Secrets de Longévité

Secrets de Longévité

Épargnés par le cancer, le diabète et Alzheimer, des hommes et des femmes de petite taille intriguent les chercheurs qui tentent de repousser les maladies survenant avec l’âge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une captivante enquête sur les mécanismes du vieillissement par les réalisateurs de Mâles en péril.Dans une vallée reculée du sud de l’Équateur, le docteur Jaime Guevara rencontre un jour une population d’hommes et de femmes de petite taille, 1 mètre 20 en moyenne, et observe qu’ils n’ont ni le diabète ni le cancer. Il publie ses observations mais personne ne le croit… Valter Longo, lui, dirige des recherches sur le vieillissement à l’université de Los Angeles.

 

Son but : repousser les limites de la longévité.

Il étudie notamment une levure qui vit dix fois plus longtemps que la normale. Rapporté à l’homme, cela équivaudrait à huit cent années supplémentaires… Les routes de ces deux hommes vont se croiser – c’est le début d’une grande aventure scientifique.

 

Par quels mécanismes les petits hommes équatoriens sont-ils protégés de certains maux ? De Quito à Los Angeles, en passant par Tel-Aviv, le film suit pas à pas le cheminement d’une recherche révolutionnaire pour la compréhension et la prévention de maladies comme le cancer. Et dessine en pointillé les voies pour vivre en bonne santé… le plus longtemps possible.
Réalisateurs : Sylvie Gilman, Thierry De Lestrade, Producteurs : VIA DÉCOUVERTES, ARTE FRANCE

 

Pour citer cet article : "Secrets de Longévité," in Laure Pouliquen Officiel, 06/04/2017, https://laurepouliquen.fr/secrets-de-longevite/,Laure POULIQUEN.

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Immortalité et science prométhéenne !

Immortalité et science prométhéenne !

«Ce qui a été renaît» (palin ginetaï)  Pythagore (mathématicien et philosophe grec)

Un film vu à la chaîne NRJ 12 raconte comment un scientifique, le docteur Jeykill a ramené à la vie des dinosaures disparus il y a 60 millions d’années. Dans son plaidoyer le scientifique fait l’apologie de la science qui peut tout faire, notamment dans la «réparation de l’homme». D’une façon spectaculaire, la caméra nous le montre d’abord paraplégique et ensuite, reprenant l’usage de ses jambes. Le scénario débouche sur une perte de contrôle de la renaissance des dinosaures qui envahissent la ville semant la terreur et la mort. L’immortalité est une utopie, un Graal qui a bercé l’espoir de générations d’humains et notamment de scientifiques. Comment en effet, redonner la vie à un être inanimé ?

L’Encyclopédie Wikipédia donne une définition : «L’immortalité désigne le fait pour un être vivant d’échapper à la mort et de rester vivant pour une période de temps indéfinie, voire éternelle. Selon les points de vue, l’immortalité peut concerner l’âme, le corps ou encore les deux. Les hommes de Cro-magnon et même de Néandertal enterraient leurs morts avec des fleurs ou des outils1 et la présence d’ocre dans leurs sépultures a été constatée. Même si cette thèse a été exposée, rien ne permet de déterminer si ces objets étaient placés là en pensant à un éventuel au-delà ou bien s’il s’agissait plus simplement de marques posthumes d’affection au même titre que nous fleurissons les tombes de nos morts.» (1)

«Une des plus anciennes mentions de l’immortalité (amrita) (entre 5000 et 1500 av. J.C.) se trouve dans le 10e mandala du Rig Veda. L’Égypte des pharaons avait pour sa part son Osiris, pesant le bien et le mal de la vie du mort pour déterminer où l’orienter. Les briques ayant servi à construire la tour de Babel aux vie siècle av. J.-C. portent l’inscription suivante, qui était gravée dans leur moule: «J’ai, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle.» Dans le même ordre, l’Épopée de Gilgamesh décrit la quête d’un héros recherchant l’immortalité suite à la mort de son ami Enkidu. Il ne l’obtiendra pas, seuls les dieux étant immortels, et sera condamné à mourir lui aussi, et à se coucher dans le sommeil de la mort.» (1)

Immortalité de l’âme et traditions religieuses

D’après le philologue Ernest Renan, la majorité du peuple hébreu adore le Dieu de ses pères sans espérer la moindre récompense dans l’au-delà, ni même l’existence d’un au-delà. S’il n’est certes pas pour autant interdit d’y croire, non plus qu’à une résurrection physique (vision de Daniel Chapitre 12), la religion elle-même ne s’engage pas à ce sujet. L’Ecclésiaste, par exemple, déclare que les morts ne voient rien et ne sentent rien. Les Pharisiens croient cependant plus tard à l’immortalité de l’âme, selon l’historien Flavius Josèphe. Le Moyen Âge européen et byzantin s’aligne sur le symbole de Nicée (premier Credo, établi par le concile de Nicée en 325 – modifié par la suite) qui mentionne «Je crois à la résurrection de la chair». Au moins depuis l’Égypte des pharaons, de nombreuses religions envisagent une vie post-mortem dont les conditions dépendraient d’un jugement divin, et qui compenserait les injustices commises ou subies pendant la vie terrestre. (…) Le bouddhisme envisage un cycle de naissance, de mort et de renaissance agissant en fonction des actions d’un individu. Ce cycle (samsara) étant jugé pénible, lassant et ne menant à rien, le sage vise à s’en extraire pour rejoindre le nirvana, qui est l’état de non-besoin.» (1)

