Immortalité et science prométhéenne !

Immortalité et science prométhéenne !

«Ce qui a été renaît» (palin ginetaï)  Pythagore (mathématicien et philosophe grec)

Un film vu à la chaîne NRJ 12 raconte comment un scientifique, le docteur Jeykill a ramené à la vie des dinosaures disparus il y a 60 millions d’années. Dans son plaidoyer le scientifique fait l’apologie de la science qui peut tout faire, notamment dans la «réparation de l’homme». D’une façon spectaculaire, la caméra nous le montre d’abord paraplégique et ensuite, reprenant l’usage de ses jambes. Le scénario débouche sur une perte de contrôle de la renaissance des dinosaures qui envahissent la ville semant la terreur et la mort. L’immortalité est une utopie, un Graal qui a bercé l’espoir de générations d’humains et notamment de scientifiques. Comment en effet, redonner la vie à un être inanimé ?

L’Encyclopédie Wikipédia donne une définition : «L’immortalité désigne le fait pour un être vivant d’échapper à la mort et de rester vivant pour une période de temps indéfinie, voire éternelle. Selon les points de vue, l’immortalité peut concerner l’âme, le corps ou encore les deux. Les hommes de Cro-magnon et même de Néandertal enterraient leurs morts avec des fleurs ou des outils1 et la présence d’ocre dans leurs sépultures a été constatée. Même si cette thèse a été exposée, rien ne permet de déterminer si ces objets étaient placés là en pensant à un éventuel au-delà ou bien s’il s’agissait plus simplement de marques posthumes d’affection au même titre que nous fleurissons les tombes de nos morts.» (1)

«Une des plus anciennes mentions de l’immortalité (amrita) (entre 5000 et 1500 av. J.C.) se trouve dans le 10e mandala du Rig Veda. L’Égypte des pharaons avait pour sa part son Osiris, pesant le bien et le mal de la vie du mort pour déterminer où l’orienter. Les briques ayant servi à construire la tour de Babel aux vie siècle av. J.-C. portent l’inscription suivante, qui était gravée dans leur moule: «J’ai, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle.» Dans le même ordre, l’Épopée de Gilgamesh décrit la quête d’un héros recherchant l’immortalité suite à la mort de son ami Enkidu. Il ne l’obtiendra pas, seuls les dieux étant immortels, et sera condamné à mourir lui aussi, et à se coucher dans le sommeil de la mort.» (1)

Immortalité de l’âme et traditions religieuses

D’après le philologue Ernest Renan, la majorité du peuple hébreu adore le Dieu de ses pères sans espérer la moindre récompense dans l’au-delà, ni même l’existence d’un au-delà. S’il n’est certes pas pour autant interdit d’y croire, non plus qu’à une résurrection physique (vision de Daniel Chapitre 12), la religion elle-même ne s’engage pas à ce sujet. L’Ecclésiaste, par exemple, déclare que les morts ne voient rien et ne sentent rien. Les Pharisiens croient cependant plus tard à l’immortalité de l’âme, selon l’historien Flavius Josèphe. Le Moyen Âge européen et byzantin s’aligne sur le symbole de Nicée (premier Credo, établi par le concile de Nicée en 325 – modifié par la suite) qui mentionne «Je crois à la résurrection de la chair». Au moins depuis l’Égypte des pharaons, de nombreuses religions envisagent une vie post-mortem dont les conditions dépendraient d’un jugement divin, et qui compenserait les injustices commises ou subies pendant la vie terrestre. (…) Le bouddhisme envisage un cycle de naissance, de mort et de renaissance agissant en fonction des actions d’un individu. Ce cycle (samsara) étant jugé pénible, lassant et ne menant à rien, le sage vise à s’en extraire pour rejoindre le nirvana, qui est l’état de non-besoin.» (1)

 «Le christianisme introduit un concept de vie post-mortem différent: la résurrection des corps, en harmonie d’ailleurs avec la vision d’Ezéchiel d’hommes se reconstituant à partir de leurs ossements. La séquence post-mortem est complexe: jugement particulier, jugement dernier, paradis, enfer, purgatoire introduit par la suite en considération des fautes vénielles ne méritant pas un châtiment éternel, mais devant néanmoins être punies, limbes pour les enfants morts sans baptême.» (1) Le paradis musulman est décrit comme un lieu agréable (3.15). «Pour les pieux, il y a auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement»; 29.58. «Ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres, Nous les installerons certes à l´étage dans le Paradis sous lequel coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement.» 47.15. L’enfer est décrit comme un lieu de torture» (1)

