Les addictions sont des pathologies cérébrales

Les addictions sont des pathologies cérébrales

Les addictions sont des pathologies cérébrales définies par une dépendance à une substance ou une activité, avec des conséquences délétères.

Les chercheurs tentent de mieux décrire les mécanismes impliqués dans l’apparition, le maintien et les rechutes des addictions. Ils essaient aussi d’identifier les facteurs de vulnérabilité individuels, sociétaux et environnementaux, pour une meilleure prévention et prise en charge.

Les addictions les plus répandues concernent le tabac (nicotine) et l’alcool. Viennent ensuite le cannabis et, loin derrière, les opiacés (héroïne, morphine), la cocaïne, les amphétamines et dérivés de synthèse. Il existe également des addictions liées à des activités (et non à des substances), comme les jeux d’argent, les jeux vidéo, lesexe ou encore les achats compulsifs.

Des substances plus ou moins addictives souvent testées à l’adolescence

Des dépendances peuvent survenir à tout moment de l’existence, mais la période de 15 à 25 ans est la plus propice à leur émergence. Le comportement à risque des adolescents et des jeunes adultes facilite en effet les premières expériences, et l’usage précoce de drogues expose à un risque accru d’apparition d’une addiction par la suite. Dans l’ensemble, les hommes sont plus souvent concernés par les addictions que les femmes.

Certaines substances semblent avoir un pouvoir addictif supérieur à d’autres compte tenu de la proportion de personnes dépendantes parmi leurs consommateurs. Le produit le plus addictif serait le tabac (32% des consommateurs sont dépendants),  suivi par l’héroïne (23%), la cocaïne (17%) et l’alcool (15%). La vitesse d’installation de la dépendance varie également en fonction des substances. Les dépendances au tabac, à l’héroïne et à la cocaïne peuvent se développer en quelques semaines, alors que celle à l’alcool est beaucoup plus lente.

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Part des usagers développant une dépendance à la substance qu’ils consomment.

Parmi les jeux vidéo, ceux en réseau sont réputés être les plus addictogènes, particulièrement les jeux de rôle multi-joueurs. Le pouvoir addictif des jeux d’argent n’a quant à lui pas été évalué.

Le cycle infernal des jeux de hasard et d’argent

Les joueurs pathologiques sont en grande majorité des hommes, quadragénaires, souvent pères de famille. Ils pratiquent des jeux de hasard pur (roulette, machines à sous) ou de jeux mêlant hasard et stratégie (paris sportifs, poker, black jack). Le point de départ de leur pathologie est toujours un gain initial qui génère une émotion très positive et les incite à rejouer pour revivre ce moment « magique ». Puis le jeu et le gain s’imposent vite comme une manière de se sentir bien. Mais les pertes successives incitent le joueur à retenter inlassablement sa chance dans l’espoir de « se refaire », en augmentant les mises à mesure que les pertes s’accroissent. Les raisonnements deviennent erronés et vont à l’encontre des lois de probabilité que les joueurs connaissent pourtant généralement bien. Il s’écoule généralement plusieurs années entre le début du jeu et le moment où l’addiction est constituée. Le pourcentage de joueurs « pathologiques » dans la population générale est estimé à 1%.

Un diagnostic très normé

Le diagnostic de l’addiction (ou dépendance) repose sur des critères bien définis, fixés par des instances internationales de santé mentale et répertoriés dans un manuel, le Diagnostic and Statistical manual of Mental disorders (DSM), dont la cinquième édition date de 2013. Parmi ces critères, on trouve la perte de contrôle de soi, l’interférence de la consommation sur les activités scolaires ou professionnelles, ou encore la poursuite de la consommation malgré la prise de conscience des troubles qu’elle engendre.

Un sujet est considéré comme souffrant d’une addiction quand il présente ou a présenté, au cours des 12 derniers mois, au moins deux des onze critères suivants :

• Besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance ou de jouer (craving)
• Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de substance ou au jeu
• Beaucoup de temps consacré à la recherche de substances ou au jeu
• Augmentation de la tolérance au produit addictif
• Présence d’un syndrome de sevrage, c’est-à-dire de l’ensemble des symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation ou du jeu
• Incapacité de remplir des obligations importantes
• Usage même lorsqu’il y a un risque physique
• Problèmes personnels ou sociaux
• Désir ou efforts persistants pour diminuer les doses ou l’activité 
Activités réduites au profit de la consommation ou du jeu
• Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques

L’addiction est qualifiée de faible si 2 à 3 critères sont satisfaits, modérée pour 4 à 5 critères et sévère pour 6 critères et plus.

Les experts du DSM ne recensent comme addiction que les dépendances aux substances et celle au jeu d’argent. Les usages intensifs de jeux vidéo, de smartphone, l’hyperactivité sexuelle ou professionnelle ne sont pas, à ce jour, considérés comme d’authentiques addictions car on ne dispose pas de données scientifiques convaincantes.

Des conséquences délétères

Lorsqu’elles ne sont pas soignées, les addictions peuvent avoir une issue sévère, voire tragique. Celle-ci peut être directement liée à l’usage excessif de la substance (overdose, coma éthylique) ou provoquée par les effets secondaires à long terme (nombreux cancers associés à la consommation d’alcool et de tabac, troubles neurologiques et psychiatriques des consommateurs réguliers de drogue, contamination par le VIH…).