 «Le christianisme introduit un concept de vie post-mortem différent: la résurrection des corps, en harmonie d’ailleurs avec la vision d’Ezéchiel d’hommes se reconstituant à partir de leurs ossements. La séquence post-mortem est complexe: jugement particulier, jugement dernier, paradis, enfer, purgatoire introduit par la suite en considération des fautes vénielles ne méritant pas un châtiment éternel, mais devant néanmoins être punies, limbes pour les enfants morts sans baptême.» (1) Le paradis musulman est décrit comme un lieu agréable (3.15). «Pour les pieux, il y a auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement»; 29.58. «Ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres, Nous les installerons certes à l´étage dans le Paradis sous lequel coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement.» 47.15. L’enfer est décrit comme un lieu de torture» (1)

Le pape Benoît XVI supprimera le purgatoire dans les années 2000, ainsi une croyance qui a duré près de 17 siècles après le Concile de Nicée n’a plus d’assise, Dans l’au-delà c’est ou bien l’enfer ou bien le paradis, il n’y a plus de probation. Qu’en est-il d’une immortalité différente: la résurrection? Elle est considérée comme une preuve d’immortalité. Mieux dans certaines religions asiatiques, l’âme migre d’une enveloppe à une autre (transmigration des âmes) qui peut même être une métempsycose, c’est-à-dire le déplacement de l’âme, le transvasement d’une âme dans un autre corps, qu’elle va animer. La transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l’humain (réincarnation) mais encore dans les bêtes ou les plantes.

L’immortalité par l’ingénierie biologique

Les arbres les plus vieux du monde peuvent espérer vivre durant cinq millénaires individuellement. L’animal le plus âgé dépasse les 400 années. L’être humain a officiellement dépassé les 120 ans. Une méduse Turritopsis nutricula échapperait au vieillissement des cellules. On dit même que le homard ne peut mourir que par prédation.

Pour vaincre la mort et être immortel, il faut être en bonne santé. Cette lapalissade, n’en n’est pas une car le destin (le mektoub en arabe) est inscrit dans nos cellules qui sont programmées pour une durée de vie moyenne. Cependant, les formes biologiques ont des limites que l’homme rêve de dépasser par des interventions médicales, ou d’ingénierie, ou encore un rajeunissement cellulaire ou reprogrammation cellulaire. Il existe en effet des êtres vivants dont la structure biologique très simple et le mode de reproduction particulier, permettent de les considérer comme immortels. Du plus simple au plus complexe incluant les bactéries, certains types de levures, l’Hydre et certaines méduses très primitives comme Turritopsis nutricula ou Turritopsis dohrnii qui est actuellement le seul être pluricellulaire connu ayant un cycle de vie réversible ».(2)

Arrêter le vieillissement : l’immortalité en vue?

Les résultats d’une étude du professeur David Sinclair, généticien à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, et des chercheurs de Harvard relancent les fantasmes d’immortalité. Ils ont réussi à inverser le processus de vieillissement de souris. En effet, ils ont augmenté la dose d’une molécule, le nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), permettant de rajeunir les muscles des cobayes. Pour Christophe de Jaeger, le NAD est un coenzyme qui, lorsqu’il diminue en concentration dans la mitochondrie (centrale énergétique des cellules permettant de fabriquer de l’ATP, ou adénosine triphosphate), provoque comme un manque d’oxygène chez la cellule. Le mécanisme énergétique s’altérant, la mitochondrie mime le vieillissement. En rajoutant du NAD, vous allez lui redonner sa capacité de reproduire l’énergie nécessaire. Cela équivaut à décrasser le carburateur. (…) Ce mécanisme est très similaire chez l’humain, avec tout de même des différences ».(2)

Les gens à qui l’on donne du NAD voient leur performance musculaire s’améliorer, de même que, et surtout, leur capacité à récupérer. (…) Dans les 25-30 ans à venir on va peut-être pouvoir agir directement sur le génome et fermer cet interrupteur qui fait démarrer le vieillissement autour de 18-20 ans. Et à ce moment-là on aura une auto-réparation de notre corps. On aura atteint le stade du longévisme.» (2)

Pour le professeur David Gems, professeur qui enseigne la biologie du vieillissement à l’University College London (UCL): «La grande question est: qu’est-ce que le vieillissement? Il s’agit d’un mystère scientifique parmi les plus difficiles à élucider, et qui génère énormément de controverse.» Joel de Rosnay pense que «le processus de vieillissement reste inéluctable. Sur notre planète, la mort est nécessaire à la vie. Les atomes, les molécules, tout est recyclé. Si les vieux organismes ne mouraient pas, les nouveaux ne pourraient se développer». Pour sa part, analysant les causes de la mort, David Gems, ecrit que: «Chez l’homme, la mort peut trouver son origine dans une blessure, une infection ou un bus dans la figure. Lorsque l’on meurt de vieillesse, c’est à cause de l’une des maladies liées au processus.

Le vieillissement est une maladie en soi : si vous êtes touché par un AVC, qui laisse des séquelles sur votre cerveau, vous garderez un certain nombre de tissus morts: vous êtes donc un mélange de matière vivante et de matière morte. Comment la cohabitation se fait-elle? Que se passe-t-il si les cellules mortes causent la mort des autres cellules?»(3)

Comment freiner le vieillissement?

