, au même tire que fumer, ou boire.

Par contre, dans les pays plus pauvres, ingérer de la terre, des glaçons ou du riz non cuit (en fait par défaut d’autre nourriture) sera évidemment considéré comme un trouble psychologique.

Il serait donc intéressant d’étudier plus attentivement les troubles comportementaux alimentaires des populations à risque de forte carence en fer dans les pays occidentaux. Surtout que ces comportements ne sont pas avoués spontanément par les patients.

En tous les cas, pica et carence martiale sont associés. Donc un pica peut constituer un moyen simple de dépister une carence en fer prononcée. Et dans le cas d’une anémie, un pica indiquera une origine ferritive.

Le fer est un oligo-élément qui se présente dans les aliments sous deux formes différentes :

le fer héminique, d’origine animale et le fer non héminique qui se trouve dans les végétaux. Indispensable à l’organisme, cet oligo-élément est caractérisé par de nombreuses propriétés. constituant important de l’hémoglobine et d’enzymes, il intervient dans l’oxygénation du corps avec un rôle important dans le transport de l’oxygène au niveau des globules rouges du sang et dans diverses réactions métaboliques.

Le fer est un élément vital pour le corps ; il tient une place importante dans le bon fonctionnement de l’organisme. Un déficit ou une carence en fer peut avoir de nombreuses conséquences sur la santé, parmi celles-ci on peut noter une baisse d’hémoglobine et une anémie.

Sources alimentaires

Le fer héminique est répandu dans les aliments d’origine animale. Cet oligo-élément est présent dans les viandes, notamment la viande de bœuf et les viandes rouges. Les poissons, les abats, les boudins, les charcuteries, les crustacés, les mollusques, en sont particulièrement riches.

Le fer non héminique se trouve dans les produits d’origine végétale, les céréales, les œufs, les légumes secs, les fruits.

Rôle dans l’organisme

Le fer est un oligo-élément qui entre dans la composition de l’hémoglobine des globules rouges. Utile aux échanges gazeux, l’hémoglobine est un composant protéique qui transporte l’oxygène à travers l’organisme. Le fer qui indispensable à la synthèse de l’hémoglobine, permet au sang de véhiculer l’oxygène.

Aussi, le fer intervient dans la constitution de la myoglobine qui est un réservoir d’oxygène contenu dans les muscles. Il occupe une place importante dans de nombreuses réactions enzymatiques nécessaires à la respiration des cellules. Il est, également, impliqué comme composant de nombreuses enzymes et dans la formation des cellules et des hormones. Le fer joue un rôle essentiel dans le fonctionnement normal du système immunitaire et dans de nombreuses réactions métaboliques.

Besoins en fer

Les besoins en fer de l’organisme varient en fonction de l’activité physique et de l’âge. Avec la perte du fer par la sueur, ces besoins sont élevés chez les sportifs. Ils sont plus importants pendant la croissance, chez les enfants et chez les adolescents. Au cours de l’adolescence, ce besoin est accru à cause de l’augmentation de la masse musculaire. En cas de règles abondantes, les besoins en fer sont plus importants chez les femmes en âge de procréer. Aussi, les situations marquées par une perte de sang (accident ou opération chirurgicale) accroissent les besoins ferriques.

FER_CARENCE_OU_EXCES

Conséquences d’une carence en fer

Un apport ferrique alimentaire insuffisant limite la livraison de l’oxygène aux cellules et peut être à l’origine d’une baisse de l’hémoglobine. Ainsi, une carence en fer peut se manifester par divers signes cliniques : une fatigue extrême, une sécheresse de la peau, une pâleur du teint, des troubles de la régulation de la température du corps, un essoufflement à l’effort. Elle peut également conduire à des anomalies au niveau des globules rouges et à une anémie dite ferriprive.

Le déficit peut causer une réduction des capacités intellectuelles, une somnolence, une fragilisation du système immunitaire, une moindre résistance aux infections. Les régimes amaigrissants et le régime végétarien peuvent induire une carence en fer.

Le fer est essentiel à la vie, mais si certains en ont trop, d’autres en manquent. Les symptômes de carence ou d’excès, souvent discrets au début, sont à prendre au sérieux, car, dans les deux cas, le fonctionnement de l’organisme est perturbé.

L‘hémochromatose est la plus fréquente des maladies génétiques en France :

Une personne sur 300 en est ­atteinte (soit 200 000 individus). Elle est liée à la mutation du gène Hfe du chromosome 6, laquelle provoque un déficit en hepcidine, une protéine impliquée dans le contrôle de l’absorption intestinale du fer. Il en résulte une quantité excessive (jusqu’à cinq fois supérieure à la normale) de celui-ci dans le corps. « Le fer, à partir de 5 à 6 grammes dans le sang, devient toxique pour l’organisme. Il va détruire au fil du temps les organes ­importants comme le foie, le pancréas, le cœur, mais aussi les articulations », explique le Pr Henri Michel, président de l’Association ­Hémochromatose France.

Mieux dépister l’hémochromatose

Grande fatigue, douleurs articulaires, notamment au niveau des doigts, troubles de l’érection, aménorrhée, tachycardie… Ces premiers symptômes passent souvent inaperçus chez les professionnels de la santé. « De même, lorsque la maladie progresse, l’excès de fer détruit les îlots de Langerhans, producteurs d’insuline. Mais l’apparition d’un diabète de type 2 est souvent mise sur ­le compte de l’âge, de la sédentarité et du surpoids, explique le Pr Michel. C’est ainsi que beaucoup de malades sont soupçonnés d’être alcooliques, alors que c’est l’excès de fer qui a provoqué leur ­cirrhose du foie. »

On estime ainsi que 60 000 personnes, en France, ignorent qu’elles sont atteintes d’hémochromatose.

Le Pr Henri Michel milite pour un dépistage précoce de la maladie, avant l’âge de 35 ans, lorsque les dégâts sur l’organisme ne sont pas encore irréversibles et peuvent facilement être traités. D’autant qu’une simple prise de sang suffit : on dose la ferritine, une protéine responsable du stockage du fer, et le coefficient de saturation de la transferrine. En cas de résultats anormaux, on recherche la présence de l’anomalie génétique pour confirmer le diagnostic.