Une étude coordonnée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies estime que la conduite sous influence d’alcool multiplie par 8,5 le risque d’être responsable d’un accident mortel. Si le conducteur a également consommé du cannabis, ce risque est multiplié par 15.

L’usage répété de drogues favorise en outre les troubles psychiques et cognitifs (difficultés de concentration, d’expression ou de mémorisation par exemple) qui peuvent peser sur les résultats scolaires ou professionnels, voire progressivement entraîner une déscolarisation et une marginalisation. A terme, une addiction sévère non soignée aboutit le plus souvent à l’isolement, la désocialisation et la paupérisation.

D’autres conséquences à plus long terme sont encore mal connues, en particulier celles relatives aux effets sur le cerveau de l’alcool et du cannabis consommés au moment de l’adolescence. Pendant cette période (jusqu’à l’âge de 20-25 ans), le cerveau est encore en maturation et paraît plus vulnérable aux effets toxiques. En outre, il a été constaté que plus la consommation est précoce, plus le risque de développer une addiction sur le long terme augmente.

Des mécanismes complexes

L’installation d’une addiction implique au moins trois mécaniques :

  • une augmentation de la motivation à consommer la drogue (recherche de plaisir),
  • un état émotionnel négatif (recherche d’un soulagement),
  • une diminution de la capacité à se contrôler (perte de contrôle de la consommation).

L’addiction démarre essentiellement avec le plaisir généré par la substance addictive. Cette sensation est due à des modifications électrochimiques s’opérant dans le cerveau en réponse à la consommation de la substance. On observe en particulier la libération de dopamine, la molécule « du plaisir » et de la récompense, dans le noyau accumbens. L’augmentation de la concentration de dopamine résulte de modifications au niveau des transmissions synaptiques dans différentes aires cérébrales, la substance consommée pouvant interférer avec des neurotransmetteurs ou leurs récepteurs.

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Le circuit de la récompense occupe un rôle central dans la mise en place et le maintien d’une addiction. Trois systèmes de neurones (dopaminergiques, sérotoninergiques et noradrénergiques) interviennent pour réguler le circuit : le dysfonctionnement de l’un d’entre eux peut générer l’addiction.

A cela s’ajoutent d’autres mécanismes, notamment la libération de sérotonine ou encore l’activation des récepteurs aux endorphines, des molécules endogènes impliquées dans l’antalgie et la sensation de bien-être. En cas de consommation régulière de drogue, la stimulation répétée de ces récepteurs entraîne une diminution de la production naturelle d’endorphines. Dès lors, le plaisir n’est plus obtenu que par l’apport de la substance extérieure, ce qui induit une augmentation de la tolérance à cette substance et un manque dès l’arrêt de sa consommation.

Des remaniements cérébraux à long terme

D’autres mécanismes consolident l’addiction. L’organisme devient peu à peu insensible à la substance et à ses effets, le consommateur doit accroître les doses pour obtenir le même niveau de plaisir. La prise répétée de drogue modifie à long terme les réseaux cérébraux et perturbe la recherche du plaisir. Le réseau dopaminergique s’emballe et provoque un besoin incessant de plaisir. D’autres adaptations cérébrales finissent par créer un effet négatif chez le sujet dépendant (dysphorie, anxiété, irritabilité). Cet état émotionnel négatif, avec les sensations désagréables du sevrage, deviendrait alors la motivation principale à consommer (craving de soulagement), au-delà de la recherche d’effets plaisants (craving de récompense).

En outre, les substances addictives modifient la plasticité synaptique c’est à dire la capacité des neurones à se réorganiser entre eux pour intégrer de nouvelles données. Cela semble modifier le souvenir de l’expérience, pour le rendre peut-être plus agréable encore qu’il n’a été, et persistant au cours du temps, incitant à renouveler l’expérience.

Enfin, des stimuli associés de manière répétée à la consommation de drogue (conditionnement), comme un lieu ou un moment de la journée toujours identique, peuvent à terme activer la libération de dopamine avant même la prise de la drogue. C’est ainsi qu’une dépendance psychique peut se créer, par exemple le besoin d’une cigarette au moment du café. Ce phénomène peut expliquer comment des signaux de l’environnement (publicité, bar, odeur d’alcool) peuvent déclencher une rechute même après une longue période d’abstinence.

Des risques individuels et environnementaux à l’addiction

La survenue d’une addiction repose sur trois composantes : l’individu, le produit et l’environnement.

Chaque individu est plus ou moins vulnérable à l’addiction et une part de cette vulnérabilité est d’origine génétique. Elle reposerait sur des associations variées d’altérations affectant de nombreux gènes, chaque modification étant par elle-même inopérante. Parmi ces gènes, certains sont impliqués dans le système dopaminergique. Ainsi, l’allèle A1 du gène du récepteur à la dopamine DRD2 semble constituer, au moins pour certains, un facteur de risque d’addiction via la « recherche d’expériences » au sens large et des comportements impulsifs ou compulsifs.

Ces variations génétiques expliquent aussi en partie la variabilité des effets ressentis par chacun face à une drogue. Des sensations agréables et des effets positifs sur le fonctionnement psychique (désinhibition, oubli des problèmes, amélioration des performances…) sont une incitation à renouveler l’expérience. Une tolérance spontanée élevée avec des effets positifs et modérés est également favorable à l’émergence d’une addiction.