Joel de Rosnay explique comment les chercheurs pensaient avoir trouvé le moyen d’arrêter le vieillissement: «Au début des années 1960, deux scientifiques américains ont suivi l’évolution des cellules qui, depuis le tout premier stade embryonnaire, se divisent et se spécialisent en cellules de peau. Elles se reproduisent une fois, deux fois, trois fois… S’agencent en tissus, puis au bout de cinquante divisions en moyenne, elles ne se multiplient plus. Elles semblent programmées pour s’arrêter, comme des bougies qui s’éteignent une fois leur mèche consumée. La métaphore est pertinente: à la fin des années 1980, on a trouvé cette «mèche» biologique. Ce sont des morceaux d’ADN (appelés «télomères»), situés en bout du filament du chromosome de la cellule. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau de cette mèche est coupé par une enzyme. Quand il n’en reste plus, le processus s’arrête: la cellule ne se divise plus. Le tissu garde alors les mêmes cellules, il ne se régénère plus, il vieillit.» (3)

Justement le projet Sens (Strategies for Engineered Negligible Senescence (2002)) a pour but justement l’extension radicale de l’espérance de vie humaine. Le projet novateur Wilt prévoit d’étudier la réparation des télomères en interdisant la synthèse de télomérase. Pour David Gems, le vieillissement n’est pas la même chose que la mort. Le premier est un processus dont nous faisons l’expérience graduelle au fil de notre existence. Comment pourrait-on arrêter la machine du vieillissement? Joel de Rosnay cite le cas du chercheur anglais Aubrey de Grey de l’Université de Cambridge. Pour lui, un des droits inaliénables de l’homme est sa liberté de choisir de vivre aussi longtemps qu’il le souhaite. Étape par étape, la vie humaine pourrait être selon lui prolongée pratiquement indéfiniment. Il propose par exemple de régénérer les cellules qui ne se renouvellent pas grâce à des cellules embryonnaires régulièrement transfusées, d’éliminer les cellules indésirables (cellules de graisse ou cellules vieillissantes), de protéger les quinze gènes de l’ADN des mitochondries en les plaçant dans le noyau des cellules..» (3)

Dans un livre intitulé : «  La Mort de la mort », le docteur Laurent Alexandre, attire l’attention sur l’effondrement du coût du séquençage génétique chez l’homme Selon lui, «la perspective d’une espérance de vie de 200 ans à la fin de ce siècle est peut-être une hypothèse conservatrice», voire «le premier homme qui vivra 1000 ans est peut-être déjà né!», ce qui rapproche sa position de celle d’Aubrey de Grey. S’il ne s’agit pas encore à proprement parler d’immortalité, les progrès prévisibles de la médecine pendant de telles périodes peuvent la laisser espérer, en tout cas techniquement. (…) Le biologiste Jean Rostand déclarait que «nous ne savons pas si l’homme est une fleur ou une chaise» et s’explique: la chaise est potentiellement éternelle dès lors qu’elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction.»(3)

Dans l’immédiat, Gordon Bell estime que l’on doit pouvoir stocker une très grande partie du vécu d’une personne sur un ou plusieurs téraoctets, et y avoir accès de façon directe par le procédé d’hyperliens imaginé par Vannevar Bush. (..) Le résultat de cette expérience est relaté dans le livre de Jim Gemmel et Gordon Bell intitulé Total Recall publié en janvier 2011. Sur cette base, les transhumanistes envisagent le téléchargement de la personnalité d’un individu sur un support numérique non biologique grâce au «mind up-loading»(1)

2045 : l’Homme sera immortel !!!

Telle est la promesse des trans-humanistes ! Pour Ray Kurzweil conseiller chez Google: si un neurone est remplacé par son équivalent fonctionnel, le comportement de l’individu va être en tous points semblable. En les remplaçant tous un par un, le résultat serait un individu complet, identique fonctionnellement au précédent, sous forme électronique. Pour Kurzweil, telle est la voie par laquelle l’homme a le plus de chances d’atteindre, sinon à l’immortalité, du moins à une espérance de prolongation de sa vie consciente d’un facteur 10, voire 100… (3)

« Dans une approche totalement opposée aux transplantations d’organes, la médecine régénérative cherche, en effet, à utiliser des cellules souches pour régénérer des organes in situ idéalement dans un parfait état de fraîcheur. Des progrès en ce sens ont été récompensés par un prix Nobel de médecine à Shinya Yamanaka et John Gurdon en 2012. Voilà, c’est dit, dans trente ans, l’Homme sera numériquement immortel. Reste juste à savoir à quoi cela servira, les risques que cela engendrera et surtout, à qui cela s’adressera… Télécharger la totalité de son esprit vers un ordinateur, ce sera possible d’ici 2045 d’après Ray Kurzweil, Google Engineering Director. C’est du moins ce qu’il a annoncé en juin dernier lors du Global Furures 2045 International Congress à New York. Manifestation organisée par un milliardaire Russe (Dimitry Itskov) et qui avait pour but de présenter le monde de 2045 » (4).