Aujourd’hui, les personnes souffrant d’hémochromatose sont traitées par saignées afin de diminuer la quantité de globules rouges riches en fer. Le traitement d’attaque dépend du surplus en fer. Pour 5 grammes, il faut pratiquer 24 saignées. La maladie continuant à évoluer, une saignée d’entretien est nécessaire tous les deux à quatre mois afin de maintenir un taux normal dans l’organisme.

La prise en charge de l’hémochromatose devient plus difficile lorsque le patient est plus âgé, avec parfois 40 grammes de fer en excès : 160 saignées de 400 à 500 ml, soit deux ans et demi de traitement, sont alors nécessaires. Mais il faut aussi traiter les problèmes de santé annexes (diabète, insuffisance cardiaque, douleurs articulaires). On estime que 2 000 personnes meurent chaque année d’hémochromatose faute d’avoir pu être diagnostiquées et traitées à temps.

Un quart des femmes carencées

Lorsque les besoins en fer ne sont pas satisfaits, la carence peut entraîner une anémie : le taux d’hémoglobine sanguin est fortement diminué, et le sang ne peut plus correctement transporter la quantité d’oxygène nécessaire aux ­tissus. Du coup, on se sent fatigué, le teint est pâle, la tension artérielle baisse, on est essoufflé à ­l’effort, vulnérable aux infections, on éprouve des difficultés à se concentrer ou à être attentif. Selon l’enquête SuViMax, réalisée en France auprès de 14 000 personnes, près d’un quart des femmes âgées de 35 à 50 ans ont une carence en fer et 4,4 % souffrent d’anémie. En effet, certaines peinent à compenser par l’alimentation les pertes de fer liées aux règles lorsqu’elles sont abondantes, par exemple chez les femmes portant un stérilet. Le bon réflexe est de consulter son médecin traitant, lequel pourra confirmer le diagnostic par un dosage de la ferritine et de l’hémoglobine dans le sang afin d’évaluer les réserves de fer dans les cellules.

 

Les aliments riches en fer

Notre organisme ne produit pas du fer, c’est pourquoi le médecin peut conseiller de manger de la viande rouge, du boudin noir ou du foie, qui en contiennent beaucoup. On en trouve également, mais en quantité moindre, dans les huîtres, le poisson, les céréales complètes et les légumineuses. On peut aussi augmenter sa consommation de vitamine C, car elle facilite l’assimilation du fer par l’organisme.

Si nécessaire, une supplémentation est prescrite pour reconstituer les réserves de fer. Attention à ne pas prendre des compléments alimentaires en automédication, pour ne pas tomber dans l’excès inverse. Le médecin vérifiera que l’anémie n’est pas liée à des saignements gastro-intestinaux (ulcère, polypes intestinaux), à la destruction des globules rouges (maladies de la moelle osseuse) ou à une mauvaise absorption du fer par les intestins à cause de la maladie de Crohn, d’une ­rectocolite hémorragique ou d’une intolérance au gluten.

 Les besoins journaliers

Le fer, après avoir été absorbé par l’intestin, est transporté par la transferrine jusque dans la moelle osseuse où il entre dans la composition de l’hémoglobine des globules rouges, qui acheminent l’oxygène des poumons vers les cellules. Les besoins quotidiens varient selon l’âge et le sexe :

– Enfants à partir de 1 an :
7 à 10 mg.
– Ados de 14 à 18 ans :
garçons, 11 mg ; filles, 15 mg.
– Femmes en âge de procréer :
de 16 à 20 mg.
– Femmes enceintes et allaitantes :
de 20 à 22 mg.
– Hommes à partir de 18 ans :
8 mg.
– Femmes après 50 ans :
8 mg.

sources :
SantéOnaturel.com
saintesanté.com
hemochromatose.fr
VivaPresse.fr
Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "Carence ou excès en fer et leurs conséquences," in Laure Pouliquen Officiel, 13/04/2017, https://laurepouliquen.fr/carence-ou-exces-en-fer-et-leurs-consequences/.

 

Benzodiazépines : Danger

Benzodiazépines : Danger

Xanax, Lexomil, Lysanxia, Myolastan, des médicaments qui rétrécissent le cerveau depuis 30 ans !

 Le journal britannique « The Independent on Sunday » s’est procuré des documents confidentiels plutôt gênants. En 1981, suite aux trouvailles du professeur (aujourd’hui émérite) Malcolm LADER, chercheur de renom dans le domaine de la psychiatrie, le Medical Research Council (MRC, institut gouvernemental) avait organisé un brainstorming scientifique pour évoquer le rétrécissement du cerveau survenu chez certains patients gobant des benzodiazépines. L’année suivante, le MRC décidait d’approfondir le sujet pour évaluer l’impact à long terme de ces molécules. Puis, plus rien. Le ministère de la Santé n’a pas donné suite.

Xanax, Lexomil, Lysanxia, Myolastan, des médicaments qui rétrécissent le cerveau depuis 30 ans ! (1)

En 1982, le gouvernement britannique apprenait que les benzodiazépines (dérivés du valium : Xanax, Lexomil, Lysanxia, Myolastan...) pouvaient provoquer des troubles neurologiques graves. 30 ans plus tard, les médecins continuent de distribuer les pilules comme des Smarties !

La bourse ou l’avis

Aucun test « officiel » de toxicité neurologique à long terme n’a jamais été réalisé sur ces médicaments (Xanax, Lexomil, Lysanxia, Myolastan…) vendus à des dizaines de millions d’exemplaires, censés lutter contre l’anxiété, le stress, l’insomnie et les spasmes musculaires.

Le Professeur Lader a déclaré : « Je recevais de l’argent pour d’autres recherches et ne voulais pas être étiqueté comme la personne qui a tué les benzodiazépines… J’aurais dû être plus proactif… J’ai supposé que la prescription allait se tarir, mais les médecins ont continué de les balancer comme des Smarties ».