Sur le plan des comportements, les personnes montrant de l’anxiété, un caractère introverti ou encore une tendance dépressive, chez qui les psychotropes (en particulier l’alcool) vont améliorer le fonctionnement psychique, ont un risque accru de dépendance. C’est également le cas chez des personnes avides de sensations fortes.

L’observation par IRM du cerveau de personnes dépendantes montre une hypoactivation des régions corticales frontales et une hyperactivation des régions impliquées dans la motivation, la mémoire, le conditionnement et les émotions. Mais il n’est pas clairement établi si cette dérégulation fonctionnelle est une prédisposition qui précède le développement de l’addiction, ou si elle résulte simplement de la consommation chronique de drogue.

Des facteurs environnementaux sont également impliqués, notamment la disponibilité du produit. Par exemple, le principal facteur de risque de dépendance au tabac est d’avoir grandi au sein d’un foyer de fumeurs, ce qui facilite l’accès au tabac. De même que l’addiction au cannabis est fortement associée au fait d’avoir eu des amis fumeurs au moment de l’adolescence.

Enfin, l’âge de début de consommation joue également un rôle. L’initiation précoce est responsable d’une vulnérabilité accrue. Commencer à consommer de l’alcool au début de l’adolescence multiplie par dix le risque de devenir alcoolo-dépendant à l’âge adulte, par rapport à une initiation plus tardive vers l’âge de 20 ans.

La prise en charge : sevrage et accompagnement

La prise en charge d’une addiction est multidisciplinaire : elle repose le plus souvent sur l’association d’un traitement médicamenteux, d’une prise en charge psychologique individuelle et/ou collective et d’un accompagnement social. Il n’existe pas de « recette » magique. La prise en charge est souvent longue et semée de rechutes. Le succès dépend essentiellement de la motivation du patient à se sevrer, puis de l’amélioration durable de ses conditions de vie et de son estime de lui : trouver un emploi, mener des activités, avoir des centres d’intérêt, trouver un rôle et une utilité dans la vie sociale. Les groupes de parole (Alcooliques Anonymes, Alcool-AssistanceCroix Bleue, Vie libre, Narcotiques anonymes…) ont une grande importance pour parvenir à cela. Ils offrent un soutien majeur, pendant et après le sevrage, grâce aux échanges d’expériences de personnes ayant vécu le même type de parcours.

Par ailleurs, quelques données récentes ont marqué une évolution dans la prise en charge de plusieurs addictions :

Pour le sevrage alcoolique, le nalméfène, commercialisé depuis l’été 2014, est une molécule indiquée pour la réduction de la consommation d’alcool. Ce médicament s’inscrit dans la nouvelle politique de « réduction des risques », stratégie visant à diminuer la consommation d’alcool sans pour autant l’arrêter complètement. Cette politique s’adresse aux consommateurs non-dépendants ou ayant une addiction « faible ». Le baclofène est dans le même registre. Il est toujours en cours d’évaluation via deux études en France (résultats attendus en 2015), mais bénéficie d’une recommandation d’utilisation temporaire (RTU) de la part des autorités de santé.  Il est indiqué à la fois dans l’aide au maintien de l’abstinence après sevrage chez des patients dépendants à l’alcool, et dans la réduction majeure de la consommation d’alcool jusqu’au niveau faible de consommation.

Pour le sevrage du cannabis, la thérapie multidimensionnelle familiale impliquant les parents et la fratrie offre de bons résultats pour le sevrage du cannabis chez des jeunes à la dérive.

La recherche dans le domaine des addictions porte sur différentes drogues ou activités addictives, avec plusieurs dimensions : les mécanismes neurobiologiques, les susceptibilités individuelles ou encore les approches thérapeutiques.

Les chercheurs tentent de clarifier de nombreux points : Pourquoi, face à un même produit, certaines personnes deviennent dépendantes et d’autres pas ? Pourquoi l’addiction est-elle si difficilement réversible ? Quelles sont les conséquences à long terme des consommations de substances psychoactives sur le cerveau des adolescents ?

Des équipes s’intéressent aux modifications épigénétiques qui surviennent en réponse à la substance addictive, à l’environnement (stress, traumatismes psychologiques, autres) ou qui ont été héritées. Ces modifications modulent le niveau d’expression de ces gènes et peuvent contribuer à l’apparition d’une addiction.

D’autres équipes testent des approches thérapeutiques innovantes comme la stimulation cérébrale profonde. A Marseille, une équipe utilise des électrodes pour stimuler des neurones du noyau subthalamique impliqué dans la récompense et évaluer les effets sur l’addiction.

Des médicaments sont également à l’étude, en particulier pour le sevrage alcoolique. C’est le cas de l’acide gamma-hydroxybutyrique, déjà utilisé dans certains pays en prévention du syndrome de sevrage et pour le maintien de l’abstinence chez le sujet alcoolo-dépendant.