« Durant ce congrès, il a été indiqué que l’Humanité connaîtrait dans les années à venir, une croissance technologique totalement nouvelle et largement supérieure à celle que l’on connaît aujourd’hui plus connue sous le nom de «Singularité Technologique». Ce concept tend à l’immortalité digitale, en conservant l’intelligence et le cerveau de l’Homme pour l’éternité. L’Homme a rendu indispensable les nouvelles technologies à sa vie. Kurzweil explique que «nous allons devenir de plus en plus «non-biologiques», au point où les parties non-biologiques domineront et que les parties biologiques ne seront plus importantes. En fait, la partie machine, sera si puissante, qu’elle pourra totalement modeler et comprendre la partie biologique. Du coup, même si cette partie biologique était retirée, cela ne ferait aucune différence. (…) Nous aurons également des corps non biologiques – nous pouvons créer des corps virtuels et une réalité virtuelle aussi réaliste que la réalité réelle. Nous serons donc capables de changer de façon routinière de corps, mais aussi d’environnement, très rapidement. (4)

Bienvenue dans le monde post-humain!  Charles de Gaulle avait coutume de dire que la « vieillesse est un naufrage ». Comment alors sauver l’homme pour qu’il s’éteigne  « en beauté » Avons-nous alors besoin et toujours des religions ? c’est même religions qui ont abdiqué leur responsabilité face à une science conquérante et dont les barrières éthiques ont sauté ; Si oui, il nous faudra redéfinir le fait religieux absolu quelque soit la spiritualité réinstaller des barrières acceptées par tous et par toutes qui respecteront le sacré de la dignité humaine et devront en définitive de l’accompagner durant son parcours sur terre  en lui permettant la sérénité  au seuil du déclin. Il manque toujours du temps à ceux qui en ont de moins en moins avec l’âge.  On prête à Alexandre Le Grand , le grand conquérant mort à l’âge de 37 ans cette  tirade concernant l’inanité de l’acharnement thérapeutique, de la position sociale, plus ou moins aisée devant l’inéluctabilité du sablier :

« Je veux, dit-il, que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n’ont pas le pouvoir de guérir…Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas… – Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: le temps.»

Merci au Professeur Chems eddine Chitour de l’Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Sources :

1. L’immortalité Encyclopédie Wikipédia
2. http://www.atlantico.fr/decryptage/vieillissement-arrete-souris-pas-plus-vers-immortalite-christophe-jaeger-935691.html26
3. http://www.atlantico.fr/decryptage/immortalite-en-vue-comment-interpreter-dernieres-decouvertes-maniere-dont-mort-empare-progressivement-corps-david-gems-joel-rosn-802152.html
(4) http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2045-l-homme-sera-immortel-147343
http://www.mondialisation.ca/limmortalite-ce-que-promet-la-science-prometheenne/5368068?__scoop_post=32bf0e10-7a58-11e4-d5b4-90b11c3998fc&__scoop_topic=2634562#__scoop_post=32bf0e10-7a58-11e4-d5b4-90b11c3998fc&__scoop_topic=2634562

Pour citer cet article : "Immortalité et science prométhéenne !," in Laure Pouliquen Officiel, 04/02/2017, https://laurepouliquen.fr/immortalite-et-science-prometheenne/,Laure POULIQUEN.

 
Au-delà de nos limites biologiques, Entretien avec Miroslav Radman

Au-delà de nos limites biologiques, Entretien avec Miroslav Radman

Au-delà de nos limites biologiques

Rêve ou cauchemar ? Depuis deux siècles, nous gagnons chaque année trois mois d’espérance de vie. Dans un avenir plus proche qu’on ne l’imagine, nous pourrons vivre cinquante, cent ans de plus. Discrètement, une équipe de chercheurs français a découvert les secrets de la longévité. Pour la première fois, celui qui la dirige nous raconte l’histoire de cette découverte qui va révolutionner l’humanité et relancer l’espoir de vaincre enfin le CANCER.

Miroslav Radman est l’un des papes de la biologie moléculaire, l’un des plus grands explorateurs des mécanismes de la réparation de l’ADN.

Professeur de biologie cellulaire à la faculté de médecine de l’université René-Descartes, membre depuis 2002 de l’Académie des sciences, grand prix Inserm 2003 de la recherche médicale, récompensé par une douzaine de prix scientifiques dont le prix européen FEMS André Lwoff 2011 pour ses contributions exceptionnelles en microbiologie, donnant des conférences dans le monde entier, publiant dans les plus grandes revues scientifiques internationales, ce Franco-Croate de 70 ans dirige également, à Split, un institut international des sciences de la vie. Vivre jusqu’à 150 ans en pleine forme, c’est ce que propose le chercheur Miroslav Radman. Fils d’un pêcheur croate, ce biologiste de 67 ans est convaincu qu’il est possible de prolonger la vie humaine en bonne santé, bien au-delà de ce qui est imaginable aujourd’hui. Souvent présenté comme un Christophe Colomb de la science, Miroslav Radman cherche là où les autres ne sont pas, et trouve sans savoir exactement ce qu’il cherche.

Pour lui la recherche scientifique relève d’une démarche artistique caractérisée par la créativité et la liberté d’esprit. Ayant découvert à 23 ans les principes de la mutagenèse, il en déduit quelques années plus tard une théorie sur le système de réparation de l’ADN, aujourd’hui dans tous les livres de biologie… A la recherche du secret de l’immortalité, il se passionne aujourd’hui pour l’étude des organismes ultra résistants dont une étrange bactérie : Deinococcus radiodurans, la bactérie du corned-beef, découverte en 1956 dans des conserves de viande stérilisées à coups de rayons gamma. Depuis que cette bactérie l’a mis sur le chemin d’un éventuel élixir de jouvence pour l’homme, le chercheur sollicite toutes les instances nationales et européennes de la recherche afin de trouver des financements pour poursuivre ses travaux. De l’Institut Necker où se trouve son laboratoire au Jardin des Plantes à Paris, Miroslav Radman nous invite à mieux comprendre ce projet à la fois fou et très sérieux :

« J’étudie comment la vie résiste aux changements en changeant elle-même, et cela concerne le vieillissement, le cancer, l’évolution des espèces » Miroslav Radman.