La camelote qui ramollit le cerveau

En 1995, Heather Ashton, professeur émérite de psychopharmacologie clinique, a elle aussi fait une proposition à la MRC pour étudier le lien entre la consommation de « benzos » et les dommages permanents induits sur le cerveau. Sa proposition a été rejetée. La MRC se défend en prétendant qu’une fois « acceptées les conclusions du rapport de Malcolm Lader », elle était prête à financer « toute demande de recherche répondant aux normes scientifiques requises »… ce qui n’est, prétend-elle, toujours pas arrivé à ce jour. La faute à pas-de-chance…

« Énorme scandale »

Députés et avocats se liguent aujourd’hui pour dénoncer un « énorme scandale » (dixit Jim Dobbin, président d’un groupe parlementaire multipartite sur les addictions médicamenteuses) qui pourrait ouvrir la voie à des recours collectifs pouvant impliquer jusqu’à 1,5 million de patients devenus accros à leurs dépends.

Un grand nombre d’entre eux présenterait des symptômes neurologiques compatibles avec les constations de Malcolm Lader. Dans les années 1960, annoncés comme totalement inoffensifs, les benzos étaient présentés comme la première merveille du monde pharmaceutique. En une décennie, ils sont devenus les plus couramment utilisés au Royaume-Uni. Sauf que ces médocs révolutionnaires induisent une addiction particulièrement puissante, et cela en quelques jours.

Descente aux enfers

Valérie Bell a fait une attaque de panique, en 1984. Son médecin lui a immédiatement prescrit du lorazépam. Aujourd’hui, elle a 67 ans. Elle est sevrée depuis 2007 mais souffre toujours de douleurs neurologiques à la tête, au cou et aux pieds.

« Nous avions deux magasins de fleurs dans l’Essex, avec mon mari. Nous avons eu une belle vie […] j’ai eu une attaque de panique lors d’une soirée. Mon médecin m’a dit qu’il y avait un nouveau médicament merveilleux en provenance des États-Unis, alors je l’ai pris sans poser de questions.

Immédiatement après, je me suis senti mal. Le médecin a dit que c’était ma maladie et a augmenté les doses, tout en ajoutant un antidépresseur. Cela a duré pendant des années, une nouvelle pilule suivait de nouvelles pilules. Certains jours, je ne pouvais même pas sortir du lit.

J’ai vu 32 médecins, mais personne n’a dit que mes symptômes pouvaient provenir des pilules. Pendant des années, j’ai cru ces hommes en blouse blanche et costumes Armani. Quand j’ai décidé que ça suffisait, il m’a fallu 15 ans pour m’en sortir […] j’étais totalement incohérente, j’entendais des voix, j’étais incapable de faire du thé. Aucun être humain ne devrait souffrir comme ça. Nous avons perdu notre maison et nos entreprises.

Les médicaments ont détruit nos vies ».

(1) Les mots ont un sens
Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "Benzodiazépines : Danger," in Laure Pouliquen Officiel, 04/03/2017, https://laurepouliquen.fr/benzodiazepines-danger/.

 

L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme

L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme

L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme

L’anxiété peut avoir un sérieux impact sur notre santé, que ce soit de l’angoisse sur le long terme ou à court terme. Face à l’anxiété votre corps peut réagir de différentes manières!

Des problèmes de gorge.

A cause de l’anxiété, votre voix devient grinçante et enrouée, c’est une réaction immédiate face à une situation de stress. Lorsque l’on est anxieux, le corps redistribue ses fluides à des endroits plus essentiels, ce qui provoque un spasme des muscles de la gorge, entraînant un resserrement qui rend la déglutition difficile.

Le foie peut réagir.

Quand le corps subit l’assaut du stress et de l’anxiété, le système surrénal produit beaucoup de cortisol, l’hormone du stress. Cela provoque une plus grande production de glucose par le foie pour fournir de l’énergie en vue du réflexe dit « combat-fuite ». Dans la majorité des cas, cet excès de glucose peut être réabsorbé par le corps sans trop de problèmes, mais pour ceux qui sont prédisposés au diabète, cet excès de glucose pourrait entraîner des effets néfastes sur leur santé.

Des réactions cutanées.

Ces sueurs froides ou ces joues rougies sont un signe immédiat que votre corps réagit à l’anxiété, et cela est dû à des changements dans votre flux sanguin. Lorsqu’il y a de l’angoisse, notre corps se met en mode « combat-fuite », il redirige une plus grande quantité de sang vers les muscles, un réflexe très utile lorsqu’il est nécessaire. Cependant, si cette réaction dure trop longtemps ou qu’elle survient trop souvent, elle peut entraîner diverses réactions cutanées, dont un vieillissement prématuré, une sudation inhabituelle, et même une augmentation des histamines, ce qui peut entraîner des œdèmes. Selon le University of Maryland Medical Center, des épisodes sévères de stress ou d’angoisse peuvent même entraîner des crises d’eczéma.

Une rate hyperactive.

L’anxiété n’affecte pas seulement notre cerveau ou notre cœur. Elle affecte également les organes qui ont une fonction interne comme la rate. Pour fournir plus d’oxygène au corps, la rate sécrète une plus grande quantité de globules rouges et blancs. Dans ce processus de réaction, votre flux sanguin augmente de 300 à 400% en réponse au réflexe « combat-fuite ».

Des muscles tendus.

A cause du stress, le corps se crispe de façon naturelle, ce qui peut taxer les groupes de muscles les plus importants. Le stress ou l’anxiété chronique peuvent exacerber cette tension, ce qui provoque des maux de tête, des épaules raidies, des douleurs au cou et parfois des migraines. Les gens qui ont une angoisse constante ont d’ailleurs plus de risques de souffrir de troubles musculo-squelettiques chroniques.

Après un certain temps, l’anxiété chronique peut avoir un impact sur :

Votre cœur.

Les personnes qui souffrent de stress ou d’inquiétude chronique ont plus de risque d’avoir des problèmes cardiovasculaires à cause de leur rythme cardiaque constamment élevé, de leur hypertension artérielle et de leur surexposition au cortisol. Selon l’American Psychological Association, une exposition prolongée au stress peut aussi provoquer de l’hypertension, des arythmies et un risque plus élevé d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral.

Vos poumons.

Des études ont démontré qu’il y a un lien entre l’anxiété et l’asthme. En effet, les asthmatiques sont plus susceptibles aux crises de panique. Selon une autre étude menée à l’Université de São Paulo, il y aurait également un lien entre désarroi, l’asthme et l’équilibre.

Votre cerveau.