Dossier réalisé en collaboration avec Bertrand Nalpas, Directeur de recherche à l’Inserm et chargé de mission Addiction 

Pour aller plus loin :

souce : Inserm.fr

Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "Les addictions sont des pathologies cérébrales," in Laure Pouliquen Officiel, 13/04/2017, https://laurepouliquen.fr/les-addictions-sont-des-pathologies-cerebrales/.
Maladie de Parkinson, de la cellule à l’homme

Maladie de Parkinson, de la cellule à l’homme

Maladie de Parkinson, de la cellule à l’homme

L’Institut des Maladies Neurodégénératives (IMN) de Bordeaux associe la recherche fondamentale, préclinique et clinique dans le cadre des maladies neurodégénératives et plus particulièrement dans la maladie de Parkinson. Cette maladie, dont l’origine est mal connue, touche 150 000 personnes en France. Différents chercheurs de cet institut nous expliquent son mécanisme et les traitements qui existent.

Un film de Marcel Dalaise, produit par CNRS Images et l’Inserm avec la participation de l’IMN et de l’Université de Bordeaux
Intervenants : DAMON-PERRIERE Nathalie ( IMN, CHU Haut-Lévêque, Bordeaux ); BURBAUD Pierre ( IMN, CHU Haut-Lévêque, Bordeaux );CUNY Emmanuel ( IMN, CHU Haut-Lévêque, Bordeaux ); BENAZZOUZ Abdelhamid ( IMN, CNRS UMR, Inserm, Bordeaux ); BORAUD Thomas ( IMN, UMR CNRS et Univ. Bordeaux 2 ); MEISSNER Wassilios ( IMN, CHU Haut-Lévêque, Bordeaux ); BEZARD Erwan ( IMN, CNRS UMR, Inserm, Bordeaux ); TISON François ( IMN, CHU Haut-Lévêque, Bordeaux ); BAUFRETON Jérôme ( IMN, UMR CNRS et Univ. Bordeaux 2 )

Le diagnostic d’une maladie de Parkinson n’est jamais évident et demande de l’expertise. Il a pour but d’écarter d’autres explications possibles aux symptômes constatés (par exemple, rhumatologiques) et de préciser s’il s’agit d’une maladie de Parkinson proprement dite ou d’un autre syndrome parkinsonien plus complexe (qui comporte les signes de la maladie mais d’autres signes en plus et une moins bonne réponse aux traitements). Le retard éventuel au diagnostic et à l’initiation du traitement ne change pas l’évolution ultérieure de la maladie.

Actuellement, le processus qui déclenche la maladie est bien compris :

La disparition progressive de populations de neurones qui produisent la dopamine (les neurones dopaminergiques), situés dans la substance noire (sur le tronc cérébral). Cette disparition neuronale entraîne le dysfonctionnement d’un réseau appelé ganglions de la base qui affecte d’abord la maîtrise du mouvement du patient. L ’ équipe d ’ Erwan Bézard, de l ’ IMN, propose des solutions pour le traitement de la maladie de Parkinson comme le médicament L-Dopa (la dopamine manquante est remplacée par un précurseur), qui vise à diminuer certains symptômes comme le tremblement. Les chercheurs s’intéressent également aux effets secondaires induits par la L-Dopa et proposent une solution de chirurgie par stimulation cérébrale profonde. Cette opération a été mise au point en 1993 par les Drs Abdelhamid Benazzouz, Christian Gross et Bernard Bioulac. Elle est pratiquée actuellement à l ’ hôpital Pellegrin. Elle permet de réduire les problèmes moteurs des patients.

Dans tous les cas, que le généraliste ait suspecté ou non le diagnostic, il est conseillé de  consulter un spécialiste en neurologie qui confirmera le diagnostic. Le diagnostic est un diagnostic essentiellement clinique, c’est-à-dire qu’il repose sur l’examen des symptômes présentés par le patient et la prise en compte de son état général. La biologie ne présente aucune anomalie de même que le scanner ou l’IRM du cerveau. Dans certains cas, des techniques sophistiquées d’imagerie médicale peuvent aider à confirmer le diagnostic clinique.

La maladie de Parkinson est une maladie lentement évolutive :

Avant même que n’apparaissent les premiers symptômes, certains neurones disparaissent progressivement. Si le traitement corrige les symptômes, il n’est pas capable – ou très peu, c’est d’ailleurs un des grands axes de la recherche – d’empêcher ou de ralentir la progression de la maladie. Aujourd’hui, l’évolution de la maladie est indissociable des méthodes de traitement disponibles. On distingue généralement quatre grandes phases pour les personnes bénéficiant d’une dopathérapie. L’intervention chirurgicale, qui ne peut bénéficier qu’à certains patients, est une solution quand les symptômes ne sont plus ou mal corrigés par les médicaments.

Ceci dit, la maladie est individuelle par les symptômes présentés ainsi que dans son évolutivité.  

On distingue en général quatre grandes phases dans cette évolution.

Cependant il ne faut pas se dire à chaque petite évolution, que l’on est passé dans la « phase suivante », ce qui affecte le moral sans être nécessairement vrai. N’oubliez pas que le traitement peut être ajusté et s’adapter à l’évolution.

1 – L’apparition des premiers symptômes et l’annonce du diagnostic

C’est une phase très difficile pour les patients. L’apparition des premiers symptômes est source d’inquiétude et apprendre que l’on est atteint d’une maladie chronique évolutive implique une importante remise en question de sa vie. A cela s’ajoute la difficulté de mettre son entourage au courant. Pour surmonter ces difficultés, le plus important est d’accepter la maladie, de s’informer au mieux et d’organiser sa prise en charge.