Le pape Benoît XVI supprimera le purgatoire dans les années 2000, ainsi une croyance qui a duré près de 17 siècles après le Concile de Nicée n’a plus d’assise, Dans l’au-delà c’est ou bien l’enfer ou bien le paradis, il n’y a plus de probation. Qu’en est-il d’une immortalité différente: la résurrection? Elle est considérée comme une preuve d’immortalité. Mieux dans certaines religions asiatiques, l’âme migre d’une enveloppe à une autre (transmigration des âmes) qui peut même être une métempsycose, c’est-à-dire le déplacement de l’âme, le transvasement d’une âme dans un autre corps, qu’elle va animer. La transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l’humain (réincarnation) mais encore dans les bêtes ou les plantes.

L’immortalité par l’ingénierie biologique

Les arbres les plus vieux du monde peuvent espérer vivre durant cinq millénaires individuellement. L’animal le plus âgé dépasse les 400 années. L’être humain a officiellement dépassé les 120 ans. Une méduse Turritopsis nutricula échapperait au vieillissement des cellules. On dit même que le homard ne peut mourir que par prédation.

Pour vaincre la mort et être immortel, il faut être en bonne santé. Cette lapalissade, n’en n’est pas une car le destin (le mektoub en arabe) est inscrit dans nos cellules qui sont programmées pour une durée de vie moyenne. Cependant, les formes biologiques ont des limites que l’homme rêve de dépasser par des interventions médicales, ou d’ingénierie, ou encore un rajeunissement cellulaire ou reprogrammation cellulaire. Il existe en effet des êtres vivants dont la structure biologique très simple et le mode de reproduction particulier, permettent de les considérer comme immortels. Du plus simple au plus complexe incluant les bactéries, certains types de levures, l’Hydre et certaines méduses très primitives comme Turritopsis nutricula ou Turritopsis dohrnii qui est actuellement le seul être pluricellulaire connu ayant un cycle de vie réversible ».(2)

Arrêter le vieillissement : l’immortalité en vue?

Les résultats d’une étude du professeur David Sinclair, généticien à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, et des chercheurs de Harvard relancent les fantasmes d’immortalité. Ils ont réussi à inverser le processus de vieillissement de souris. En effet, ils ont augmenté la dose d’une molécule, le nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), permettant de rajeunir les muscles des cobayes. Pour Christophe de Jaeger, le NAD est un coenzyme qui, lorsqu’il diminue en concentration dans la mitochondrie (centrale énergétique des cellules permettant de fabriquer de l’ATP, ou adénosine triphosphate), provoque comme un manque d’oxygène chez la cellule. Le mécanisme énergétique s’altérant, la mitochondrie mime le vieillissement. En rajoutant du NAD, vous allez lui redonner sa capacité de reproduire l’énergie nécessaire. Cela équivaut à décrasser le carburateur. (…) Ce mécanisme est très similaire chez l’humain, avec tout de même des différences ».(2)

Les gens à qui l’on donne du NAD voient leur performance musculaire s’améliorer, de même que, et surtout, leur capacité à récupérer. (…) Dans les 25-30 ans à venir on va peut-être pouvoir agir directement sur le génome et fermer cet interrupteur qui fait démarrer le vieillissement autour de 18-20 ans. Et à ce moment-là on aura une auto-réparation de notre corps. On aura atteint le stade du longévisme.» (2)

Pour le professeur David Gems, professeur qui enseigne la biologie du vieillissement à l’University College London (UCL): «La grande question est: qu’est-ce que le vieillissement? Il s’agit d’un mystère scientifique parmi les plus difficiles à élucider, et qui génère énormément de controverse.» Joel de Rosnay pense que «le processus de vieillissement reste inéluctable. Sur notre planète, la mort est nécessaire à la vie. Les atomes, les molécules, tout est recyclé. Si les vieux organismes ne mouraient pas, les nouveaux ne pourraient se développer». Pour sa part, analysant les causes de la mort, David Gems, ecrit que: «Chez l’homme, la mort peut trouver son origine dans une blessure, une infection ou un bus dans la figure. Lorsque l’on meurt de vieillesse, c’est à cause de l’une des maladies liées au processus.