La réaction à la fébrilité la plus marquée est notre réaction psychologique. Le stress et l’anxiété chronique affectent des zones de notre cerveau qui sont responsables de notre mémoire à court et à long terme, en plus d’être impliqués dans certaines réactions chimiques de notre organisme, ce qui peut provoquer certains dérèglements hormonaux. De plus, le stress chronique stimule sans cesse le système nerveux, ce qui, à son tour, peut avoir un impact sur d’autres systèmes de notre organisme en déclenchant des réactions physiques inutilement, ce qui provoque de la fatigue, notamment.

Les personnes qui souffrent d’anxiété ont très souvent du mal à s’endormir, principalement parce qu’elles ressassent sans cesse leurs inquiétudes. Selon des données de la Anxiety and Depression Association of America, 54% des gens affirment que le stress et l’anxiété les empêchent de trouver le sommeil, et de ce nombre, 50% des hommes et 40% des femmes affirment que cela a affecté leur niveau de concentration le lendemain.

Votre système immunitaire.

L’exposition au stress et à l’anxiété peut avoir un effet néfaste sur votre système immunitaire, celui-ci est affaibli, voire supprimé, à cause du réflexe « combat-fuite ». Des études ont également prouvé qu’en cas de stress, vous êtes plus susceptible d’attraper un rhume en plus d’être plus vulnérable aux infections et aux inflammations.

Votre système digestif.

Lorsque votre corps réagit à l’anxiété, il ne régule pas adéquatement les fonctions digestives. Un stress chronique ou aigu peut également avoir des effets sur le long terme sur vos intestins et sur les substances nutritives qu’ils absorbent, ce qui peut causer un reflux gastrique, des ballonnements, la diarrhée et parfois même la perte complète du contrôle intestinal. Un stress ou une anxiété sur le long terme peut aussi avoir un impact sur votre métabolisme, ce qui peut provoquer une prise de poids qui peut aller jusqu’à l’obésité.

Une étude a indiqué que la sécrétion constante de cortisol pouvait provoquer une perte de sensibilité à l’insuline, tandis qu’une autre étude a quant à elle établi un lien, chez les adultes, entre l’angoisse et la présence d’ulcères diagnostiqués par un médecin.

Source : Le HuffPost | Par Lindsay Holmes

Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "L’anxiété et ses conséquences néfastes sur l’organisme," in Laure Pouliquen Officiel, 09/02/2017, https://laurepouliquen.fr/lanxiete-et-ses-consequences-nefastes-sur-lorganisme/.

 

Les pilules du malheur, antidépresseurs et anxiolytiques

Les pilules du malheur, antidépresseurs et anxiolytiques

  Les pilules du malheur

Gavés d’antidépresseurs et d’anxiolytiques, les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à tenter de se suicider. Des voix s’élèvent pour dénoncer les tragiques effets secondaires de médicaments mal prescrits

par Gilbert Charles

« Je ne dis pas que ce sont les médicaments qui l’ont tuée, mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils y sont pour quelque chose… » Foulard Hermès et Brushing impeccable, Marie-Claude D., épouse d’un ingénieur parisien et mère de quatre enfants, étouffe un sanglot en évoquant sa fille cadette, Olivia, qui s’est suicidée l’an dernier, à l’âge de 18 ans.

« Elle était rebelle et repliée sur elle-même, je ne comprenais pas. Elle avait déjà fait une tentative à 14 ans. J’ai appris plus tard, en lisant son journal, qu’elle avait subi une agression sexuelle et n’en avait jamais rien dit. Elle a finalement réussi à passer son bac, mais s’est remise à déprimer. Nous l’avons emmenée chez un généraliste, qui lui a prescrit du Prozac.

Deux mois plus tard, elle n’allait pas mieux. Il a augmenté les doses, en ajoutant un tranquillisant. » Un soir de novembre, Olivia avale le contenu des boîtes de pilules après avoir rédigé une lettre d’adieu. Elle se réveille quelques heures plus tard dans un demi-coma et, constatant qu’elle est toujours vivante, se hisse jusqu’à la fenêtre et saute du 6e étage. « Elle avait une rage d’en finir, soupire sa mère. Depuis, j’ai appris que ces médicaments pouvaient favoriser les pulsions suicidaires. Et je m’interroge. »

« Je vois arriver dans ma consultation des gamins de 11-12 ans avec des ordonnances de grand-mère comprenant des calmants le matin et des somnifères le soir »

Elle n’est pas la seule. Adhérente de l’association Phare enfants-parents, Marie-Claude participe régulièrement au « groupe de parole des parents endeuillés ». Chaque dernier samedi du mois, une vingtaine de pères et de mères d’adolescents suicidés ou tués dans des accidents de la route se retrouvent pour discuter et s’entraider dans leur terrible épreuve. Un sujet revient souvent dans les conversations : celui des psychotropes et de leurs effets secondaires. Leurs enfants suicidés prenaient presque tous des anxiolytiques, des somnifères ou des antidépresseurs pour calmer leur mal de vivre. Des médicaments dont l’usage s’est banalisé ces dernières années, chez les adultes comme chez les jeunes, et dont les spécialistes dénoncent aujourd’hui les abus et les risques.

La consommation de « pilules pour la tête » chez les enfants et les adolescents connaît en France une véritable explosion. « Je vois arriver dans ma consultation des gamins de 11-12 ans avec des ordonnances de grand-mère comprenant des calmants le matin et des somnifères le soir, s’indigne Xavier Pommereau, chef de service de psychiatrie pour adolescents du CHU de Bordeaux. Certains sont carrément accros aux médicaments depuis deux ou trois ans et nous sommes parfois obligés de les sevrer à l’hôpital, avant toute prise en charge. Il y a une dérive évidente dans ce domaine depuis quelques années : il est temps de tirer la sonnette d’alarme. » Les jeunes semblent recourir aux pilules au moindre malaise, comme une gomme à effacer les problèmes. Selon une enquête quadriennale de l’Inserm menée auprès de lycéens, les adolescents français arrivent au deuxième rang européen pour la consommation de médicaments « psy », à égalité avec la Croatie : 19% des garçons et 26% des filles de 16-17 ans reconnaissent en avoir pris au moins une fois, avec ou sans ordonnance. Une étude menée à Strasbourg en 1989 a montré que 12% des enfants à l’école primaire étaient traités avec force sirops ou pilules pour des troubles du sommeil, dont les trois quarts depuis l’âge de 4 ans !