2 – La rémission thérapeutique

Bizarrement, on donne couramment à la seconde phase de la maladie le nom de « lune de miel« . Un mieux-être dû à l’efficacité du traitement dopaminergique s’installe en effet. Il est parfois nécessaire d’ajuster le traitement pendant cette période, mais celui-ci n’engendre pas encore de complications motrices : c’est la phase d’équilibre.

3 – Les complications motrices

Arrive un moment où la dopathérapie engendre des complications motrices distinctes des symptômes spécifiquement parkinsoniens. Ces complications peuvent être limitées par un ajustement très précis des doses et des horaires de prises, mais non totalement évitées. Il devient nécessaire de tenir un carnet de surveillance afin d’informer précisément le neurologue de l’action du traitement mis en place.

4 – Phase d’envahissement

Les signes axiaux (chutes, perte d’équilibre, troubles de déglutition etc.) deviennent très présents. Les troubles végétatifs peuvent aussi prendre une part très importante. Il s’agit alors de mettre en place toutes les stratégies d’adaptation de la vie quotidienne, du logement, etc.

Pour en savoir plus sur chaque phase, consultez la rubrique spécialement dédiée à l’évolution de la maladie sur le site France Parkinson

Mesurer l’évolution de la maladie : l’échelle UPDRS

L’UPDRS (en anglais :  Unified Parkinson Disease Rating Scale, Echelle d’évaluation unifiée de la maladie de Parkinson) est l’outil le plus utilisé et le mieux validé pour mesurer l’état global des parkinsoniens. Le neurologue évalue le patient grâce à cette échelle à chaque consultation : cela lui permet d’apprécier l’efficacité du traitement en cours et d’éventuellement l’adapter afin de choisir une meilleure stratégie thérapeutique. Vous retrouverez dans le menu de gauche un fac-similé de cette échelle. Elle comporte quatre sections principales :

  • état mental et comportemental
  • activités dans la vie quotidienne
  • examen moteur
  • réponse au traitement

Des médicaments peuvent pallier un temps l’absence de dopamine. Il s’agit surtout de la L-dopa (1), un précurseur de la dopamine, d’agonistes qui miment ses effets, et d’inhibiteurs qui ralentissent sa dégradation par l’organisme. Le traitement compense le déficit en dopamine et réduit les symptômes, mais après quelques années de «lune de miel», son efficacité devient fluctuante. Il est aussi à l’origine de mouvements anormaux qui se surajoutent aux symptômes de la maladie. Outre la prise des médicaments, qui doit être très ponctuelle, la kinésithérapie, l’orthophonie font partie intégrante du traitement, tout comme le soutien psychologique, pas toujours suffisant…

On ne sait pas encore guérir la maladie de Parkinson, ni même pour l’essentiel freiner son évolution. Mais quelques travaux récents montrent que les lignes bougent, même s’il faut rester prudent. Ainsi le Pr Stéphane Palfi (CHU Henri-Mondor, Créteil) a annoncé en janvier les résultats d‘un essai préliminaire de thérapie génique menée chez 15 malades. Un vecteur viral transportant 3 gènes permettant la synthèse de dopamine a été injecté dans une petite région du cerveau, le striatum. En s’insérant dans le génome de ces neurones, il leur a semble-t-il conféré la capacité de produire de la dopamine, dont la sécrétion a pu être repérée par imagerie. «Comme la quantité de dopamine sécrétée augmente avec la dose de vecteur injectée, on peut penser qu’il y a plus qu’un effet placebo», précise le neurochirurgien.

«Mais on ne pourra exclure cette hypothèse que par une étude plus poussée, en double aveugle contre placebo.» Le vecteur viral est en cours d’amélioration pour augmenter la dose du transgène. «Ensuite, un essai multicentrique sur 60 patients va débuter pour évaluer précisément l’efficacité de cette thérapie.» Avec pour objectif un passage en thérapeutique autour de 2020.

La maladie de Parkinson évolue progressivement et lors de son aggravation, la rigidité et les tremblements s’amplifient. De plus, des altérations cognitives,  troubles de l’humeur, de l’attention et de la mémoire, peuvent apparaître. On estime que la moitié des personnes vivant avec la maladie de Parkinson souffrent d’une dépression au cours de leur maladie. En outre, des troubles de la déglutition concernent la majorité des malades qui ont de la difficulté à avaler leur salive et les aliments solides. A ces anomalies s’ajoute une dysarthrie, c’est-à-dire des difficultés d’articulation, un débit de parole saccadé et une modification de la voix qui devient grinçante.

Maladie de Parkinson

Maladie de Parkinson

Maladie de Parkinson

Maladie de Parkinson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sources :  « France Parkinson » et « Santé Le Figaro »

En savoir plus : http://videotheque.cnrs.fr/doc=4045

(1) Lévodopa

 Mécanisme d’action

Le déficit en dopamine dans les noyaux gris centraux est la principale anomalie biochimique de la maladie de Parkinson. La lévodopa apportée par voie digestive, puis sanguine, passe dans le tissu cérébral et, par sa transformation en dopamine, vient pallier ce déficit. En raison de l’important métabolisme périphérique de la lévodopa, seule une fraction peu importante d’une dose donnée atteint le système nerveux central quand on administre de la lévodopa sans inhibiteurs des enzymes métaboliques.