Le vieillissement est une maladie en soi : si vous êtes touché par un AVC, qui laisse des séquelles sur votre cerveau, vous garderez un certain nombre de tissus morts: vous êtes donc un mélange de matière vivante et de matière morte. Comment la cohabitation se fait-elle? Que se passe-t-il si les cellules mortes causent la mort des autres cellules?»(3)

Comment freiner le vieillissement?

Joel de Rosnay explique comment les chercheurs pensaient avoir trouvé le moyen d’arrêter le vieillissement: «Au début des années 1960, deux scientifiques américains ont suivi l’évolution des cellules qui, depuis le tout premier stade embryonnaire, se divisent et se spécialisent en cellules de peau. Elles se reproduisent une fois, deux fois, trois fois… S’agencent en tissus, puis au bout de cinquante divisions en moyenne, elles ne se multiplient plus. Elles semblent programmées pour s’arrêter, comme des bougies qui s’éteignent une fois leur mèche consumée. La métaphore est pertinente: à la fin des années 1980, on a trouvé cette «mèche» biologique. Ce sont des morceaux d’ADN (appelés «télomères»), situés en bout du filament du chromosome de la cellule. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau de cette mèche est coupé par une enzyme. Quand il n’en reste plus, le processus s’arrête: la cellule ne se divise plus. Le tissu garde alors les mêmes cellules, il ne se régénère plus, il vieillit.» (3)

Justement le projet Sens (Strategies for Engineered Negligible Senescence (2002)) a pour but justement l’extension radicale de l’espérance de vie humaine. Le projet novateur Wilt prévoit d’étudier la réparation des télomères en interdisant la synthèse de télomérase. Pour David Gems, le vieillissement n’est pas la même chose que la mort. Le premier est un processus dont nous faisons l’expérience graduelle au fil de notre existence. Comment pourrait-on arrêter la machine du vieillissement? Joel de Rosnay cite le cas du chercheur anglais Aubrey de Grey de l’Université de Cambridge. Pour lui, un des droits inaliénables de l’homme est sa liberté de choisir de vivre aussi longtemps qu’il le souhaite. Étape par étape, la vie humaine pourrait être selon lui prolongée pratiquement indéfiniment. Il propose par exemple de régénérer les cellules qui ne se renouvellent pas grâce à des cellules embryonnaires régulièrement transfusées, d’éliminer les cellules indésirables (cellules de graisse ou cellules vieillissantes), de protéger les quinze gènes de l’ADN des mitochondries en les plaçant dans le noyau des cellules..» (3)

Dans un livre intitulé : «  La Mort de la mort », le docteur Laurent Alexandre, attire l’attention sur l’effondrement du coût du séquençage génétique chez l’homme Selon lui, «la perspective d’une espérance de vie de 200 ans à la fin de ce siècle est peut-être une hypothèse conservatrice», voire «le premier homme qui vivra 1000 ans est peut-être déjà né!», ce qui rapproche sa position de celle d’Aubrey de Grey. S’il ne s’agit pas encore à proprement parler d’immortalité, les progrès prévisibles de la médecine pendant de telles périodes peuvent la laisser espérer, en tout cas techniquement. (…) Le biologiste Jean Rostand déclarait que «nous ne savons pas si l’homme est une fleur ou une chaise» et s’explique: la chaise est potentiellement éternelle dès lors qu’elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction.»(3)

Dans l’immédiat, Gordon Bell estime que l’on doit pouvoir stocker une très grande partie du vécu d’une personne sur un ou plusieurs téraoctets, et y avoir accès de façon directe par le procédé d’hyperliens imaginé par Vannevar Bush. (..) Le résultat de cette expérience est relaté dans le livre de Jim Gemmel et Gordon Bell intitulé Total Recall publié en janvier 2011. Sur cette base, les transhumanistes envisagent le téléchargement de la personnalité d’un individu sur un support numérique non biologique grâce au «mind up-loading»(1)

2045 : l’Homme sera immortel !!!