Production : Lucie Sarfaty

Pour citer cet article : "Au-delà de nos limites biologiques, Entretien avec Miroslav Radman," in Laure Pouliquen Officiel, 31/01/2017, https://laurepouliquen.fr/au-dela-de-nos-limites-biologiques-entretien-avec-miroslav-radman/,Laure POULIQUEN.

 

Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?

Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?

Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?

Filmé à TEDx Paris le 6 octobre 2012 à l’Olympia. Chirurgien et urologue de formation, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Hyperactif et pionnier d’internet, ce coureur de marathon est le co-fondateur, dans les années 90, de Doctissimo.fr.

Auteur en 2011 d’un essai intitulé « La mort de la mort », il s’intéresse aujourd’hui aux bouleversements que va connaître l’humanité conjointement aux progrès de la science en biotechnologie.

Pour citer cet article : "Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ?," in Laure Pouliquen Officiel, 02/11/2016, https://laurepouliquen.fr/le-recul-de-la-mort-limmortalite-a-breve-echeance/,Laure POULIQUEN.

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Les rêves d’immortalité du milliardaire Peter Thiel

Les rêves d’immortalité du milliardaire Peter Thiel

 Les rêves d’immortalité du milliardaire Peter Thiel

Peter Thiel, milliardaire libertarien et investisseur de premier rang dans la Silicon Valley, a 48 ans et 2,8 milliards d’euros.

Une fortune qui lui permet de tout acheter et de vivre comme un roi jusqu’à la fin de ses jours.

Logiquement pour quelqu’un qui peut potentiellement tout posséder, il s’intéresse à une des rares choses qu’il ne peut avoir : plus de temps.

L’obsession de Peter Thiel pour la régénération cellulaire et la lutte contre le vieillissement, et ses investissements dans des start-up dédiées à la cause, sont connues dans la Silicon Valley.

En 2014, il disait qu’il était « essentiellement contre » la mort et que, contrairement à tous ceux qui ont intégré le fait qu’ils mourront un jour, lui « préfère se battre contre ».

Habituellement peu médiatique, Thiel s’est décidé à l’être un peu plus ces derniers mois :

  • se révélant d’abord comme celui qui a financé, en sous-main, le procès qui a coulé le site Gawker. Ils avaient eu le malheur de révéler, il y a neuf ans, qu’il était gay ;
  • devenant délégué en faveur de la candidature de Donald Trump en Californie, avant de s’adresser à la convention républicaine avec un discours politique très attendu et qui s’avéra creux.

C’est peut-être en raison du regain d’attention autour de la personne de Thiel que le journaliste Jeff Bercovici a décidé de publier une interview datant d’il y a plus d’un an où il est question de biotechnologie, de méthodes anti-vieillissement, de mort et de vampirisme.

Peter-Thiel

Peter-Thiel

« S’il y a une chose qui excite vraiment Thiel, c’est la perspective de transfuser le sang de jeunes personnes dans ses propres veines », écrit-il.
Ça pourrait être un extrait d’un bouquin de science-fiction ou de la prochaine saison de la série Black Mirror. La phrase vient du portrait d’un homme extrêmement riche qui considère le rapport à la mort comme un rapport de force.
Le principe médical, appelé parabiose, est étudié depuis les années 1950 sur des souris et s’intéresse aux effets et conséquences de l’injection de plasma sanguin d’un sujet plus jeune dans les veines d’un sujet plus âgé.

peter-thiel

peter-thiel

« SANG FRAIS »

Lorsqu’il est interrogé sur cette potentielle fontaine de jouvence, Peter Thiel, dont le régime inclut déjà des pilules d’hormones de croissance, répond :

« Je ne suis pas convaincu que l’on ait trouvé la panacée. Il est possible qu’il existe un point individuel qui puisse fonctionner (…) Je regarde du côté de la parabiose, que je trouve très intéressante. »

Il trouve cette possibilité « intéressante », non pas comme une opportunité d’investissement, mais comme « un traitement de santé personnel », précise le journaliste, qui mentionne une compagnie de Silicon Valley, Ambrosia, autour de laquelle tournent le milliardaire et sa compagnie Thiel Capital.
La promesse d’un « sang frais » capable de ralentir, à défaut de stopper, le déclin de nos tissus usés par l’âge reste un mirage, comme nous le rappelions au début de l’été.
Malgré une traque de plus de dix ans, aucun composé unique du sang doté d’un pouvoir régénérant n’a encore été trouvé. Cela ne devrait pas empêcherPeter Thiel d’utiliser sa considérable fortune pour essayer de le faire, en Californie ou ailleurs.
Jeff Bercovici ajoute, comme pour nous rassurer, que l’on n’a pas encore complètement basculé dans la science-fiction dystopique, et que Thiel lui a assuré qu’il ne s’était pas (encore) injecté du sang humain pour tenter de devenir immortel.
Gawker n’a pas raté l’occasion de relayer l’anecdote sur son némésis, et de demander à quiconque aurait « plus de détails sur les tentatives de Peter Thiel pour vivre éternellement » d’entrer en contact avec eux. Ils rappellent aussi que leur prophétie sur le milliardaire qui a voulu les détruire il y a quelques mois semble se réaliser :