La carbidopa et le bensérazide sont des inhibiteurs de la dopadécarboxylase (DDC) périphérique qui diminuent la transformation périphérique de la lévodopa en dopamine, ce qui fait qu’une quantité plus importante de lévodopa est disponible pour le cerveau. Quand la décarboxylation de la lévodopa est diminuée grâce à la coadministration d’un inhibiteur de la DDC, il est possible d’utiliser une dose moindre de lévodopa, ce qui réduit la fréquence des effets indésirables.

L’entacapone est un inhibiteur spécifique et réversible de la catéchol-O-méthyltransférase (COMT)  qui agit principalement au niveau périphérique. L’entacapone diminue la biotransformation de la lévodopa en 3-O-méthyldopa (3-OMD) par inhibition de l’enzyme COMT. Cela conduit à une augmentation de l’ASC (aire sous la courbe) de la lévodopa. La quantité de lévodopa disponible au cerveau est augmentée. L’entacapone prolonge donc la réponse clinique à la lévodopa.

Cas d’usage

En association au bensérazide ou à la carbidopa, ou à la carbidopa et à l’entacapone, la lévodopa est utilisée dans la prise en charge de maladies de Parkinson. (https://www.vidal.fr/substances/2083/levodopa/#hKpduzyfXFi6RMYA.30)
Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "Maladie de Parkinson, de la cellule à l’homme," in Laure Pouliquen Officiel, 04/02/2017, https://laurepouliquen.fr/maladie-de-parkinson-de-la-cellule-a-lhomme/.

Jacques Benveniste et la Mémoire de l’Eau

Jacques Benveniste et la Mémoire de l’Eau

Benveniste_Quemoun-by Laure Pouliquen (2003)

Benveniste_Quemoun-by Laure Pouliquen (2003)

Décédé en octobre 2004, Jacques Benveniste, chercheur à l’Inserm, disait avoir découvert la mémoire de l’eau. Après un contact avec une molécule, l’eau garderait en son absence ses propriétés. C’était contraire à tous les dogmes scientifiques, et Benveniste fut mis au ban. Mais le prix Nobel de médecine Luc Montagnier a repris ses recherches après avoir fait un constat surprenant. L’ADN du virus du sida, dont il est le découvreur, émettrait des ondes que l’eau enregistrerait et qu’elle serait capable de réémettre, au point, dans certaines conditions, de pouvoir reconstituer cet ADN. L’eau aurait donc bien une mémoire ! L’homme étant composé à 70 % d’eau, cette découverte remettrait en cause l’approche médicale actuelle, sur le plan du diagnostic comme sur celui de la thérapie. Le film témoigne des plus récentes expériences et raconte l’émergence de ce qui sera peut-être une révolution en matière de santé.

Lire aussi : http://www.amessi.org/Jacques-BENVENISTE-Oeuvre-et-Biographie

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Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité

Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité

* Miroslav RADMAN, ’un des plus grands spécialistes de l’ADN, est intervenu pour dispenser une conférence intitulée « Au-delà de nos limites biologiques : Augmenter la longévité en bonne santé »  lors du Séminaire organisé par l’ADNO (Président, Dr Dominique RUEFF, que je remercie ici au passage) le samedi 22 novembre 2014 à Paris, ayant pour thème « DE LA LONGÉVITÉ à L’ÉTERNITÉ », j’ai eu le plaisir de rencontrer ce scientifique, un homme charmant, doté d’une grande finesse d’esprit et d’une intelligence hors du commun, je ne manquerai pas de suivre avec grand intérêt l’évolution de ses précieuses recherches sur la longévité humaine [Laure POULIQUEN]

* Prolonger notre existence de cent ans, c’est le défi de Miroslav Radman, l’un des plus grands généticiens de la planète

« Ce matin, en vous levant, vous ne saviez pas que vous alliez vivre six heures de plus », nous lance d’entrée de jeu Miroslav Radman. Devant nos mines interloquées, le chercheur en génétique moléculaire enchaîne : « Sans que l’on sache pourquoi ni comment, l’espérance de vie de l’espèce humaine rallonge de six heures par jour. Et l’on peut accélérer le processus ! » Tignasse en bataille et faux air de Pedro Almodovar, le professeur Radman est l’un des plus grands spécialistes de l’ADN.
Dans son laboratoire parisien à la faculté de médecine de l’université René-Descartes à Paris, les microscopes électroniques sont alignés comme des batteries de canons sur le pont d’un navire. Ce fils de pêcheur croate, né à Split il y a soixante-sept ans, s’est mis en tête de percer le secret de l’immortalité. Pas moins ! Tel un Christophe Colomb de la science, Miroslav Radman explore la chimie du vieillissement en empruntant de nouvelles routes. Et ce qu’il a découvert pourrait bien révolutionner l’humanité. »J’ai appris à lire à 4 ans, en déchiffrant sur la coque le nom des bateaux qui rentraient au port. Aussitôt, je suis devenu un prince aux yeux de mes tantes illettrées. Je leur lisais les nouvelles dans le journal. » Courtisé par les plus prestigieuses universités américaines, c’est en France que ce surdoué a jeté l’ancre
Après trente ans de recherche au CNRS puis à l’Inserm, Miroslav Radman est convaincu d’avoir trouvé le chemin vers l’élixir de jouvence. « C’est en décortiquant une étrange bactérie que j’ai acquis la conviction qu’il devenait possible de prolonger la vie humaine, en bonne santé, bien au-delà de ce qui est imaginable aujourd’hui. » Une aventure que le biologiste, devenu lui-même immortel depuis qu’il est entré à l’Académie des sciences, raconte dans un livre vivifiant (1), dont Le Point publie en exclusivité les extraits.Cette bactérie qui recèlerait, comme une poignée d’autres bestioles microscopiques, l’arme contre le vieillissement, c’est la « bactérie du corned-beef » découverte en 1956 dans des conserves de viande stérilisées à coups de rayons gamma.