Telle est la promesse des trans-humanistes ! Pour Ray Kurzweil conseiller chez Google: si un neurone est remplacé par son équivalent fonctionnel, le comportement de l’individu va être en tous points semblable. En les remplaçant tous un par un, le résultat serait un individu complet, identique fonctionnellement au précédent, sous forme électronique. Pour Kurzweil, telle est la voie par laquelle l’homme a le plus de chances d’atteindre, sinon à l’immortalité, du moins à une espérance de prolongation de sa vie consciente d’un facteur 10, voire 100… (3)

« Dans une approche totalement opposée aux transplantations d’organes, la médecine régénérative cherche, en effet, à utiliser des cellules souches pour régénérer des organes in situ idéalement dans un parfait état de fraîcheur. Des progrès en ce sens ont été récompensés par un prix Nobel de médecine à Shinya Yamanaka et John Gurdon en 2012. Voilà, c’est dit, dans trente ans, l’Homme sera numériquement immortel. Reste juste à savoir à quoi cela servira, les risques que cela engendrera et surtout, à qui cela s’adressera… Télécharger la totalité de son esprit vers un ordinateur, ce sera possible d’ici 2045 d’après Ray Kurzweil, Google Engineering Director. C’est du moins ce qu’il a annoncé en juin dernier lors du Global Furures 2045 International Congress à New York. Manifestation organisée par un milliardaire Russe (Dimitry Itskov) et qui avait pour but de présenter le monde de 2045 » (4).

« Durant ce congrès, il a été indiqué que l’Humanité connaîtrait dans les années à venir, une croissance technologique totalement nouvelle et largement supérieure à celle que l’on connaît aujourd’hui plus connue sous le nom de «Singularité Technologique». Ce concept tend à l’immortalité digitale, en conservant l’intelligence et le cerveau de l’Homme pour l’éternité. L’Homme a rendu indispensable les nouvelles technologies à sa vie. Kurzweil explique que «nous allons devenir de plus en plus «non-biologiques», au point où les parties non-biologiques domineront et que les parties biologiques ne seront plus importantes. En fait, la partie machine, sera si puissante, qu’elle pourra totalement modeler et comprendre la partie biologique. Du coup, même si cette partie biologique était retirée, cela ne ferait aucune différence. (…) Nous aurons également des corps non biologiques – nous pouvons créer des corps virtuels et une réalité virtuelle aussi réaliste que la réalité réelle. Nous serons donc capables de changer de façon routinière de corps, mais aussi d’environnement, très rapidement. (4)

Bienvenue dans le monde post-humain!  Charles de Gaulle avait coutume de dire que la « vieillesse est un naufrage ». Comment alors sauver l’homme pour qu’il s’éteigne  « en beauté » Avons-nous alors besoin et toujours des religions ? c’est même religions qui ont abdiqué leur responsabilité face à une science conquérante et dont les barrières éthiques ont sauté ; Si oui, il nous faudra redéfinir le fait religieux absolu quelque soit la spiritualité réinstaller des barrières acceptées par tous et par toutes qui respecteront le sacré de la dignité humaine et devront en définitive de l’accompagner durant son parcours sur terre  en lui permettant la sérénité  au seuil du déclin. Il manque toujours du temps à ceux qui en ont de moins en moins avec l’âge.  On prête à Alexandre Le Grand , le grand conquérant mort à l’âge de 37 ans cette  tirade concernant l’inanité de l’acharnement thérapeutique, de la position sociale, plus ou moins aisée devant l’inéluctabilité du sablier :

« Je veux, dit-il, que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n’ont pas le pouvoir de guérir…Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas… – Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: le temps.»

Merci au Professeur Chems eddine Chitour de l’Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Sources :

1. L’immortalité Encyclopédie Wikipédia
2. http://www.atlantico.fr/decryptage/vieillissement-arrete-souris-pas-plus-vers-immortalite-christophe-jaeger-935691.html26
3. http://www.atlantico.fr/decryptage/immortalite-en-vue-comment-interpreter-dernieres-decouvertes-maniere-dont-mort-empare-progressivement-corps-david-gems-joel-rosn-802152.html
(4) http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2045-l-homme-sera-immortel-147343
http://www.mondialisation.ca/limmortalite-ce-que-promet-la-science-prometheenne/5368068?__scoop_post=32bf0e10-7a58-11e4-d5b4-90b11c3998fc&__scoop_topic=2634562#__scoop_post=32bf0e10-7a58-11e4-d5b4-90b11c3998fc&__scoop_topic=2634562

Pour citer cet article : "Immortalité et science prométhéenne !," in Laure Pouliquen Officiel, 04/02/2017, https://laurepouliquen.fr/immortalite-et-science-prometheenne/,Laure POULIQUEN.