« Le phénomène s’est accéléré depuis dix ans, note Manuel Bouvard, pédopsychiatre à l’hôpital Charles-Perrens, à Bordeaux. Les psychotropes sont de plus en plus souvent prescrits pour l’insomnie, l’agitation, l’anxiété ou la boulimie, troubles qui n’ont rien à voir avec leur indication de départ. » On prescrit un peu n’importe comment et à n’importe qui : les spécialistes estiment que 6 à 7% des adolescents sont réellement déprimés, dont la moitié ne sont pas traités, alors que beaucoup d’autres sont mis sous antidépresseur sans réelle justification.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas les psychiatres qui délivrent le plus d’ordonnances, mais les généralistes, à l’origine de 90% des prescriptions, y compris pour les enfants. Dans la moitié des cas, les jeunes obtiennent le médicament sans passer par le cabinet d’un médecin, en se servant simplement dans la pharmacie de leurs parents. Les pilules font aussi l’objet de trafics dans les cours de récréation des collèges et des lycées. « On fustige le cannabis et l’alcool, mais personne ne parle de la toxicomanie pharmaceutique, dénonce le psychiatre Roland Broca, président de la Fédération française de santé mentale. Les médicaments ne sont pas systématiquement recherchés en cas d’accident de la route, mais je suis persuadé qu’ils sont responsables de presque autant de morts que l’alcool. »

 Des relations difficiles avec l’école et leur famille

Les jeunes Français seraient-ils victimes d’une épidémie de dépression ? Bourrés de psychotropes, ils sont aussi de plus en plus nombreux à essayer de se suicider, comme les deux collégiennes de Calais qui ont disparu après avoir annoncé leur geste sur Internet. Si le nombre de moins de 25 ans qui « réussissent » reste stable (moins d’un millier par an), celui des tentatives ne cesse de progresser : entre 10 000 et 15 000 adolescents chaque année. Sans compter les nombreux cas qui ne donnent pas lieu à hospitalisation et passent inaperçus. « Ce chiffre a progressé de 40% depuis dix ans, en particulier chez les filles, explique Marie Choquet, épidémiologiste à l’Inserm. Les pensées suicidaires ne sont pas plus nombreuses qu’avant, mais il semble que l’on passe de plus en plus facilement à l’acte, comme si le geste se banalisait. »

La plupart des candidats au suicide sont, apparemment, des ados comme les autres : ils ont des amis, sortent souvent, ont une relation amoureuse dans 70% des cas ; leur consommation d’alcool ou de drogue n’a rien d’exceptionnel et leurs parents sont en majorité mariés et vivent ensemble. « Mais 82% d’entre eux sont considérés comme déprimés, poursuit Marie Choquet. Ils ont des relations difficiles avec le système scolaire ou professionnel et surtout avec leur famille. Les garçons sont deux fois moins touchés que les filles, mais, chez eux, le malaise se traduit plutôt par des comportements violents et des conduites à risque, comme la toxicomanie. On voit aussi augmenter les gestes d’agression contre soi-même, comme les scarifications, les tatouages, et les piercings. »

Dans 13 cas sur 15, ces molécules ne sont pas plus efficaces qu’un placebo, et les patients sous traitement sont trois fois plus nombreux à envisager le suicide

Peut-on établir une relation de cause à effet entre la surconsommation de psychotropes et l’augmentation des suicides en France ? Aucun expert ne se risque à l’affirmer, car les données épidémiologiques sont très rares, sinon quasi inexistantes. Mais les doutes sur les effets secondaires des pilules ne cessent de grandir. « Il est extrêmement difficile de distinguer les effets des médicaments et ceux de la dépression elle-même, note Bernard Golse, pédopsychiatre à l’hôpital Necker, mais on peut tout de même remarquer que la moitié des ados qui récidivent après une première tentative de suicide utilisent les médicaments qu’on leur a prescrits, et 60% d’entre eux réussissent. » Mais il y a plus grave. On découvre aujourd’hui que certains psychotropes censés soigner les dépressifs ont une fâcheuse tendance à favoriser les comportements agressifs et les passages à l’acte suicidaire, en particulier chez les jeunes.

 Des résultats d’études délibérément dissimulés

Les antidépresseurs de la famille du Prozac connaissent depuis une vingtaine d’années un formidable succès. Un Français sur dix s’est vu l’an dernier prescrire la « pilule du bonheur » – comme les médias l’ont baptisée à son apparition dans les années 1980 – alors que le taux de prévalence de la dépression dans la population est estimé à moins de 5%. Utilisés pour soigner les troubles de l’humeur, l’anorexie, les coups de blues et les vraies dépressions, le Prozac et ses cousins se sont aussi répandus chez les enfants et les adolescents. Retour de bâton : jugeant que les antidépresseurs sont trop dangereux, le ministre de la Santé envisage maintenant d’encadrer leur usage chez les moins de 18 ans.

Depuis le début des années 1990, des médecins américains et européens ont commencé à suspecter la fluoxétine (nom générique de la molécule du Prozac) d’avoir des effets secondaires bien plus graves que ceux qui sont stipulés sur la notice – perte d’appétit, troubles du sommeil, baisse de la libido… Les témoignages de patients faisaient souvent état de crises d’épilepsie, de sautes d’humeur, d’accès de violence et d’idées suicidaires. Plusieurs actions en justice ont été intentées aux Etats-Unis par des familles de victimes de meurtres et de suicides attribués au Prozac. Mais le fabricant, Eli Lilly, a toujours réfuté ces accusations et gagné ses procès – parfois en concluant des accords secrets avec les plaignants pour qu’ils retirent leur plainte, comme en 1994. « Ce médicament a été prescrit à plus de 50 millions de personnes dans le monde et sa sécurité et son efficacité sont bien établies », n’a cessé de marteler le laboratoire.