Une coriace capable de résister à des radiations 10 000 fois supérieures à la dose mortelle chez l’homme. Au point que certains se sont même demandé si Deinococcus radiodurans – c’est son nom scientifique – n’était pas venue de l’espace ! Ayant voyagé sur une météorite, elle aurait été irradiée et totalement desséchée, ce qui expliquerait sa phénoménale résistance à la déshydratation. « En plein désert, brûlée par les rayons du soleil, Deinococcus peut, grâce à une seule goutte de pluie, ressusciter des dizaines, peut-être des centaines d’années plus tard », s’enthousiasme le chercheur, dont les yeux pétillants accrochent le regard presque autant que son polo rose fuchsia.

 Quel est le secret de la bactérie du corned-beef ?

« À partir d’un état de mort clinique, elle ressuscite en s’autoréparant grâce à un jeu de deux copies de son génome. Si vous avez sous la main plusieurs puzzles identiques avec des pièces manquantes, vous pouvez en les utilisant tous en faire un qui soit complet. La difficulté est de remettre en ordre des centaines de fragments d’un génome pulvérisé par la radiation, ce que Deinococcus radiodurans parvient à faire en trois ou quatre heures », explique le biologiste en mimant l’opération de ses mains.

 Botte secrète

Les protéines mécanos qui rafistolent le puzzle sont à l’oeuvre dans tous les organismes vivants. Elles devraient donc normalement nous protéger contre la rouille moléculaire provoquée par les radicaux libres. Alors pourquoi ne font-elles pas le boulot chez nous ? « Le problème est que ces protéines sont aussi victimes de la corrosion et deviennent moins efficaces. » La botte secrète de Deinococcus, c’est un cocktail de molécules qui lui permet de blinder ses enzymes réparatrices contre la rouille moléculaire. »Nous disposons aussi d’une protection antioxydante – sans elle nous serions cramés avant même de pouvoir nous reproduire -, mais en quantité insuffisante pour vivre aussi longtemps que nous le souhaiterions. » Une fois les pièges antiradicaux identifiés, le professeur Radman envisage de tester dès que possible cet élixir chez la souris. « Ce sera le grain de sable qui viendra ralentir, sinon arrêter, le tic-tac de notre horloge biologique. 

Depuis deux ans, Miroslav Radman toque à la porte des instances nationales et européennes de la recherche en expliquant qu’il a besoin de 1 à 3 millions d’euros pour poursuivre ses travaux.

« Leur réponse ?

Le vieillissement est un processus très complexe, ce que vous dites est trop simple, ça ne peut pas marcher. Les scientifiques qui siègent dans les instances d’évaluation sont des ultraspécialistes, ils ne comprennent pas pourquoi, à 60 ans passés, je veux changer de sujet de recherche alors que je pourrais prospérer dans le domaine qui m’a fait connaître : la réparation de l’ADN. Le système est hostile aux scientifiques qui refusent de creuser dans le même trou !

C’est pour pallier « l’incompétence des instances d’évaluation responsable du déficit d’innovation en Europe » que Radman a créé à Split l’Institut méditerranéen pour les sciences de la vie, « une ONG qui cultive la liberté de la recherche ».

Chercher là où les autres ne cherchent pas, c’est ce qui intéresse par-dessus tout Miroslav Radman. Une habitude qui remonte à son adolescence, quand, embarqué comme rameur sur le bateau de son père, il partait pêcher dans les zones où les autres n’allaient pas. Plus tard, c’est ainsi qu’il remontera dans ses filets ses trois découvertes, qui figurent aujourd’hui dans les manuels de biologie. « Le dirigisme étouffe la science ; ce n’est pas aux politiques ni aux industriels de fixer un cap aux chercheurs, s’énerve celui qui a grandi dans l’ex-Yougoslavie de Tito. Chaque grande découverte est une surprise aussi pour son découvreur. C’est en partant vers l’Inde que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. »

 Nouveau défi

Mais, au fait, à quoi nous servirait de vivre cent cinquante ou cent quatre-vingts ans ? « Cela nous permettrait d’exploiter le fantastique potentiel de notre cerveau ! L’homme a surdéveloppé ses capacités cérébrales, au point qu’aujourd’hui nous mourons avant d’avoir fait fructifier, avec sagesse, tout ce que nous avons appris. La courte durée de vie de l’espèce humaine freine son évolution culturelle. »En attendant de mettre au point son élixir de jouvence, le chercheur planche sur un test qui permettrait, à partir de quelques gouttes de sang, de prédire le destin biologique de chaque individu.