 

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Une capsule révolutionnaire développée par Google X Lab vous préviendra dès l’apparition d’une maladie dans votre organisme

Une capsule révolutionnaire développée par Google X Lab vous préviendra dès l’apparition d’une maladie dans votre organisme

Dans le Google X Lab, son complexe top secret, Google planche sur des inventions futuristes et révolutionnaires.

Le géant du multimédia Google étend encore un peu plus son empire. C’est dans le secteur de la médecine que la société s’illustre désormais, en développant une pilule capable de détecter les premiers signes de cancer, de crise cardiaque ou d’autres maladies. Vous serez bientôt gardé(e) en bonne santé à l’aide d’une simple capsule magnétique !

Google est actuellement en train de réaliser une pilule minuscule capable d’identifier vos maladies avant qu’elles ne deviennent un problème. Cet appareil contient des particules magnétiques à peu près 10 000 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu humain. Elles possèdent des anticorps et des protéines qui peuvent détecter la présence de molécules « biomarquées » à l’intérieur du corps, celles qui indiquent par exemple un cancer ou une attaque imminente. « L’idée est simple. Vous avalez la pilule et c’est tout », explique Andrew Condrad, chef du département sciences au laboratoire de recherche [inlinetweet prefix= »Google X Lab » tweeter= »Google X Lab » suffix= »Google « ]Google X Lab[/inlinetweet]. « Elle voyage ensuite à travers votre corps et vu que les noyaux des particules sont magnétiques, vous pouvez leur demander n’importe quand ce qu’elles voient. »

Andrew estime que ces particules fonctionnent de la même manière que si l’on envoyait des milliers de médecins à l’intérieur d’une ville pour qu’ils visitent un à un les patients et diagnostiquer leurs problèmes. « Si vous regardez votre poignet, vous pouvez voir les veines les plus proches de la peau. En posant un aimant à cet endroit, vous pouvez piéger les nanoparticules. » L’appareil qui se porte au poignet fonctionne comme une montre connectée et sert à lire en permanence ce que les particules ont détecté au cours de leur voyage dans votre circuit sanguin. « On leur demande : qu’avez-vous vu ? Avez-vous trouvé un cancer ? Avez-vous vu quelque chose ressemblant à une zone fragile prédisant une attaque cardiaque ? Avez-vous vu un taux élevé de sodium ? »

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Crédit Photo : http://www.nanobusiness.fi/

Le système, connu sous le nom de « plateforme à nanoparticules » est la dernière percée de Google dans le marché très lucratif de la santé, qui représente environ 10 % du budget dépensé par les différentes nations. En France, la santé s’est élevée à 175 milliards d’euros. C’est un pas qui s’éloigne de la médecine réactive, celle qui traite les maladies une fois qu’elles sont devenues assez sérieuses pour causer des symptômes aux patients, les poussant à se rendre chez le docteur. C’est donc un pas vers la médecine préventive, qui agit bien plus tôt, réduisant grandement les risques. Cette nouvelle méthode de prédiction va nécessiter de nouvelles façons de surveiller la santé normale des individus de telle sorte que les changements, même mineurs, puissent être détectés. La ligne d’action de Google va dans ce sens.

Pour le moment, les travaux en sont à leurs débuts. Les chercheurs n’ont pas encore découvert combien de nanoparticules seraient requises pour rendre ce système efficace. Il reste également à développer la couche de protection qui permettra à ces minuscules sondes de se lier à des cellules pour détecter les problèmes. La nouvelle a été rendue publique pour que Google trouve des partenaires afin de pousser la technologie plus loin. Andrew assure que la société américaine ne dirigerait pas la technologie et n’aurait pas accès aux données des patients récoltées par les particules. Une déclaration rassurante au vu des polémiques qui ont ébranlé la marque ces derniers temps. Seuls les médecins, les hôpitaux et les entreprises d’équipement médical pourraient utiliser ces pilules.