« Nous notions que la conclusion logique de la vision du monde dystopique de Thiel pourrait être une économie dans laquelle les riches, qui veulent vivre éternellement, subsistent avec le sang des pauvres, qui meurent à un âge normal. »

Par Luc Vinogradoff  LeMonde.fr

Pour citer cet article : "Les rêves d’immortalité du milliardaire Peter Thiel," in Laure Pouliquen Officiel, 15/08/2016, https://laurepouliquen.fr/les-reves-dimmortalite-du-milliardaire-peter-thiel/,Laure POULIQUEN.
A la recherche de l’immortalité

A la recherche de l’immortalité

A la recherche de l’immortalité

 Les travaux menés sur les cellules souches laissent, entre autres, espérer qu’on pourra réparer des organes chez des patients âgés.

Des chercheurs français ont réussi à « reprogrammer » des cellules âgées pour qu’elles rajeunissent. Une nouvelle piste qui permettra peut-être un jour de vivre éternellement…

Imaginez un monde où notre espérance de vie dépasserait les 120 ans, où les vieillards n’auraient plus la peau frippée et ne souffriraient plus d’arthrose ni de cataracte.

 Pure science-fiction?

 Pas certain. Car les progrès de la thérapie génique offrent des perspectives insoupçonnées de rajeunissement et de réparation d’organes vitaux. Des chercheurs français viennent ainsi de réussir ce que l’on pensait impossible : offrir à des cellules centenaires une cure de jouvence.

Des cellules centenaires rajeunies. Les chercheurs de l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier ont réussi, en laboratoire, à « manipuler le destin » de cellules âgées de plus de 100 ans. A ce stade ultime de vieillissement, elles ont épuisé leur capital et ne se reproduisent plus.

 Reprogrammées in vitro, ces vieilles cellules sont passées de l’état adulte au stade de cellules souches embryonnaires et ont ainsi retrouvé leur jeunesse
« Au passage, nous avons réussi à effacer toutes les marques de vieillissement », détaille le responsable des recherches, Jean-Marc Lemaître. Ces travaux ouvrent la voie à la réparation d’organes ou de tissus chez des patients âgés. « On pourra à terme reprogrammer des cellules issues du patient pour corriger des lésions, effacer des marques de vieillissement ou retarder des pathologies neurodégénératives liées à l’âge, ce qui permettra de vivre mieux et plus longtemps », souligne le chercheur.

La durée de vie d’une souris rallongée de 30%. La médecine régénérative s’appuie notamment sur des expériences pratiquées sur les animaux. Des chercheurs ont ainsi rallongé de 30% la vie d’une souris commune en manipulant ses gènes pour retarder son vieillissement.

Dans les années 1990, des chercheurs américains avaient réussi à accroître la durée de vie d’un ver en bloquant les gènes récepteurs des hormones de croissance. En d’autres termes, en l’empêchant de grandir. « De nombreuses recherches sont pratiquées sur certaines espèces comme l’hydre d’eau douce ou la salamandre, capables de se régénérer si on leur coupe une partie du corps, explique Jean-Marc Lemaître. On s’intéresse aussi aux capacités régénératives du poisson-zèbre, capable de reconstruire son cœur, même s’il a été blessé ou amputé. »

Cellules souches : l’arme antivieillissement.

Plus nous vieillissons, plus nos cellules se dégradent en perdant des morceaux d’ADN et moins nos tissus se renouvellent.

Des milliers de laboratoires travaillent donc à la fabrication de cellules souches, présentes dès les premiers jours de notre vie embryonnaire. Réintroduire ces cellules fraîches dans le corps fatigué d’un patient âgé ou malade permettrait de lutter contre certaines pathologies et d’agir comme « antirouille » sur certaines parties de son organisme.
En 2007, des chercheurs américains et japonais ont ainsi réussi à reprogrammer des cellules de peau humaine en cellules souches capables de régénérer n’importe quel tissu.
Le génie tissulaire permettra peut-être demain de faire repousser des morceaux de muscles ou de tendons. En 2009, le prix Nobel de médecine a récompensé trois chercheurs américains qui ont découvert une enzyme naturelle capable de réparer notre ADN.
source : LeParisien

 

Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité

Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité

* Miroslav RADMAN, ’un des plus grands spécialistes de l’ADN, est intervenu pour dispenser une conférence intitulée « Au-delà de nos limites biologiques : Augmenter la longévité en bonne santé »  lors du Séminaire organisé par l’ADNO (Président, Dr Dominique RUEFF, que je remercie ici au passage) le samedi 22 novembre 2014 à Paris, ayant pour thème « DE LA LONGÉVITÉ à L’ÉTERNITÉ », j’ai eu le plaisir de rencontrer ce scientifique, un homme charmant, doté d’une grande finesse d’esprit et d’une intelligence hors du commun, je ne manquerai pas de suivre avec grand intérêt l’évolution de ses précieuses recherches sur la longévité humaine [Laure POULIQUEN]

* Prolonger notre existence de cent ans, c’est le défi de Miroslav Radman, l’un des plus grands généticiens de la planète