Pourtant, les preuves de sa dangerosité ne cessent de s’accumuler. Après avoir été intriguées par des anomalies dans une étude réalisée par le fabricant mais jamais publiée, les autorités médicales de chaque côté de l’Atlantique – la Food and Drug Administration (FDA), aux Etats-Unis, et l’Agence européenne du médicament – ont demandé en 2003 à consulter toutes les données concernant les essais cliniques des antidépresseurs dits de deuxième génération. Les résultats, publiés en octobre 2004, laissent peu de place au doute : ils indiquent que, dans 13 cas sur 15, ces molécules ne sont pas plus efficaces qu’un placebo et que les patients sous traitement sont trois fois plus nombreux à envisager le suicide ou à faire une tentative. En décembre dernier, le British Medical Journal a reçu un courrier anonyme contenant des notes internes de la filiale allemande d’Eli Lilly, probablement envoyé par un employé, qui montre que la firme a tenté de dissimuler délibérément les résultats d’études cliniques en demandant aux médecins d’enregistrer les suicides de patients comme des « surdosages ».

« C’est un abus de confiance criminel, s’emporte le Dr Robert Bourguignon. Dommage que ces informations n’aient pas été rendues publiques il y a huit ans : j’aurais sans aucun doute gagné mon procès ». Ce médecin bruxellois, responsable d’une agence d’information médicale indépendante, s’est vu traîner en justice par Eli Lilly en 1997, pour avoir publié dans une revue scientifique une étude réalisée auprès de 500 confrères sur les effets secondaires du Prozac, faisant état d’un nombre anormal de crises de violence et de tentatives de suicide parmi leurs patients. Le laboratoire a fait témoigner une brochette de spécialistes et le Dr Bourguignon a été condamné pour diffamation.

 Plus d’inhibitions, mais l’angoisse est toujours là

Les effets délétères de la fluoxétine sont particulièrement alarmants chez les jeunes patients. Le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) est, lui aussi, accusé d’avoir édulcoré les résultats d’une étude clinique de son antidépresseur, le Deroxat, sur des adolescents. Les résultats montraient un taux de tentatives de suicide huit fois plus important chez les enfants traités avec la molécule que ceux sous placebo. Le procureur de l’Etat de New York vient d’entamer une action en justice contre GSK pour avoir caché les risques du produit.

« Ces produits n’agissent pas de la même façon dans les cerveaux infantiles en formation. Leur effet neurologique sont très différents avant l’âge adulte et après 25 ans »

Comment un médicament peut-il pousser à se détruire ? La fluoxétine, la molécule active du Prozac, agit en stimulant dans le cerveau la production de sérotonine, un neuromédiateur impliqué dans l’impulsivité et la régulation des comportements. « Le Prozac est un excitant, un produit euphorisant : il lève les inhibitions mais sans calmer l’angoisse, explique le Pr Edouard Zarifian, psychiatre au CHU de Caen, et auteur d’un fameux rapport sur la surconsommation des psychotropes en France. La déprime est toujours là, mais le sujet n’est plus prostré, il redevient actif, et retrouve assez d’énergie pour se suicider. »

 Les tests sur les mineurs : très chers et trop complexes

Il n’y a pas que les antidépresseurs. Georges- Alexandre Imbert, président de l’Association d’aide aux victimes des accidents des médicaments (AAAVAM) – dont le fils s’est suicidé – accuse pour sa part les benzodiazépines, c’est-à-dire les somnifères. L’association recense chaque année des centaines de témoignages de patients traités aux psychotropes pris de délire, d’accès de violence ou se suicidant. « La plupart prenaient du Valium, du Xanax ou du Stylnox, affirme Imbert. Comme ce vieillard de 75 ans qui a tué sa femme de 17 coups de couteau ou ce journaliste parisien qui, victime d’une crise inexpliquée, a menacé sans raison un agent de la circulation de lui faire avaler son képi et de tuer sa mère, ce qui lui a valu un séjour derrière les barreaux et un procès pour insubordination. »

Richard Durne, le forcené qui a abattu huit personnes dans la salle du conseil municipal de Nanterre en mars 2002, était lui aussi un dépressif chronique. C’est également le cas de l’un des deux jeunes auteurs du massacre perpétré en 1999 au lycée de Columbine, dans le Colorado (12 morts), pour lequel on invoque aujourd’hui l’influence de l’antidépresseur Luvox avec lequel il était traité.

Une centaine de dossiers de l’AAAVAM concernent ainsi des cas d’enfants ou de jeunes adultes. Camille, 16 ans, est depuis trois mois plongée dans un coma profond après une tentative de suicide au Stylnox. Toxicomane à l’héroïne, elle s’était fait prescrire ce somnifère pour prévenir les crises de manque. « Le médecin qui a soigné ma fille ne nous a jamais mis en garde contre les dangers de ce produit et n’avait manifestement pas une formation adaptée », accuse aujourd’hui son père.

Le phénomène est d’autant plus inquiétant que la moitié des psychotropes administrés aux enfants en France n’ont été testés que sur des adultes et sont contre-indiqués aux moins de 15 ans. Les laboratoires renâclent à se lancer dans des essais cliniques sur les mineurs, très chers et très complexes à réaliser car il nécessitent le consentement des parents. D’autant plus que le marché des moins de 15 ans n’est pas très lucratif : ces derniers représentent 20% de la population mais consomment seulement 5% des médicaments. Cela n’empêche pas les médecins de prescrire aux jeunes des médicaments pour adultes, sous leur propre responsabilité, en adaptant souvent les posologies au jugé, en fonction de l’âge du patient.

« Le problème, c’est que ces produits n’agissent pas de la même façon dans les cerveaux infantiles en formation, explique Bernard Golse. L’absorption d’une molécule par l’organisme, sa transformation et son effet neurologique sont très différents avant l’âge adulte et après 25 ans. »

Face à toutes ces dérives, les autorités sanitaires tentent aujourd’hui de prendre des mesures. La FDA impose depuis l’automne aux fabricants d’antidépresseurs d’imprimer sur leurs boîtes de pilules un avertissement sur les risques de « comportements violents ou suicidaires ». L’Agence européenne du médicament recommande aux médecins de ne plus prescrire de psychotropes aux moins de 18 ans, sauf pour les cas les plus graves, traités en milieu spécialisé. C’est aussi l’avis de Philippe Douste-Blazy : le ministre de la Santé envisage d’imposer cette mesure dans le cadre de son plan pour la santé mentale, présenté le 4 février.