 

« En connaissant le stade de vieillissement de nos cellules et de chacune de nos protéines, on pourrait essayer de mettre en oeuvre un programme de prévention personnalisé qui ralentisse la corrosion de l’organisme. » Un nouveau défi qui, pour Miroslav Radman, n’a rien d’insurmontable. « Quand, à un mille de la côte, mon père lançait la ligne de pêche par-dessus la barque, je devais maintenir l’embarcation exactement au même endroit, malgré les variations infinies des vitesses et des directions du vent et des courants. La complexité de cette tâche n’a jamais trouvé d’équivalent plus tard, même dans mes recherches scientifiques ! »1. Au-delà de nos limites biologiques, de Miroslav Radman, avec Daniel Carton (Plon, 168 p., 18,90 euros).

MIRO_RADMAN

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 Le club des immortels

Ses admirateurs l’appellent  » Conan la bactérie « , en hommage à son époustouflante robustesse. Exposée aux rayons ultraviolets du soleil, complètement déshydratée,Deinococcus radiodurans peut ressusciter à la première petite goutte de pluie. Tout aussi coriace, le rotifère bdelloïde, un animal microscopique aquatique, résiste aux radiations les plus extrêmes. Leur secret ? Un kit de survie incluant un jeu de copies du génome, des protéines blindées et un mécanisme performant de réparation de l’ADN. La palourde, championne du monde 410 ans, record de longévité animale. La bactérie qui ne meurt jamais  » Deinococcus radiodurans  » est quasi immortelle parce qu’elle arrive à s’autoréparer. Voici la manière dont elle s’y prend pour rafistoler son ADN. :

  • 1. Elle possède un jeu de copies dont elle se sert comme d’un stock de pièces détachées.
  • 2. Après irradiation, les chromosomes de la bactérie sont brisés en fragments d’ADN. Les extrémités de chaque fragment se transforment en extrémités simple brin.
  • 3. Chaque segment s’acoquine avec sa séquence complémentaire qu’il pioche dans un fragment intact provenant d’une autre copie du génome conservée par la bactérie. Le fragment d’ADN abîmé s’insère dans le fragment double brin intact.
  • 4. Tous les morceaux sont utilisés comme modèles et amorces pour initier la synthèse d’ADN.
  • 5. Les segments simple brin ainsi synthétisés se dissocient.
  • 6. Puis s’assemblent et forment des fragments d’ADN double brin.
  • 7.Le chromosome circulaire de la cellule se reconstitue. La synthèse des protéines est à nouveau opérationnelle : la cellule  » cliniquement morte  » refonctionne.

Miroslav Radman – Généticien – Chercheur – biologie moléculaire, Directeur de l’unité Inserm Génétique moléculaire, évolutive et médicale

 Trajectoire d’un surdoué

  • 1944 Naissance à Split, en Croatie.
  • 1966 Diplômé de la faculté des sciences de Zagreb.
  • 1969-1973 Post-doctorant au CNRS et à Harvard.
  • 1981 Professeur associé à l’université d’Orsay.
  • 1990 Directeur de recherche au CNRS.
  • 1992 Grand prix de l’Académie des sciences.
  • 1996 Prend la nationalité française.
  • 1998 Professeur à la faculté de médecine Necker et directeur de recherche à l’Inserm.
  • 2000 Grand prix de la National Academy of Sciences (Etats-Unis) et de l’Académie des sciences.
  • 2002 Entre à l’Académie des sciences.
  • 2003 Grand prix Inserm de la recherche médicale.

 

source : http://www.miroslavradman.com/fr/il-a-d-couvert-le-secret-de-la-long-vit/299
+ VIDÉO :http://www.amessi.org/au-dela-de-nos-limites-biologiques-entretien-avec-miroslav-radman
Pour citer cet article : Laure POULIQUEN, "Miroslav Radman, il a découvert le secret de la longévité," in Laure Pouliquen Officiel, 23/11/2014, https://laurepouliquen.fr/miroslav-radmanil-a-decouvert-le-secret-de-la-longevite/.
Effacer les marques du vieillissement des cellules

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A l’occasion du forum Vieillissement : naissance d’une nouvelle société, le 14 juin à la Cité des sciences

A la suite d’une équipe japonaise qui, en 2007, a reprogrammé une cellule vers son état embryonnaire, Jean-Marc Lemaitre, biologiste du développement à l’Inserm et son équipe travaillent aujourd’hui sur le rajeunissement de cellules vieillissantes voire centenaires. Son objectif : comprendre les mécanismes du vieillissement, en limiter son impact et permettre une médecine régénératrice.

Un épisode de la série Histoires de recherches. A écouter aussi, les intervenants du forumRéalisation : Jean-Pierre Courbatze

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A l’occasion du forum Vieillissement : naissance d’une nouvelle société, le 14 juin à la Cité des sciences (entrée libre).A la suite d’une équipe japonnaise qui, en 2007, a reprogrammé une cellule vers son état embryonnaire, Jean-Marc Lemaitre , biologiste du développement à l’ inserm et son équipe travaillent aujourd’hui sur le rajeunissement de cellules vieillissantes voire centenaires. Son objectif : comprendre les mécanismes du vieillissement , en limiter son impact et permettre une médecine régénératrice.Un épisode de la série Histoires de recherches.

A écouter aussi, les intervenants du forum.

source : http://www.universcience.tv/video-effacer-les-marques-du-vieillissement-des-cellules-6162.html

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