« Ce matin, en vous levant, vous ne saviez pas que vous alliez vivre six heures de plus », nous lance d’entrée de jeu Miroslav Radman. Devant nos mines interloquées, le chercheur en génétique moléculaire enchaîne : « Sans que l’on sache pourquoi ni comment, l’espérance de vie de l’espèce humaine rallonge de six heures par jour. Et l’on peut accélérer le processus ! » Tignasse en bataille et faux air de Pedro Almodovar, le professeur Radman est l’un des plus grands spécialistes de l’ADN.
Dans son laboratoire parisien à la faculté de médecine de l’université René-Descartes à Paris, les microscopes électroniques sont alignés comme des batteries de canons sur le pont d’un navire. Ce fils de pêcheur croate, né à Split il y a soixante-sept ans, s’est mis en tête de percer le secret de l’immortalité. Pas moins ! Tel un Christophe Colomb de la science, Miroslav Radman explore la chimie du vieillissement en empruntant de nouvelles routes. Et ce qu’il a découvert pourrait bien révolutionner l’humanité. »J’ai appris à lire à 4 ans, en déchiffrant sur la coque le nom des bateaux qui rentraient au port. Aussitôt, je suis devenu un prince aux yeux de mes tantes illettrées. Je leur lisais les nouvelles dans le journal. » Courtisé par les plus prestigieuses universités américaines, c’est en France que ce surdoué a jeté l’ancre
Après trente ans de recherche au CNRS puis à l’Inserm, Miroslav Radman est convaincu d’avoir trouvé le chemin vers l’élixir de jouvence. « C’est en décortiquant une étrange bactérie que j’ai acquis la conviction qu’il devenait possible de prolonger la vie humaine, en bonne santé, bien au-delà de ce qui est imaginable aujourd’hui. » Une aventure que le biologiste, devenu lui-même immortel depuis qu’il est entré à l’Académie des sciences, raconte dans un livre vivifiant (1), dont Le Point publie en exclusivité les extraits.Cette bactérie qui recèlerait, comme une poignée d’autres bestioles microscopiques, l’arme contre le vieillissement, c’est la « bactérie du corned-beef » découverte en 1956 dans des conserves de viande stérilisées à coups de rayons gamma.

Une coriace capable de résister à des radiations 10 000 fois supérieures à la dose mortelle chez l’homme. Au point que certains se sont même demandé si Deinococcus radiodurans – c’est son nom scientifique – n’était pas venue de l’espace ! Ayant voyagé sur une météorite, elle aurait été irradiée et totalement desséchée, ce qui expliquerait sa phénoménale résistance à la déshydratation. « En plein désert, brûlée par les rayons du soleil, Deinococcus peut, grâce à une seule goutte de pluie, ressusciter des dizaines, peut-être des centaines d’années plus tard », s’enthousiasme le chercheur, dont les yeux pétillants accrochent le regard presque autant que son polo rose fuchsia.

 Quel est le secret de la bactérie du corned-beef ?

« À partir d’un état de mort clinique, elle ressuscite en s’autoréparant grâce à un jeu de deux copies de son génome. Si vous avez sous la main plusieurs puzzles identiques avec des pièces manquantes, vous pouvez en les utilisant tous en faire un qui soit complet. La difficulté est de remettre en ordre des centaines de fragments d’un génome pulvérisé par la radiation, ce que Deinococcus radiodurans parvient à faire en trois ou quatre heures », explique le biologiste en mimant l’opération de ses mains.

 Botte secrète

Les protéines mécanos qui rafistolent le puzzle sont à l’oeuvre dans tous les organismes vivants. Elles devraient donc normalement nous protéger contre la rouille moléculaire provoquée par les radicaux libres. Alors pourquoi ne font-elles pas le boulot chez nous ? « Le problème est que ces protéines sont aussi victimes de la corrosion et deviennent moins efficaces. » La botte secrète de Deinococcus, c’est un cocktail de molécules qui lui permet de blinder ses enzymes réparatrices contre la rouille moléculaire. »Nous disposons aussi d’une protection antioxydante – sans elle nous serions cramés avant même de pouvoir nous reproduire -, mais en quantité insuffisante pour vivre aussi longtemps que nous le souhaiterions. » Une fois les pièges antiradicaux identifiés, le professeur Radman envisage de tester dès que possible cet élixir chez la souris. « Ce sera le grain de sable qui viendra ralentir, sinon arrêter, le tic-tac de notre horloge biologique. 

Depuis deux ans, Miroslav Radman toque à la porte des instances nationales et européennes de la recherche en expliquant qu’il a besoin de 1 à 3 millions d’euros pour poursuivre ses travaux.

« Leur réponse ?

Le vieillissement est un processus très complexe, ce que vous dites est trop simple, ça ne peut pas marcher. Les scientifiques qui siègent dans les instances d’évaluation sont des ultra spécialistes, ils ne comprennent pas pourquoi, à 60 ans passés, je veux changer de sujet de recherche alors que je pourrais prospérer dans le domaine qui m’a fait connaître : la réparation de l’ADN. Le système est hostile aux scientifiques qui refusent de creuser dans le même trou !

C’est pour pallier « l’incompétence des instances d’évaluation responsable du déficit d’innovation en Europe » que Radman a créé à Split l’Institut méditerranéen pour les sciences de la vie, « une ONG qui cultive la liberté de la recherche ».