 Associer une psychothérapie aux médicaments

Il ne faut pourtant pas diaboliser les psychotropes, estime le Dr Xavier Pommereau : ils sont souvent indispensables pour débloquer une situation de crise et permettre à l’adolescent de reprendre pied. Mais ils ne doivent pas être la seule réponse à la détresse. Les tentatives de suicide sont le résultat d’une mauvaise prise en charge plutôt que de l’usage d’un produit. » Tous les spécialistes le répètent : les pilules ne soignent que les symptômes, elles ne traitent pas les problèmes familiaux ou affectifs de l’adolescent, la cause de sa dépression. C’est pourquoi la plupart d’entre eux associent systématiquement une psychothérapie aux médicaments. « Il n’y a rien de pire que l’ado traîné par ses parents chez le médecin, qui se voit prescrire une pilule sans qu’on prenne la peine de l’écouter, peste le pédopsychiatre Marcel Rufo. En psy, ce qui soigne, c’est le temps. » Il a fallu des années d’excès pour apprendre la prudence avec les antibiotiques. Il va falloir l’apprendre avec les psychotropes.

Amessi.org et l’Express.fr

Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure

Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure

Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure

Mal vue, et le plus souvent combattue, l’angoisse diffuse et modérée peut aussi être un moteur pour avancer.

La sélection naturelle aurait conduit à conserver les humains les plus anxieux car ce sont ceux qui, du fait de leurs craintes excessives, ont le mieux anticipé le danger et ont pu s’en protéger.

Le fait d’être angoissé pourrait être un trait constitutif de l’être humain. Ainsi, des chercheurs américains d’un groupe pluridisciplinaire (université de Columbia, Institut américain de la santé, laboratoire pharmaceutique GSK) estiment que l’angoisse excessive qui frappe parfois certains de nos semblables aurait coévolué avec l’intelligence humaine

Ce que l’on décrit habituellement comme une souffrance, à savoir l’anxiété, serait en fait un trait bénéfique pour l’espèce humaine, soulignent les auteurs, dont les résultats ont été publiés dans la revue Frontiers in Evolutionary Neurosciences.

 Pour aboutir à cette conclusion, ils ont mis en évidence une corrélation chez certaines personnes entre un niveau d’angoisse excessif et des tests de quotient intellectuel très élevé

« Alors que les craintes exagérées sont considérées comme un signe de personnalité négatif, au contraire de l’intelligence, qui est jugée positivement, l’angoisse aurait permis à notre espèce au long de son histoire d’éviter des situations dangereuses, écrivent les auteurs. Elle lui aurait permis de ne pas prendre de risques, et de survivre dans certains cas. »

 Stratégie de survie

En clair, la sélection naturelle a conservé les humains les plus anxieux, ceux qui, du fait de leurs craintes excessives, ont été amenés à anticiper le danger et à mettre en œuvre des stratégies sophistiquées pour s’en prémunir.

Dans leur étude, les chercheurs se sont intéressés à 26 personnes souffrant d’un syndrome d’anxiété généralisée et les ont comparées à 18 volontaires sains. Tous ont subi des tests de mesure de l’intelligence. Dans le premier groupe, les plus anxieux étaient aussi ceux qui avaient les résultats les plus performants lors des tests d’intelligence.

 L’angoisse excessive chez certaines personnes serait associée à une forme de grande intelligence. C’est ce que démontre une étude publiée dans la revue Frontiers in Evolutionary Neuroscience

Des neurologues américains issus de l’Université de Columbia, de l’Institut américain de la santé et des laboratoires pharmaceutiques GSK, ont étudié le lien entre l’anxiété, l’intelligence, et le métabolisme dans la matière blanche sous-corticale du cerveau. L’étude a porté sur 26 patients souffrant du trouble d’anxiété généralisée (TAG). Résultats qu’ils ont comparé avec 18 autres personnes en bonne santé. Tous ont été exposés à une IRM, en même temps qu’ils répondaient à un test de quotient intellectuel (QI), afin de mesurer leur activité cérébrale

Résultat :

l’intelligence et l’anxiété étaient en corrélation avec une activité du cerveau, plus précisément, du métabolisme de la choline, un nutriment constitutif du neurotransmetteur acétylcholine. Les chercheurs en concluent que l’intelligence pourrait co-évoluée avec l’anxiété chez les humains.

 « L’anxiété peut amener à éviter les situations dangereuses »,

note Jérémy D. Coplan, auteur principal de l’étude. L’angoisse pousserait donc les hommes à ne pas prendre de risques, ce qui serait un avantage pour la survie de l’espèce humaine.

En clair, les hommes les plus anxieux auraient été naturellement sélectionnés parmi l’espèce humaine, en raison justement de leurs craintes qui les poussent à anticiper les dangers, et à mettre en place des stratégies pour se protéger.

Source : « The relationship between intelligence and anxiety : an association with subcortical white matter metabolism », Frontiers in evolutionary Neuroscience, 12 avril 2012

 Lien vers l’étude complète :http://journal.frontiersin.org/Journal/10.3389/fnevo.2011.00008/full

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Placement voxel pour centrum semiovale (CSO) de la substance blanche
Placement voxel pour centrum semiovale (CSO) de la substance blanche ; (A) IRM montrant l’emplacement des quatre sections du cerveau obliques enquête ; (B) vue frontale de la deuxième section oblique recouvert avec des grilles gauche et droit de voxels OSC d’intérêt . (C) MR spectre du voxel CSO ombrée sur la grille montrée en (B) . NAA, N-acétyl-aspartate ; Tcho, choline totale contenant des composés ; TCR, la créatine totale + phosphocréatine. – See more at : http://journal.frontiersin.org/Journal/10.3389/fnevo.2011.00008/full#sthash.VMoe8hpH.dpuf

 Les bons côtés de l’anxiété

Lorsqu’elle ne peut assister à son cours collectif de gymnastique, Anna téléphone toujours à son professeur pour le prévenir. Elle ne voudrait pas qu’il la croie démotivée. Paul, lorsqu’il arrive au bureau le matin, est très perméable à l’humeur du collègue qui travaille en face de lui. Il sait que la journée sera différente si celui-ci a mal dormi et jauge l’ambiance en une minute. Scrupuleux, hypervigilants, Anna et Paul sont des tempéraments anxieux. Ils subissent, comme l’écrivait en 1953 Jean Toulemonde dans sa bible sur Les Inquiets (Éd. Payot) « un état chronique de crispation, de mobilisation des puissances psychiques, soit pour améliorer la situation, soit pour assurer l’avenir ».