Les nanotechnologies représentent un nouveau champ de recherche au sein de la médecine. Elle promet de garantir la santé des patients mais comporte également des risques pour l’individu et l’environnement si ce n’est pas bien contrôlé. Cela pourrait avoir des conséquences involontaires sur le corps et même au-delà. Les applications médicales liées aux nouvelles techniques de diagnostic sont très régulées et Google pourrait se retrouver face à de sérieux casse-têtes pour prouver la sécurité et l’efficacité de sa plateforme à nanoparticules. En admettant qu’une société médicale souhaite utiliser la technologie, il ne faut pas attendre à voir ces pilules dans nos vaisseaux sanguins avant 5 ans. Ce n’est pas sans espoir pourtant, car l’une des précédentes innovations du Google X Lab, une lentille capable de contrôler le diabète, a été autorisée en juillet 2014.

Le projet de pilule intelligente est vraiment impressionnant ! Bravo aux scientifiques qui travaillent sur cette innovation sans précédent. A la rédaction, certains sont impatients de tester ce produit tandis que d’autres ont un peu peur d’abriter dans leur corps une myriade de petits objets électroniques. Toutefois, on ne peut s’empêcher d’imaginer l’homme du futur toujours en pleine forme et jamais malade, protégé par ces particules. Ça fait rêver ! Seriez-vous prêt à utiliser cette pilule intelligente si elle vous prévient du moindre développement de maladie dans votre organisme ?

TRISTAN BLANCHARD
SOURCE :  THE GUARDIAN et  Dailygeekshow.com/
Pour citer cet article : "Une capsule révolutionnaire développée par Google X Lab vous préviendra dès l’apparition d’une maladie dans votre organisme," in Laure Pouliquen Officiel, 03/11/2016, https://laurepouliquen.fr/une-capsule-revolutionnaire-developpee-par-google-x-lab-vous-previendra-des-lapparition-dune-maladie-dans-votre-organisme/,Laure POULIQUEN.

 

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Google vous aide à diagnostiquer votre maladie

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Le moteur de recherche affichera les causes qui pourraient être liées à des symptômes, ainsi que des pistes de traitement en automédication.

Les médecins vont-ils prendre Google en grippe ?

Dans les prochaines semaines, le moteur de recherche affichera des informations médicales détaillées lorsqu’un internaute cherchera à se renseigner sur des symptômes.

Si une personne tape, par exemple, «mal de tête d’un seul côté», Google affichera les causes probables ou les possibilités de traitement en automédication. Il indiquera s’il est nécessaire ou non de consulter un médecin. Le contenu de ces fiches médicales a été conçu en collaboration avec des médecins de la Havard Medical School et de la Mayo Clinic.

«Environ 1% des recherches sur Google est lié à des symptômes médicaux,explique Google dans un billet de blog publié lundi. Mais les contenus liés à la santé sur le Web peuvent être difficiles à appréhender et tendent à effrayer les gens aux symptômes bénins, ce qui peut créer une anxiété et un stress superflu

Ce service est uniquement lancé en langue anglaise aux États-Unis. Il devrait être, à terme, déployé dans d’autres pays. En France, il pourrait concurrencer des sites ou des forums spécialisés comme Doctissimo ou TopSanté, souvent consultés dès l’apparition de symptômes, mais jugés peu fiables par les professionnels de santé.

Comme leurs patients, les médecins généralistes ne semblent pas bouder le moteur de recherche: 96% d’entre eux l’utilisent pour trouver des informations médicales ou mettre à jour leur connaissances.

Google, le médecin malgré lui

Google permettrait de prédire les maladies ou les épidémies à travers les requêtes des internautes, selon une étude de l’université australienne de Deakin publiée en avril 2015. Ces requêtes aideraient à prédire les risques d’accidents vasculaires, de maladies cardiaques ou de cancers. Une personne voulant se renseigner sur les horaires d’ouverture d’un club de sport a plus de chances d’être en bonne forme qu’une personne recherchant les horaires d’ouverture d’un fast-food. Ces données sont comparées avec celles du Center for Disease Control, l’organisme américain de contrôle des épidémies.

Le moteur de recherche aiderait aussi à prévenir les épidémies: plus on cherche à se renseigner sur un symptôme dans une zone donnée, plus le risque d’y voir apparaître une épidémie augmente. Du moins en principe. Car le système prédictif de Google avait sous-estimé l’épidémie de grippe aviaire H5N1 en 2009 et avait, au contraire, surestimé la grippe saisonnière de 2012-2013 aux États-Unis. Ce manque de fiabilité, qui a pu induire en erreur les citoyens et les autorités sanitaires, a conduit à l’arrêt en 2015 de Google Flu Trends, le système d’analyse des requêtes saisies par les internautes.