Chercher là où les autres ne cherchent pas, c’est ce qui intéresse par-dessus tout Miroslav Radman. Une habitude qui remonte à son adolescence, quand, embarqué comme rameur sur le bateau de son père, il partait pêcher dans les zones où les autres n’allaient pas. Plus tard, c’est ainsi qu’il remontera dans ses filets ses trois découvertes, qui figurent aujourd’hui dans les manuels de biologie. « Le dirigisme étouffe la science ; ce n’est pas aux politiques ni aux industriels de fixer un cap aux chercheurs, s’énerve celui qui a grandi dans l’ex-Yougoslavie de Tito. Chaque grande découverte est une surprise aussi pour son découvreur. C’est en partant vers l’Inde que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. »

 Nouveau défi

Mais, au fait, à quoi nous servirait de vivre cent cinquante ou cent quatre-vingts ans ? « Cela nous permettrait d’exploiter le fantastique potentiel de notre cerveau ! L’homme a surdéveloppé ses capacités cérébrales, au point qu’aujourd’hui nous mourons avant d’avoir fait fructifier, avec sagesse, tout ce que nous avons appris. La courte durée de vie de l’espèce humaine freine son évolution culturelle. »En attendant de mettre au point son élixir de jouvence, le chercheur planche sur un test qui permettrait, à partir de quelques gouttes de sang, de prédire le destin biologique de chaque individu.

 

« En connaissant le stade de vieillissement de nos cellules et de chacune de nos protéines, on pourrait essayer de mettre en oeuvre un programme de prévention personnalisé qui ralentisse la corrosion de l’organisme. » Un nouveau défi qui, pour Miroslav Radman, n’a rien d’insurmontable. « Quand, à un mille de la côte, mon père lançait la ligne de pêche par-dessus la barque, je devais maintenir l’embarcation exactement au même endroit, malgré les variations infinies des vitesses et des directions du vent et des courants. La complexité de cette tâche n’a jamais trouvé d’équivalent plus tard, même dans mes recherches scientifiques ! »1. Au-delà de nos limites biologiques, de Miroslav Radman, avec Daniel Carton (Plon, 168 p., 18,90 euros).

MIRO_RADMAN

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 Le club des immortels

Ses admirateurs l’appellent  » Conan la bactérie « , en hommage à son époustouflante robustesse. Exposée aux rayons ultraviolets du soleil, complètement déshydratée,Deinococcus radiodurans peut ressusciter à la première petite goutte de pluie. Tout aussi coriace, le rotifère bdelloïde, un animal microscopique aquatique, résiste aux radiations les plus extrêmes. Leur secret ? Un kit de survie incluant un jeu de copies du génome, des protéines blindées et un mécanisme performant de réparation de l’ADN. La palourde, championne du monde 410 ans, record de longévité animale. La bactérie qui ne meurt jamais  » Deinococcus radiodurans  » est quasi immortelle parce qu’elle arrive à s’autoréparer. Voici la manière dont elle s’y prend pour rafistoler son ADN. :

  • 1. Elle possède un jeu de copies dont elle se sert comme d’un stock de pièces détachées.
  • 2. Après irradiation, les chromosomes de la bactérie sont brisés en fragments d’ADN. Les extrémités de chaque fragment se transforment en extrémités simple brin.
  • 3. Chaque segment s’acoquine avec sa séquence complémentaire qu’il pioche dans un fragment intact provenant d’une autre copie du génome conservée par la bactérie. Le fragment d’ADN abîmé s’insère dans le fragment double brin intact.
  • 4. Tous les morceaux sont utilisés comme modèles et amorces pour initier la synthèse d’ADN.
  • 5. Les segments simple brin ainsi synthétisés se dissocient.
  • 6. Puis s’assemblent et forment des fragments d’ADN double brin.
  • 7.Le chromosome circulaire de la cellule se reconstitue. La synthèse des protéines est à nouveau opérationnelle : la cellule  » cliniquement morte  » refonctionne.

Miroslav Radman – Généticien – Chercheur – biologie moléculaire, Directeur de l’unité Inserm Génétique moléculaire, évolutive et médicale

 Trajectoire d’un surdoué

  • 1944 Naissance à Split, en Croatie.
  • 1966 Diplômé de la faculté des sciences de Zagreb.
  • 1969-1973 Post-doctorant au CNRS et à Harvard.
  • 1981 Professeur associé à l’université d’Orsay.
  • 1990 Directeur de recherche au CNRS.
  • 1992 Grand prix de l’Académie des sciences.
  • 1996 Prend la nationalité française.
  • 1998 Professeur à la faculté de médecine Necker et directeur de recherche à l’Inserm.
  • 2000 Grand prix de la National Academy of Sciences (Etats-Unis) et de l’Académie des sciences.
  • 2002 Entre à l’Académie des sciences.
  • 2003 Grand prix Inserm de la recherche médicale.

 

source : http://www.miroslavradman.com/fr/il-a-d-couvert-le-secret-de-la-long-vit/299
+ VIDÉO :http://www.amessi.org/au-dela-de-nos-limites-biologiques-entretien-avec-miroslav-radman
Pour citer cet article : "Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité," in Laure Pouliquen Officiel, 23/11/2014, https://laurepouliquen.fr/miroslav-radmanil-a-decouvert-le-secret-de-la-longevite/,Laure POULIQUEN.

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