 En ce sens, les anxieux ne connaissent pas le repos. Leur système d’alarme lié au fonctionnement de la peur est comme déréglé, ainsi que l’explique Illios Kotsou, chercheur à l’unité « émotion, cognition et santé » de l’Université catholique de Louvain.

« Chez certaines personnes, le seuil déclencheur de l’angoisse est très bas ou fonctionne de manière irrationnelle. Alors que, normalement, la peur est activée quand des menaces réelles pèsent sur le sujet, les anxieux sont alertés par des signes minimes de l’environnement. »

Inconfortable, fatigante, l’anxiété est traditionnellement combattue. On cherche à s’en débarrasser. Pourtant, lorsqu’elle ne handicape pas la vie de celui qui la subit, elle peut aussi avoir des effets positifs. « Bien régulée, elle a une vraie fonction de préparation à l’action », affirme Illios Kotsou. Et celui-ci de prendre en exemple des étudiants se préparant aux examens.

« Ceux qui ne ressentent aucune anxiété vont peu réviser et risquent l’échec ; ceux qui ressentent trop d’anxiété oublieront les sujets pourtant révisés et perdront leurs moyens au moindre froncement de sourcils de l’examinateur ; seuls ceux qui, modérément anxieux, ne sont pas certains de réussir vont se motiver pour faire au mieux et courent ainsi au succès. »

 Pour Illios Kotsou, l’anxiété n’est donc pas une émotion négative.

 D’ailleurs, aucune des émotions humaines n’est toxique pour les psychothérapies dites de la « 3e vague », un nouveau courant qui privilégie l’accueil inconditionnel de tous les sentiments qui nous traversent

« Toute l’énergie qu’on met à éviter l’anxiété est indisponible pour tout ce que nous avons à construire par ailleurs, déplore le chercheur. Or cette angoisse peut devenir une force si on ne la fuit pas. En observant ce qui se passe en nous sans le juger, en acceptant de nous laisser traverser par ces sentiments, en essayant de ne plus combattre cette anxiété, on contrôle mieux son environnement. » Et l’on n’endure pas l’effet « rebond », ce retour de boomerang d’une émotion dont on s’est dit « ça va aller, ça va aller » et qui a paradoxalement grandi en puissance à mesure qu’on cherchait à l’étouffer.

 Imagination surstimulée

Les artistes, musiciens ou comédiens « traqueux » le savent bien : l’anxiété avant de monter sur scène est pour certains une compagne inévitable. Une fois acceptée, elle signifie aussi qu’ils sont en train de mobiliser concentration, mémoire et sensations pour la représentation à venir. « C’est alors que toutes les émotions, même celles perçues au départ comme “négatives”, retrouvent leur fonction première : nous permettre de communiquer un sentiment », résume Illios Kotsou, qui a d’ailleurs écrit L’Intelligence émotionnelle (Éd. Bernet-Danilo).

 Quant à l’utilisation bénéfique de l’anxiété, elle est pluridimensionnelle.

Si nous reprenons l’exemple de nos anxieux, Anna est une excellente organisatrice car elle a tendance à anticiper et prend le temps d’envisager toutes les modulations possibles d’une situation. Paul est un formidable communiquant : il « sent » mieux que personne les sentiments de ceux qu’il rencontre, sait s’y adapter. Leur perméabilité et leur hypervigilance leur servent plus souvent qu’elles ne leur causent d’ennuis.

L’humour n’est pas non plus la moindre des astuces utilisées par ces inquiets pour se tenir debout. Woody Allen a su faire de ses démons incontrôlables une véritable source d’inspiration. Car l’imagination est aussi une qualité surstimulée chez ces tempéraments.

À force d’imaginer des monstres dans les placards, on devient capable aussi de créer des mondes parallèles et, pourquoi pas, d’en faire son métier, comme un David Lynch ou un Mark Twain. Celui-ci avouait : « J’ai survécu à de nombreux naufrages… qui n’ont jamais eu lieu. » « Apprivoisée, l’anxiété peut donner une direction à notre vie », affirme IIlios Kotsou. Encore nous faut-il apprendre à la canaliser, seule issue que nous ayons pour ne plus être téléguidés par elle. [source :  le Figaro – Pascale Senk]

Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "Être trop angoissé, un signe d’intelligence supérieure," in Laure Pouliquen Officiel, 31/12/2016, https://laurepouliquen.fr/etre-trop-angoisse-un-signe-dintelligence-superieure/.
Les bases neurobiologiques de l’anxiété

Les bases neurobiologiques de l’anxiété

Les bases neurobiologiques de l’anxiété

La connaissance des circuits cérébraux et les molécules-clés impliqués dans les manifestations de l’anxiété a fait de grand progrès depuis quelques années. L’utilisation de modèles animaux a beaucoup contribué à cette compréhension. Chez la souris, il est ainsi possible d’observer les changements comportementaux qui interviennent dans les situations de conflit émotionnel, par exemple comment l’animal va choisir entre l’exploration d’un espace neuf (curiosité) et le repli sur soi (peur). L’étude de l’animal dans une situation de peur apprise a aussi été bien décrite : comment l’animal va apprendre à associer un environnement neutre avec un danger potentiel.

La sérotonine et le GABA sont les 2 principales molécules « messagères » entre les neurones (« neurotransmetteurs ») qui sont impliquées dans les états anxieux. Ce sont de fait les cibles communes des médicaments « anxiolytiques ».

Mais le rôle exact de ces molécules, leurs interactions avec l’environnement sont encore à préciser. L’apport de la génétique et les nouvelles données concernant la plasticité du cerveau doivent s’intégrer à la compréhension chaque jour plus fine des mécanismes en jeu. Patricia Gaspar et Laurence Lanfumey, directrices de recherche Inserm – coordinatrices du projet DEVANX – et leurs collègues, ont cherché à aborder l’étude des bases neurobiologique de l’anxiété sous divers angles.

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anxiete_symptomes-physiques – credit photo : anxiete.fr

(suite…)

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