[x_image type= »rounded » float= »none » src= »https://laurepouliquen.fr/wp-content/uploads/2016/08/GOOGLE_DIAGNOSTIC.jpg » alt= »Google Diagnostics » title= »Google Diagnostics » info= »tooltip » info_place= »top » info_trigger= »hover » lightbox_caption= »Google Diagnostics »]

La santé, nouvel eldorado de Google

[x_blockquote type= »centre »]Le géant du numérique cherche à faire évoluer la médecine actuelle vers une médecine plus préventive grâce à la technologie. Dès 2008, il a créé Google Health, un service d’archivage de dossiers médicaux qui a fermé quatre ans plus tard faute d’utilisateurs.[/x_blockquote]En 2014, la firme a testé un service de consultation médicale par webcam. En septembre dernier, l’entreprise a lancé sa propre encyclopédie médicale recensant les symptômes et les traitements de près de 9000 maladies.

Depuis plus d’un mois, Google analyse les données des patients de trois hôpitaux londoniens au moyen de l’intelligence artificielle. Une initiative qui inquiète les défenseurs de la vie privée, qui craignent pour la confidentialité des données médicales. La puissante firme doit affronter l’appétit d’autres acteurs du numérique.

IBM a annoncé ce mardi avoir investi 4 milliards de dollars dans sa nouvelle division santé pour contrer les ambitions de Google.

source : LeFigaro.fr

Pour citer cet article : "Google vous aide à diagnostiquer votre maladie," in Laure Pouliquen Officiel, 22/08/2016, https://laurepouliquen.fr/google-aide-a-diagnostiquer-maladie/,Laure POULIQUEN.

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Pour le Laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook l’analyse des images est cruciale

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Le Français Yann LeCun, professeur à l’université de New-York, dirige le laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook, qui invente le réseau social de demain.

A quoi ressemble le « Facebook IA research » ?

Il regroupe actuellement une vingtaine de personnes, et nous comptons bien en avoir une centaine à terme. Les trois quarts d’entre eux sont chercheurs, les autres, ingénieurs de haut niveau, ce qui permet un transfert de technologies de très haute qualité. Cela dit, nous faisons avant tout de la recherche fondamentale en intelligence artificielle. Mark Zuckerberg a annoncé que Facebook y investirait plusieurs centaines de millions de dollars dans les années qui viennent. Nous publions nos travaux comme n’importe quel labo et tout le monde peut utiliser nos méthodes. Et nous travaillons sur des domaines qui intéressent particulièrement le réseau social que nous sommes : la compréhension de texte, l’analyse d’images, de vidéos et les interactions sociales.

Pour quelle raison un réseau social a-t-il besoin d’intelligence artificielle ?

Facebook compte aujourd’hui 1,3 milliard d’utilisateurs. 800 millions d’entre eux se connectent tous les jours, pendant une quarantaine de minutes en moyenne. Et chacun pourrait voir 2 000 éléments d’informations par jour, postées par des amis ou à caractère commercial.
Personne n’a le temps de le faire, évidemment. Donc il faut faire une sélection et savoir ce qui serait intéressant pour chaque utilisateur, que ce soit du texte ou de l’image. C’est le problème principal de Facebook : faciliter la communication entre les gens, faire remonter les informations pertinentes.

Et c’est là que l’intelligence artificielle s’avère utile ?

Oui. Beaucoup de compagnies font ce type de sélection. Amazon, par exemple, le fait pour proposer des produits à acheter ou vous montrer des pages que vous avez visitées. Les technologies qui le permettent existent depuis longtemps mais ne sont pas très futées car assez peu d’entre elles analysent vraiment le contenu des informations. Si vous entrez « baleine bleue » dans le moteur de recherche de Google, par exemple, il va montrer des images de baleine bleue. Jusqu’à très récemment, Google n’avait pas de système automatique d’analyse d’image pour repérer les images pertinentes : en gros, cette image de baleine avait été montrée à des milliers de gens et comme ces derniers avaient cliqué sur elle quand ils cherchaient une baleine bleue, elle avait été repérée comme telle. Depuis quelques années, les technologies de « deep learning » ou apprentissage profond permettent aux machines de regarder les images et de savoir s’il y a véritablement une baleine bleue dans l’image, même si l’image vient d’apparaître surleweb et que personne n’a encore cliqué dessus.

Qu’est-ce que l’apprentissage profond ?

C’est une série de technique qui permettent à des machines de reconnaître de la parole, du texte ou des images, ou de comprendre du texte ; tout en nécessitant très peu de travail de conception préalable. On dit « profond », car ces systèmes sont constitués de nombreuses couches successives qui transforment progressivement l’information de bas niveau (les pixels d’une image) en niveau intermédiaire (les motifs dans l’image) puis en concepts de haut niveau (y a-t-il une baleine bleue ?)

Retrouvez l’interview complète de Yann LeCun dans les Dossiers de La Recherche  Propos recueillis par Sophie Coisne, Gautier Cariou, Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, a bien compris tous les avantages qu’il pouvait tirer de l’intelligence artificielle sur son réseau social, lequel brasse une masse impressionnante de données. Données qui ont besoin d’être identifiées, exploitées et monétisées. Le cœur de l’activité de la firme américaine.
Voir aussi : https://research.facebook.com/

Pour citer cet article : "Pour le Laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook l’analyse des images est cruciale," in Laure Pouliquen Officiel, 08/11/2015, https://laurepouliquen.fr/pour-le-laboratoire-dintelligence-artificielle-de-facebook-lanalyse-des-images-est-cruciale/,Laure POULIQUEN.

 

Google devrait fabriquer un processeur quantique

Google devrait fabriquer un processeur quantique

Processeur Quantique : Google devrait fabriquer un processeur quantique

L’équipe Quantum Artificial Intelligence de Google a annoncé lancer une initiative pour concevoir et fabriquer de nouveaux processeurs quantiques basés sur des supraconducteurs. Google travaillera en collaboration avec le chercheur John Martinis et son équipe à l’université de Santa Barbara. John Martinis est un pionner dans ce domaine, et il vient d’être récompensé par le Prix London pour ses travaux.

Par ailleurs Google continuera de travailler avec les scientifiques du projet D-Wave pour expérimenter avec « Vesuvius », la machine de la NASA qui sera bientôt upgradée avec un processeur à 1000 qubits, nom de code Washington. Un circuit quantique à supraconducteur avec 5 qubits Xmon placés dans un tableau linéaire.

Google va réaliser un saut quantique en matière d’ordinateurs quantiques. Associé jusqu’à présent avec la NASA et l’USRA au sein du Quantum Artificial Intelligence Lab, le géant américain partageait son accès à un ordinateur quantique.

La firme de Mountain View a décidé de ne plus partager et va donc concevoir et construire un nouvel ordinateur grâce au professeur John Martinis, de l’université de Californie Santa Barbara, et à ses équipes. Le chercheur, qui restera lié à l’université pionnière dans le domaine, dirigera l’équipe Quantum Artificial Intelligence au sein de Google. Elle sera chargée de développer de nouveaux processeurs quantiques reposant sur des supraconducteurs de haute qualité

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« Avec un groupe intégré chargé du matériel, l’équipe de Quantum IA sera maintenant capable d’implémenter et de tester de nouveaux designs pour l’optimisation quantique. Elle pourra également concevoir les processeurs en prenant en compte les derniers progrès théoriques, ainsi que ce que nous avons appris du D-Wave », un ordinateur quantique sur lequel Google a misé avant même de savoir s’il servirait à quelque chose ou fonctionnerait même.

Depuis quelque temps, Google accélère ses investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle. Un secteur qui se trouve au cœur de nombreux projets, qu’il s’agisse de la recherche Web traditionnelle pour laquelle Larry Page estime qu’il y a encore beaucoup à faire ou de soutenir des moon shots, comme les Google Cars ou les robots. Ce nouvel effort fait également écho au rachat en janvier dernier de la société DeepMind, spécialisée dans l’intelligence artificielle.

Aucune somme sur l’investissement concédé pour cette opération n’est pour l’instant communiquée.

 Sources :  http://web.physics.ucsb.edu et http://www.01net.com/

Pour citer cet article : "Google devrait fabriquer un processeur quantique," in Laure Pouliquen Officiel, 06/12/2014, https://laurepouliquen.fr/google-devrait-fabriquer-un-processeur-quantique/,Laure POULIQUEN.

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